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La Ritaline un médicament qui fait débat.

La Ritaline prescrite abusivement.
La Ritaline prescrite abusivement.

 

 

     Aujourd’hui, se tiendra à partir de 16h30 une manifestation de la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme sur la Place Edmond Michelet à Paris pour dénoncer les prescriptions abusives de Ritaline.

     Si ce terme ne vous dit rien, je suis pourtant sûre que vous n’avez quand même pas échappé à la « mode » de l’ « hyperactivité ». Maintenant, si vous avez un enfant plein d’énergie, qui ne rentre pas parfaitement dans le moule vous avez de grandes « chances » qu’on vous dise qu’il est hyperactif.  Cependant, attention, nous ne nions pas qu’il existe de vrais hyperactifs. Le trouble de l’hyperactivité ainsi que les traitements médicamenteux associés soulèvent des interrogations et des inquiétudes dans le corps médical ainsi qu’auprès de la population. La molécule souvent prescrite pour l’hyperactivité est le méthylphénidate, commercialisée sous le nom de Ritaline ou encore Concerta, et dont la « structure est proche des amphétamines »

Les structures de méthylphénidate et amphétamine proches ?
Les structures de méthylphénidate et amphétamine proches ?

La Ritaline : des avis partagés. 

     D’après une étude récente publiée par Le Parisien, il y a eu en 5 ans une hausse de 60% du nombre de boites vendues de ce type de médicaments, atteignant plus 481 600 boites vendues en 2013. Le nombre de consommateurs a lui aussi augmenté, passant de 25 242 à 43 633.

    Si certains professionnels s’en réjouissent comme le Docteur Louis Véra, psychiatre hospitalier et enseignant à l’université Paris V, inconditionnels de la Ritaline, pour qui l’augmentation de la consommation « est une excellente nouvelle », d’autres ne partagent absolument pas son avis. Le Professseur Maurice Corcos, chef du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’Institut mutualiste Montsouris dénonce quant à lui « la dépendance psychique et physique » induite par la Ritaline. Il est rejoint par le Professeur Even par exemple qui s’inquiète également du succès de l’effet «  camisole chimique » du médicament.

     Une autre étude a mis en lumière des prescriptions abusives de ce produit. En effet, plus de 40% des prescriptions effectuées seraient hors autorisation de mise sur le marché (AMM).  « Par exemple, le médicament serait donné à des enfants plus jeunes que l’âge minimum autorisé, ou prescrit pendant une période plus importante… »

     La revue Prescrire a quant à elle décrit certains des effets secondaires de cette molécule : «  les enfants placés sous Ritaline ont une croissance moyenne inférieure de 2 cm et de 2,7 kg après trois ans de traitement, comparé à l’évolution moyenne des enfants. Un constat que la revue met sur le compte de l’effet coupe-faim de la molécule. Effet secondaire sur lequel, en son temps, le Mediator avait assis son succès… »

     C’est ainsi que la consommation de ce type de médicaments augmente. Pourtant cette consommation n’est pas anodine car elle peut entrainer de dangereux effets secondaires. La Ritaline est susceptible d’entrainer des changements de la personnalité, des hallucinations, pensées anormales, crises d’épilepsie, crises cardiaques avec risque de mort subite, pensées suicidaires, tentatives de suicide…

     « Il est inquiétant de constater que cette drogue est aujourd’hui prescrite à de plus en plus de personnes. Il faut informer les praticiens d’une part et la population d’autre part sur les risques qu’elle peut entrainer ». Propos de la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme. « La Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme dénonce depuis près de 40 ans en France les abus de la psychiatrie. L’association reçoit chaque semaine de nombreux témoignages de victimes et de familles. »

     Il reste dans tous les cas juste de souligner l’importance de sensibiliser les prescripteurs, professionnels de santés, administratifs  des systèmes de soins et l’ensemble des consommateurs à la notion de risque médicamenteux, rôle entre autre de la pharmacovigilance, car il ne faut pas oublier que l’intoxication médicamenteuse représente une cause fréquente d’admission aux Urgences, par exemple.

     Nous n’allons pas partir pour un petit cours de pharmacodynamie ou autre, rassurez vous on va se contenter de vous rappeler que « Tout est poison, rien n’est poison. La dose fait le poison ». Paracelse. Protéger ses enfants ce n’est pas les « nourrir » de médicaments. Si les médicaments peuvent dans une certaine mesure rassurer (puisqu’ils sont là pour « soigner », « guérir » …), ne perdez pas de vue qu’ils peuvent être dangereux. Il n’est pas question ici d’accuser les parents ou les médecins en particulier, ni de vous dire de vous rendre à la manifestation mais de faire véhiculer l’information.

Pour plus d’informations, visitez le site internet de la CCDH www.ccdh.fr , par téléphonne au 01 40 01 09 70, ou par mail à ccdh@wanadoo.fr.

Rédigé par Aurélie Rioult.

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