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Interview de Jérémy Renier et Florent-Emilio Siri pour CLOCLO

Sans paillettes ni extravagance mais avec un large sourire et une bonne humeur affichée, l’acteur Belges Jérémie Renier accompagné du réalisateur Florent Emilio Siri sont venus présenter leur film CLOCLO, un biopic sur la vie de Claude François, aux journalistes Bordelais.

Qu’est ce qui a été compliqué de réaliser sur ce projet ?
Florent Emilio-Siri : Claude François c’était un gros projet, difficile car un personnage haut en couleur, compliqué, attachant mais que l’on peut aussi détester. La peur c’est de trouver le bon équilibre, le bon angle. Nous on a essayés de se baser sur l’humain avant tout.

De quelle manière avez-vous travaillé avec les enfants de Claude François ?
Florent Emilio-Siri : Les enfants étaient très tôt associés au projet, ils se sont surtout occupés des droits musicaux. Comme ils en détenaient une partie c’était évidemment plus facile. On les a rencontré très tôt, et l’idée qu’on avait c’était de faire ni une angiographie ni un film a charge mais bien de montrer le personnage dans tous ses aspects positifs ou négatifs. C’était clair que nous allions aborder les parties d’ombres de leur père. Beaucoup de choses sont dites sur Claude François, je pense qu’ils avaient envie qu’on fasse un film qui raconte leur père.

Justement c’est un film ni tout blanc ni tout noir..
Florent Emilio-Siri : C’est un mec compliqué mais c’est ce qui fait sa richesse. Moi je ne connaissais pas Claude François car ce n’était pas ma génération, Jérémie Renier n’était pas né n’ont plus.. On avait donc une vision un peu lisse de lui comme beaucoup de gens, avec des clichés aussi parce que finalement il s’est un peu caché derrière ce costume à paillettes et cette chevelure blonde. Claude François ne s’aimait pas. Il ne se trouvait pas beau. Plus on avançait dans le projet plus on découvrait un personnage incroyable avec un destin surprenant. C’était du pain béni pour le cinéma, mort jeune à 39 ans, un mec très moderne, complexe. On avait l’occasion de faire un film sur un destin, d’aller au-delà de Claude François, de raconter l’histoire d’un artiste.

Comment qualifiez-vous votre film ?
Florent Emilio-Siri : je n’aime pas tellement le mot Biopic, je dirais que c’est un film sur le destin. Un film musical sur l’histoire d’un artiste.

Comment s’est faite la construction du film ?
Florent Emilio-Siri : La construction on l’a trouvé assez rapidement. Il suffisait de se mettre au rythme de Claude François. Parce qu’on a l’impression qu’il a vécu dix vies en une et que inéluctablement il va dans un mur. Ce qu’on a essayé de faire c’est une construction en entonnoir, d’utiliser les moments clés de la vie de Claude François, de fonctionner par ellipses au début et plus on avance dans le film plus on finit heures par heures jour par jour avec Claude François pour que le spectateur soit pris dans ce tourbillon et amené à ce moment fatidique. Vivre avec lui, le filmer de son point de vu a des moments, comme par exemple quand il sort de chez lui et qu’il voit ses fans, on est un peu la petite souris sur son épaule, et puis parfois le regarder d’un peu plus loin, c’était le parti pris. L’idée c’était aussi de mettre les chansons en reliefs, parce qu’on s’est rendu compte qu’il transformait sa vie en chanson, comme d’habitude né par exemple de son chagrin d’amour avec France Gall.

Qu’est ce qui a été le plus compliqué pour vous Jérémy Renier ?
Jérémie Renier : je ne savais ni chanter, ni danser, ni rien de tout çà et en plus je ne connaissais pas Claude François. C’était une découverte sur plein de point. Çà a été intense et parfois fatiguant mais assez grisant car jours après jours on se rendait compte du personnage qu’on avait entre les mains et qui était beaucoup plus complexe et intense que ce qu’on l’imaginait. De courir partout, d’être dans la même énergie que Claude François était parfois épuisant mais nécessaire.

Est-ce qu’il n’est pas trop difficile de porter le film sur vos épaules ?
Jérémie Renier : j’ai fait d’autres films ou j’étais le personnage principal mais il est certain, au-delà du fait que çà soit un gros film, c’était surtout d’incarner une icône qui pouvait être angoissant ou vertigineux. Toucher a quelqu’un de sacré, à la culture Française.. Je suis belge, donc je me préserve derrière ma Belgitude ! A vrai dire je me suis beaucoup lancé dans le travail.

Vous vous attendiez à une telle ressemblance ?
Jérémie Renier : Je l’espérais ! Je ne sais pas à quoi je m’attendais mais j’ai tout fait pour arriver au plus près de ce personnage. On a tous mis en place, que ce soit le maquillage, la coiffure, l’interprétation, les lumières. Certaines optiques également jouaient en ma faveur au niveau de la ressemblance. Ce qui fait que d’un coup on se rapproche d’une réalité, mais c’est du travail.

N’aviez-vous pas peur d’être dans un côté sosie ?
Jérémie Renier : C’était vraiment un personnage délicat effectivement, car on pouvait vite basculer dans un côté sosie ou caricatural. Une caricature du personnage. Il fallait être très vigilant même par rapport à sa voix. On s’est rendu compte par exemple, qu’il avait eu beaucoup de coupes de cheveux durant toute sa vie. Et certaines qu’on a essayé de me mettre, même si c’était des vraies qu’il avait vraiment eu dans sa vie, faisait d’un coup un peu trop too much. Il fallait trouver le juste milieu.

Vous auriez pu au travers des costumes tomber dans quelque chose de très pailletés, ce n’est pas ce qui en ressort, pourquoi ?
Florent Emilio-Siri : Il y a eu un gros travail artistique entre les décors et les costumes, même si il faillait quelques costumes à paillettes il ne fallait pas en faire trop. On les a donc utilisé à des moments précis, on a essayé de raconter le personnage aussi avec ses costumes. De rendre pertinent les costumes avec les décors également.

Jeremie Renier vous passez de l’univers des frères Dardenne à Cloclo comment se fait ce changement ?
Jérémie Renier : Ce que j’aime c’est passer d’un univers a un autre. J’adore les Dardenne mais j’aime aussi faire d’autres choses. Avec Cloclo c’était jubilatoire de jouer ce personnage qui suppose une palette de jeu importante, et puis énormément de matière à observer. On avait accès à de la documentation, du coup il y avait énormément de matériel dans lequel je pouvais me plonger. C’était une forme d’enquête, un travail encore différent de ce que j’ai déjà fait.

Comment avez-vous fait ce travail d’enquête et ce tri entre ce qui se dit de Claude François et la réalité ?
Jérémie Renier : Ne connaissant pas Claude François je partais de zéro. Je n’étais pas pris dans une vision particulière. Quand on a rencontré les gens de son entourage, les gens qu’il avait connu, des gens avec qui il avait un lien, j’avais un œil plus critique et détaché. Il y a aussi des choses de sa personnalité qui m’ont parlé d’autres moins, mais on se rend vite compte du tri qu’il y a à faire. Une personne de son entourage en particulier, m’a dit des choses que personne ne m’avait dites, parce que beaucoup de gens protégé ce personnage qu’était Claude François.
Florent Emilio-Siri : Le vrai travail c’était plus d’organiser les éléments clés de sa vie qui était difficile. Sur les témoignages qu’on avait ça allait du tout au tout. C’est vrai qu’il y a des gens très protecteur qui avaient peur qu’on fasse un film à charge. Ce qui est sorti de tout cela c’est que Claude François pouvait être terrible il était quand même touchant et professionnel. L’image qu’il avait face aux médias, toujours en représentation, une image pas juste de lui, mais derrière çà, c’était un type plein de contradiction.

Comment s’est fait le choix de l’acteur ?
Florent Emilio-Siri : j’ai hésité entre Poolvoerde et Jérémie Renier ! (rires) Sincèrement si Jérémie n’avait pas fait le film je ne serais pas parti dans l’aventure. C’est un costume pas facile, il faut être un gros bosseur, avoir beaucoup de talent. C’est un personnage border line et ce projet pouvait être casse gueule ! En plus, Jérémy a l’âge parfait, trente ans, il peut jouer de 17 ans à 39 ans. S’il s’agissait de trouver quelqu’un qui ressemblait à Claude François, il y a deux cent sosies officiels ! Non, Il fallait un grand acteur !
Jérémie Renier : La première fois, il y a plus de dix ans, un réalisateur est venu vers moi en me disant qu’il avait envie de faire un film sur Claude François. Je suis un peu tombé des nus en me disant, « ah bon je ressemble à Claude François ! ». Le projet ne s’est jamais fait, mais çà éveillé ma curiosité, j’ai regardé quelques photos et effectivement j’ai trouvé quelques traits similaires.

Combien de temps avez-vous passé à travailler sur le personnage ?
Jérémie Renier : dix cent ans ! (rires) non, il y a eu cinq mois de préparation intensifs. Pour moi pour incarner ce personnage c’était nécessaire. Il fallait réellement passer par là. Il y a eu un travail avec tout un tas de coachs. Un coach pour la voix, pour les percussions, pour la danse..

Qu’est-ce qui vous a donné envie de réaliser ce film ?
Florent Emilio-Siri : sincèrement il y a beaucoup de choses qui m’ont parlé. Au départ rien ! Parce que j’avais une image très lisse de lui. Puis on m’a donné un documentaire, et je n’imaginais pas ce personnage-là, je ne savais pas qu’il était d’origine italienne comme moi, j’ignorais ce qu’il avait vécu en Egypte, qu’il partait de tout en bas pour arriver tout en haut, je ne connaissais rien ! J’ai eu beaucoup de respect pour l’artiste, cette volonté de toujours aller de l’avant, de se renouveler sans arrêt. Et puis sur sa famille, je pense que Claude François n’aurait pas été ce qu’il était sans sa famille. Le rapport avec son père m’a beaucoup touché. J’ai personnellement perdu quelqu’un très jeune  et je sais que l’on se construit différemment.
Il a vu son père baisser les bras quand il avait dix-sept ans à l’âge ou on a besoin d’avoir une image de son père fort. Et comme il avait une mère ultra aimante mais complètement irresponsable, j’ai l’impression qu’il a jamais réussi à se construire entant qu’homme avec toujours se besoin d’être aimé.

Le film s’adresse aux fans de Claude François mais aussi à tous les autres ?
Florent Emilio-Siri : On n’a pas choisi de faire le film pour les fans. On s’est demandé comment montrer une mort aussi ridicule, comment l’aborder. Et quand on nous a raconté cet obsessionnel qu’il était, et cette vie trop pleine, à un moment il fait une sorte d’acte manqué. C’est à un moment où il allait avoir quarante ans et il flippé totalement, un moment où il allait essayer de percer en Amérique. Ça veut dire repartir à zéro. Pour un angoissé comme lui de repartir de rien alors qu’il avait tout, quelque part ça ne pouvait que s’arrêter. Pour cette scène de sa mort je voulais quelque chose de pudique.

Comment avez-vous fait le choix des chansons sachant qu’il a fait plus de quarante tubes ?
Florent Emilio-Siri : on trouvait que certaines chansons racontaient assez bien sa vie. Il y a une étape ou il se construit, il y a beaucoup de concerts, ou il donne beaucoup et quand on aborde les années 70 c’est quasiment que du plateau télé, que de l’artifice. On a du recréer les concerts, on a fait refaire les concerts à l’identique, toute une alchimie.

Est-ce vous Jérémie Renier qui chantez ?
Jérémie Renier : Non, ce n’est pas moi qui chante. J’ai bien évidemment du apprendre tous les morceaux pour que cela soit crédible mais je crois que si j’avais chanté çà n’aurait pas fonctionné. J’ai plus essayé de me rapprocher de sa voix qu’il avait que du chant. Moi je ne suis pas du tout chanteur !
Florent Emilio-Siri : Parfois sur certaines chansons on a fait un mixe entre la voix de Jérémie, de sosie et de Claude François.

Que serait devenu Claude François aujourd’hui ?
Florent Emilio-Siri : Je pense qu’il aurait fait au moins un ou deux tubes disco aux Etats Unis, parce qu’il avait tout pour le faire. Il aurait fait au moins connaitre son nom aux Etats Unis pour que les gens sachent que c’est lui qui a créé « My way ». Il serait peut être devenu animateur et aurait surement co-animer des shows car il pensait que l’avenir c’était la télé.

M.S

Critique du film ici

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