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Interview: Thomas Vinterberg nous raconte son film La chasse

C’est avec le pas décidé que Thomas Vinterberg est entrée dans le cinéma où quelques journalistes avaient fait le déplacement pour pouvoir poser leurs questions au réalisateur Danois. Encore peu connu, le réalisateur accompagné de sa traductrice nous confié la genèse de son film.

Comment est né le projet de ce film ?

Thomas Vinterberg : Il y a 8 ans, un soir un homme frappe à ma porte. C’était un psychologue pour enfants. Il m’a parlé de sa théorie selon laquelle la pensée est un virus. Il m’a donné des prospectus que je n’ai lu que huit ans plus tard. Çà a été un choc, j’ai tout de suite senti qu’il y avait une histoire à raconter. J’étais aussi ravi de pouvoir faire l’antithèse de l’un de mes films « Festen ».

Comment avez-vous travaillé pour écrire ce scénario ?

Avec le co-scénariste on a eu la notion de virus dès l’écriture du scénario. On voulait que ce soit un mot qui déclenche tout. Aujourd’hui une chose fausse dite peut détruire une vie. Encore plus avec les nouvelles technologies. Les informations se transmettent à grande vitesse. On entant souvent des histoires d’adolescents qui sont victimes de fausses rumeurs. Çà m’intéressait de voir comment avec un mot dit de travers peut entrainer une telle histoire.

Dans ce film la Chasse, vous vous placez du point de vue de Lucas pourquoi ?

Quand on a commencé à écrire on s’est posé cette question. De quel point de vu nous voulions nous placer. On a décidé qu’il était plus intéressant de se mettre à la place du personnage de Mads Mikkelsen qui travaille dans un jardin d’enfants plutôt que de celui de la petite fille. Car çà a déjà été fait dans les années 90. Ensuite l’autre question que l’on s’est posé c’est sur l’innocence ou pas du personnage. Nous voulions qu’il soit innocent. On ne voulait pas que le spectateur se questionne sur sa culpabilité ou son innocence.

Qu’est ce qui vous attire dans l’idée de placer vos personnages face à la monstruosité de l’Homme ?

A l’inverse de montrer la monstruosité ce qui m’intéressait c’était de montrer la perte de l’innocence, la perte de l’amour. Il fallait forcement qu’il y ait un conflit pour arriver à ce résultat là. Et c’est vrai que la famille comme les conflits c’est quelque chose qui me porte à cœur. Quand je suis dans une pièce où les gens ne parlent pas du sujet qu’ils devraient aborder, çà me donne envie de le faire. Quand j’avais 15 ans, j’étais avec mon père et ma sœur dans le bus et un mec saoul rentre dans le bus et pousse volontairement ma sœur pour lui prendre sa place. Mon père n’a rien dit. Au fur et à mesure que les gens descendaient du bus et que l’on avançait la colère montée en moi jusqu’à ce que je me lève, aille voir le monsieur et lui dise : « Monsieur vous êtes un idiot ! » Il s’en est suivi une bagarre qui ressemblait davantage à une danse. Mais je me sentais tellement bien d’avoir fait çà.

Dans votre film qui traite d’un sujet lourd, vous avez choisi une fin très juste. Aviez-vous envisagé plusieurs issu à cette histoire ?

Quand nous avons écrit nous avons pensé à trois fins différentes. La première était du style à l’Américaine où Lucas (joué par Mads Mikkelsen) partait à la chasse avec ses amis dans la bonne humeur. La seconde fin plus Danoise aurait été que Lucas parte à la chasse, qu’il se fasse tirer dessus et qu’il meurt. Et enfin la dernière issue c’est celle du film. Je la trouve plus du style film français où on laisse le spectateur envisager ce qu’il veut. Je trouve le public Français très intelligent et cette fin était vraiment idéale pour cette histoire.

Qu’est ce qui vous donne de l’inspiration ?

Ce qui me motive c’est le côté dramatique. J’ai grandi dans une famille hipie où les gens étaient nus, j’ai très bien vécu toute mon enfance. Mais je trouve intéressant  d’étudier les familles. On retrouve tous les éléments pour faire un film dramatique, les conflits, les rituels et tout ce qu’il y a autour. C’est propice à des histoires intéressantes.

Avez-vous écrit ce film en pensant à un acteur en particulier ?

J’écris habituellement avec un acteur en tête. Malheureusement Mads Mikkelsen a besoin de lire le scénario avant de dire oui. J’avais aussi pensé à Robert de Niro car le personnage de départ était plus comme le personnage de Robert de Niro dans le film « Voyage au bout de l’enfer ». Et puis Mads à accepté. On a modifié un peu le personnage en le rendant plus doux et davantage dans la retenue.

M.S

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