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Festival de Cannes : Le retour du grand Steven Spielberg

Samedi, pour le troisième jour de la compétition du festival de Cannes , deux films aux styles bien différents étaient projetés dans le Grand théâtre Lumière : « Mademoiselle » de Park Chan-Wook et « Toni Erdmann » de Maren Ade.

AVC_0186_00004Festival de Cannes 2016-Day 3Il y a plusieurs années maintenant, le réalisateur coréen avait fait sensation sur la Croisette avec « Old boy ». Il revient à Cannes avec un film esthétiquement magnifique. « Mademoiselle » se déroule en Corée dans les années 30, pendant la colonisation japonaise. Une jeune femme est engagée comme servante d’une riche Japonaise, vivant recluse dans un immense manoir avec son oncle tyrannique, qui l’oblige à lui faire la lecture, passionné par la littérature et les livres anciens qu’il collectionne dans sa somptueuse bibliothèque. La servante, alliée à un escroc se faisant passer pour un comte japonais, cache un secret et a des intentions d’abord malhonnêtes envers sa maîtresse, Mademoiselle… Le spectateur est alors emporté dans un jeu malsain. Qui manipule qui ? Le film découpé en trois parties, aborde l’histoire avec des points de vue différents. D’abord on voit la servante à l’œuvre, prête à aller jusqu’au bout pour obtenir l’argent et les robes de Mademoiselle, puis on découvre le passé de cette dernière.. Les deux jeunes femmes oscillent entre plusieurs sentiments mais peu à peu le sentiment amoureux s’en mêle et perturbe le bon déroulement du projet. Il est alors très difficile pour les deux jeunes femmes de lutter contre leurs désirs. Park Chan-Wook a filmé des scènes d’amour d’une grande sensualité. Les corps féminins sont montrés dans toute leur beauté, témoins de cet amour interdit. « Mademoiselle » est l’adaptation de « Du bout des doigts » de la romancière britannique Sarah Waters. Park Chan-Wook a davantage mis l’accent sur les personnages masculins, troubles et mystérieux, empêtrés dans leur désir pour Mademoiselle et leur soif d’argent.. Ils se font manipuler par ces jolies jeunes femmes, tout comme les spectateurs par un Park Chan-Wook au meilleur de sa forme. Un drame esthétiquement magnifique qui mériterait de figurer au palmarès.

Dans un autre style, la réalisatrice allemande Maren Ade a fait une belle impression cet après-midi lors de la projection officielle. L’équipe, présente dans la salle, a reçu une ovation. Elle fait le portrait d’Ines, une femme d’une trentaine d’années, une working girl à la vie réglée. Psychorigide, sûre d’elle, froide, sévère, autoritaire et dominatrice, rien ne semble l’atteindre hormis son travail dans lequel elle s’est investie au détriment de sa vie personnelle. Tout pourrait continuer ainsi jusqu’à ce que son père, qui arrive à l’improviste, un peu encombrant, lui demande « es-tu heureuse ? ». Elle semblait ne s’être jamais posé cette question. Il va alors la suivre à Bucarest dans sa vie professionnelle, lui faisant parfois honte. Pour tenter de l’aider à retrouver un sens à sa vie, il crée un personnage un peu farfelu, Toni Erdmann. Il va la suivre au milieu de ses collègues de travail, va parler à son directeur. On rit beaucoup dans ce film un peu déroutant. Derrière cette apparente froideur, apparaît par petites touches très discrètes, une certaine fragilité. Inès, dans deux scènes à mourir de rire, s’ouvre, casse cette armure. Lorsqu’elle se met à chanter du Whitney Houston avec son père au piano, chez des gens qui le prennent pour l’ambassadeur d’Allemagne, toute la salle s’est mise à applaudir. Quant à la scène du brunch d’anniversaire, elle est hilarante. Inès se met « à poil » au propre comme au figuré. Peut-être est-elle prête a voir ces instants de bonheur entrer dans sa vie. Le film qui aurait mérité d’être un peu raccourci est inclassable. Portrait d’une presque quarantenaire sans enfant, rapports père-fille, réflexions sur le sens de la vie, scènes comiques complètement inattendues : ce film est bien plus profond qu’il n’y paraît. C’est ce qui fait son charme.

AVC_0969_00015Festival de Cannes 2016-Day 4

Enfin, hors compétition, c’était le retour du grand Steven Spielberg avec « Le bon gros géant », adapté du roman de Roald Dahl. Mark Rylance (Oscar du meilleur second rôle cette année pour  » Le pont des espions » de Spielberg), Rebecca Hall et tout le casting étaient sur les marches. Les spectateurs ont passé un moment agréable devant cette incroyable histoire d’une petite fille et du géant qui lui fera découvrir les merveilles et les dangers du Pays des géants.

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Les photos de ce 3° jour à Cannes sous l’œil de notre photographe Anh Viet CHAU

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