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Carnoux : La cité des pieds noirs

Crée de toute pièce par les rapatriés d’Afrique du Nord, Carnoux est un symbole puissant de l’implantation des pieds-noirs dans la région Provence-Alpes-Côtes-d’Azur.

Aux abords des calanques de Cassis, nichée dans les vallons : Carnoux. Une petite ville de 7000 habitants qui regorgent d’Histoire. Terre d’accueil, les rapatriés du Maroc, de Tunisie et d’Algérie ont posé les premières et ont tout construit de leurs mains pour donner vie à cette cité désormais emblématique.

Dès 1964, les rapatriés se sont mis à construire Notre Dame d’Afrique.
Dès 1964, les rapatriés se sont mis à construire Notre Dame d’Afrique.

 

Une construction rapide

Les premiers arrivants, en 1959 sont marocains. Après avoir racheté les terres totalement désertes; ils ont installés l’eau courante, l’électricité, le gaz et ont commençaient à construire quelques villas.

En 1958 et avec l’arrivée des rapatriés tunisiens, c’est déjà 258 habitations qui viennent de s’implanter.

Dès la fin de la guerre d’Algérie, en 1962 les pieds noirs arrivent à Carnoux qui n’est encore qu’un lieu-dit. Ils décident ensemble de construire cette ville qui va s’agrandir à toute vitesse. En 3 ans seulement, la future ville va accueillir plus de 1500 nouveaux habitants.

Carnoux devient officiellement une ville le 26 Août 1966.

Des symboles omniprésents

« Il y a plein de petits détails qui montrent la trace omniprésente des rapatriés dans cette ville. Mais il faut en connaître l’histoire, et l’histoire des pieds noirs pour les remarquer.» nous confie Christine, une habitante.

Et en effet, dès l’entrée de la ville, un  grand édifice trône : c’est Notre Dame d’Afrique. Cette église reprend le nom de la basilique Notre Dame D’Afrique à Alger en Algérie. Elle a été consacrée en 1965. A l’intérieur, on peut y admirer une vierge noire posée sur une barque au fond, avec le drapeau qui représente l’Afrique. C’est une réplique de la vierge de la basilique Algérienne.

« Tout les 15 Août, les associations de rapatriés organisent un pèlerinage national à cette église.  Il y a de

L’association Carnoux Racine tente de préserver la mémoire de leur Histoire.
L’association Carnoux Racine tente de préserver la mémoire de leur Histoire.

nombreux stands, des animations… Il y a une cérémonie et une grande messe solennelle. Ce pèlerinage reçoit quelques milliers de fidèle chaque année»  explique Jean-Pierre, un fidèle qui vient à Notre Dame d’Afrique très régulièrement.

Dominant la ville, le cimetière est aussi un emblème forme de la communauté pieds noires Carnussiennes. On peut y admirer un mémorial d’Outre Mer qui y honore la mémoire des morts d’Indochine et d’Afrique du Nord. Lors de sa fondation en 1967, il était le seul cimetière de France où il suffisait de posséder un titre de rapatriement pour y être enterré. En 1980, sur 688 morts y reposant, plus de 400 n’avaient pas vécu dans la commune. Aujourd’hui, seul les Carnussiens peuvent y être enterrés.

Pour ne pas oublier

A la création de Carnoux, les pieds noirs représentaient 100% de la population. Aujourd’hui, ils n’en représentent plus que 25%. La nouvelle génération, celle des enfants des pieds noirs, se détachent peu à peu de leur Histoire et n’y portent plus vraiment d’intérêt ; ils ne se sentent plus concernés. Peu à peu, l’histoire des rapatriés se perd. Il ne reste plus que la génération qui est venue d’Algérie qui conserve et garde dans leur cœur leur histoire.

Jacques, pieds noirs et habitants de Carnoux depuis 32 ans : « C’est une ville ouverte à tous. La première pierre à été posé par un pied noir. C’est grâce à cette communauté que cette ville à vu le jour. Avant il n’y avait rien ici. »

Derrière la mairie, on découvre l’association Carnoux Racine. Sur sa porte ; des articles de journaux sur les pieds noirs de la ville, les pèlerinages, l’histoire des pieds noirs. Fondé par Melchior Calandra, un des pionniers de la ville, l’association a pour but de rappeler, de définir et de maintenir l’entité pied-noir, afin de ne pas oublier leur Histoire.

« C’est un peu notre recolonialisation à nous ! » avoue un des pieds-noirs de la ville.

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