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Festival de Cannes : J4

Aujourd’hui, le Festival de Cannes a vu l’entrée en compétition de deux anciens lauréats de la Palme d’Or.

Nanni Moretti
Nanni Moretti

Tout d’abord, l’italien Nanni Moretti avec Mia Madre aborde un thème qui lui est cher : la famille. Ici, son héroïne est une réalisatrice – qui lui ressemble peut-être un peu- qui doit faire face à plusieurs réalités : le tournage de son film qui traite d’un conflit social dans une usine avec un acteur qui a du mal à jouer en italien (formidable John Turturro), sa fille adolescente, et surtout sa mère qui est en train de mourir. Moretti a réalisé sans doute l’un de ses meilleurs films. On passe du rire aux larmes, grâce à des acteurs exceptionnels. John Turturro est à mourir de rire quand il explique que Kubrick voulait tourner avec lui ou quand il conduit une voiture pour les besoins du film. On a rarement vu un si bon acteur jouer avec autant de ferveur le rôle d’un mauvais acteur. Quant à la réalisatrice, Margherita Buy, une habituée des films de Moretti, elle est tantôt touchante, tantôt agaçante en femme, mère, réalisatrice mais surtout fille qui doit faire face à la réalité. Sa mère est en train de mourir. Avec son frère, Nanni Moretti, elle se demande comment agir, et veille sur elle autant qu’elle le peut, en continuant le tournage de son film. Parfois, au gré du hasard, les souvenirs ressurgissent. Des détails du passé, si important à présents. Des rêves aussi viennent la perturber dans son sommeil. et puis, la question qu’elle se pose : que faire de ce qui va rester après sa mort, que faire des livres de Latin de cette ancienne professeure ? Certaines scènes sont particulièrement émouvantes.  Moretti parle de la mort, de ceux qui restent, de la vie, de la réalité. A la fin, quand d’anciens élèves viennent à la maison, le frère et la soeur découvrent un autre visage de leur mère, qui la rend encore plus lumineuse. Un très beau film, qui apparaît comme le premier candidat à la Palme d’Or. Après la Chambre du fils, Nanni Moretti ne serait pas contre le fait d’obtenir la récompense suprême.

Gus Van Sant déjà palmé avec Elephant était sur la Croisette avec The sea of trees, un titre énigmatique qui fait référence à cette montagne mystérieuse au Japon où des milliers de personnes, souvent des étrangers viennent se suicider. Là encore, c’est le thème de la mort, du deuil difficile et parfois impossible à faire. On découvre, vers la moitié du film que Matthew Mc Conaughey est venu là, avec un aller simple, bien décidé à se suicider, après la mort de sa femme, interprétée par Naomi Watts. Même si le couple, comme bien d’autres, ne vivaient pas en harmonie, l’amour l’a emporté face à la maladie de la jeune femme. Certes, il l’a trompée, certes elle s’est mise à boire et tous deux ont été rongés par la culpabilité avec son lot de coups bas, de remarques mesquines et basses. Pourtant, à l’annonce de sa maladie, il a été là, pour la soutenir et lui montrer son amour. Dans la forêt, il rencontre un japonais énigmatique, qu’il a laissé là-bas, alors qu’il était blessé et mourant, avec la promesse de revenir. Grâce à lui et à son discours sur la mort dans cette forêt qu’il assimile à un Purgatoire, il s’est mis à réfléchir et à se poser les questions lui permettant de faire son deuil. On dit dans cette forêt que quand quelqu’un meurt, son âme continue à errer puis c’est une orchidée qui pousse à la place du mort. Gus Van Sant s’est nourri de cette idéologie propre au Japon et a livré une oeuvre empreinte de mysticisme, d’animisme mais surtout de beaucoup d’humanité. Alors que Matthew Mac Conaughey interprète un scientifique pur et dur, il se laisse atteindre par cette philosophie qui lie la nature et les êtres, où la mort n’est plus tout à fait là et tend à s’effacer. Il ne s’agit sans doute pas du meilleur film de Gus Van Sant. Certaines scènes d’action sont trop appuyées, le discours du Japonais est peut-être un peu trop simpliste parfois et les scènes du couple ressemblent à du déjà vu mais Sea of Trees est un film intéressant, et surtout nourri d’espoir.

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