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L’interview de Franck Dubosc  » Bienvenue à Bord « 

Accueilli par une dizaine de journaliste précédemment saluée par le très sympathique et enjoué réalisateur Eric Lavaine, c’est un peu tendu et visiblement fatigué par cette tournée promo ou par la chaleur Bordelaise que Franck Dubosc et Gérard Darmon sont venu nous parler du film « Bienvenue à bord » dans lequel ils interprètent respectivement Rémy Pasquier un animateur de séjour et Richard Morena, le directeur de croisière sur laquelle se déroule l’histoire du film.

 


L’idée du film vient d’où exactement?

Eric Lavaine (réalisateur du film) : C’est parti d’un reportage sur les croisières que j’ai vu. Je trouvais que c’était un univers intéressant, le côté huit clos avec trois milles personnes. Et puis le fait de faire une comédie qui se passe au soleil dans un cadre particulier, en mer. C’est un cadre nouveau, ce huit clos faisait penser à une île. D’ailleurs ce film à failli s’appeler île flottante.

Six semaines de tournages sur un bateaux, il y a pire comme condition de tournage ?

Franck Dubosc : Oui il y a pire, sept semaines ! (rires)

Eric Lavaine : C’est vrai que c’est des conditions rêvés, surtout parce que l’on dort sur le plateau, on été coupé du monde car le téléphone ne passe pas, ce qui nous permettait aussi d’être concentré sur le film. On était dans le vent chaud de l’hiver des caraïbes, çà été très agréable.

Etre 24h/24 avec les mêmes personnes est ce que cela ne posait pas problème ?

Eric Lavaine : Non franchement c’est le bonheur. Que ce soit avec Valérie Lemercier, Enrico Macias qui nous a fait la gentillesse de venir nous voir, Franck, Gérard…Quand j’ai fait mon casting avec mes camarades producteurs on savait que çà allait être des gens qui s’entendraient bien. C’était très important, car là pour le coup on peut pas rentrer chez soi, on peut pas s’isoler, on peut pas téléphoner. Donc il fallait des gens qui est des atomes crochus et là-dessus je me suis pas trompé, çà à vraiment été quelque chose de très amicale comme tournage. Ce n’est que mon quatrième film est c’est étonnant de voir, qu’on continue tous a ce voir, on mange chez les uns, chez les autres. Il est vraiment né quelque chose pendant cette croisière.

Sur ce film au départ vous voulliez partir du personnage Francis que jouait Franc Dubosc dans votre film « Incognito » ?

Eric Lavaine : J’avais été un peu frustré sur Incognito d’avoir Franck seulement 15 jours, même si c’était un gros second rôle. On sentait qu’on avait pas exploité toutes les possibilités de comédies du personnage d’Incognito mais on en a fait quelqu’un d’un peu moins con que le personnage dans Incognito. On va dire que Rémy Pasquier est le cousin du personnage qu’a pu jouer Franck dans Incognito. A l’origine çà vient vraiment de l’envie de continuer de travailler avec Franck Dubosc, c’est vraiment un bonheur de travailler avec lui. La comédie c’est quelque chose de difficile et lui il est sur le coup, il est concentré, il a le rythme qu’il faut.

Franck Dubosc : j’ai pas tourné 15 jours, j’ai tourné 19 jours, tu ferais mieux de revoir tes bulletins de salaires ! (rires)

 

Pour le personnage de Rémy Pasquier joué par Franck Dubosc, il a un côté naïve qui est très touchant..

Franck Dubosc : Oui c’est la différence avec le personnage d’Incognito, qui était un peu prétentieux, un peu looser, alors que le personnage de « bienvenue à Bord » est spontané. C’est encore autre chose. Et les fois ou il peu faire du mal c’est un par maladresse. C’est un personnage qui s’intéresse aux autres. Il amène du bonheur, il est plus naïf que prétentieux. C’est ce qui le différencie principalement du personnage de Francis d’incognito.

 

C’est ce qui explique qu’il s’entend si bien avec les enfants ?

Franck Dubosc : Oui ! C’est lui-même un enfant. Une espèce de Candide. Le personnage de Valérie Lemercier dit à un moment dans le film, « je l’ai trouvé un peu con au premier abord…au second aussi d’ailleurs ». Et le film montre qu’au troisième abord justement qu’il ne l’est pas ! Comme quoi il faut bien regarder les gens et bien les connaitre.

 

Eric Lavaine : C’est Franck qui a eu l’idée de ce rapport là avec les enfants. Ce qui fait que son personnage s’adresse de la même façon au PDG de la compagnie de croisière qu’a un enfant dont il s’occupe au Swit club. Il dit la vérité, il dit ce qu’il pense. Et les enfants je pense sont extrêmement sensible à cela. Dans la vraie vie quand on leur parle avec une espèce de mièvrerie compensé, çà ne les touche pas.

Parmi les personnages il y a aussi le directeur de la croisière joué par vous, Gérard Darmon. On peut dire que c’est un garçon fort avec les faibles et faible avec les forts ?

Gérard Darmon : Oui tout à fait. C’est un classique de la comédie le dominant/dominé. Il se trouve qu’il domine Franck Dubosc et a un PDG au dessus de lui qui l’empêche de faire ce qu’il veut. Ce qui le met dans une situation « cul entre deux chaises ». Mais en même temps il est assez attiré par le personnage de Franck Dubosc, Rémy, car il représente tout ce qu’il ne peut pas être. Il a un métier de service, de servitude, il est obligé de pactiser, de sourire même quand il n’en a pas envie car le client a toujours raison. Et je sais que profondément il admire cette espèce de lâchage, de liberté et de spontanéité qui est lié presque a l’enfance de Rémy Pasquier (Franck Dubosc).

Eric Lavaine : Quand on regarde le film, Gérard est obligé de composer à la fois avec Rémy Pasquier qui est son employé et qu’il a sous ses ordres et avec le grand patron de la compagnie de croisière. C’est assez extraordinaire la manière dont Gérard se comporte, au travers de son travail sur le corps, cette espèce d’attitude d’un Stewart à la sexualité ambivalente. On sent que çà boue à l’intérieur. Et je trouve que Gérard a composé çà de manière fantastique. Je le dis d’autant plus que je n’y suis pour rien.

Franck Dubosc : Moi ce qui me fait beaucoup rire dans le film c’est quand on voit dans la même scène, le personnage de Gérard, Richard Morena, passer en peu de temps de petit chef à sous merde ! En deux répliques ! (rires) et çà c’est assez jubilatoire.

 

Il y a un côté esthétique à cette comédie également ?

Eric Lavaine : Oui. Je voulais que le spectateur se sente comme un passager de cette croisière. Qu’il puisse voir la mer bleu des caraïbes, ce bateaux aux dimensions folle, avec son côté luxueux sans jamais que çà pique les yeux non plus ! En termes de design intérieur, on peut demander à Gérard ce qu’il en pense. Si vous avez la chance d’aller chez Gérard (Darmon), tout ce qui est peau de bêtes au mur, marbre, dorures c’est du Darmon quoi ! C’est peut être le même architecte d’intérieur que pour le bateau de croisière fait par Stéphanec, un ancien réalisateur de film X hongrois ! (rires)

Gérard Darmon : Rien a rajouté !

Franck Dubosc, quelques soit le film qui sort, on se demande si vous faites du Franck Dubosc ou pas ?

Franck Dubosc : Je fais autant du Franck Dubosc que les journalistes me posent toujours la même question ! Je fais du Franck Dubosc parce que c’est moi qui le fais le mieux ! C’est vrai que c’est un personnage que j’aime. Mais c’est difficile de répondre à çà, car derrière il y a quatre films qui sont totalement différents. On me propose beaucoup de choses et c’est rarement bien. Et il se trouve que quand c’est bien souvent, il y a ce personnage là.

Eric Lavaine : Moi je parle entant que spectateur, on arrive toujours avec les aprioris qu’on a sur les personnages, c’est comme quand on disait que Gabin fait du Gabin…mais il le fait super bien ! Il met son univers à travers le personnage. Mais c’est sur que Franck, quand on ne le connait pas personnellement, on a tendance à voir ce côté un peu dragueur de son personnage sur scène. Le spectateur a tendance à d’abord voir çà, sans qu’il le fasse particulièrement !

Franck Dubosc : En plus mon personnage n’est pas du tout comme dans mes spectacles. On me disait à un moment donné depuis camping vous faite le même personnage. Pas du tout. Sur scène mon personnage est un dragueur séducteur qui ne mettra jamais de petit maillot comme dans camping. Le seul point commun de tous mes spectacles et des films dans lesquels je joue….c’est moi !

Eric Lavaine : Ce genre de questionnement çà fini par avoir un impact. Çà devient dingue. Il joue un rôle ! Pour un réalisateur et un auteur c’est un bonheur d’avoir des interprètes comme çà, car il sublime le texte. Il se pose des questions, je me souviens dans incognito ou il jouait de la WI cul nu, il appréhendait que les journalistes lui tombent encore dessus. Et là dans « bienvenue a bord » on a rajouté une séquence ou il se déshabille devant la femme que convoite le personnage de Gérard. Mais le personnage est écrit comme çà ! Franck il joue super bien ce qu’on lui demande de jouer !

Franck Dubosc : çà fait accélérer la machine. Parce que comme on me connait on sait ce que je vais faire, à peine je dis un mot qu’on a déjà le mode d’emploi. Je pense que pratiquement toutes les comédies que je ferais dans ma carrière ressembleront à ce personnage. Car je sais rire comme çà et pas autrement. Je ne suis pas un acteur de comédie, je suis quelqu’un qui sait faire semblant que comme çà. Dans la vraie vie je ne suis pas mes personnages. Rémy (le personnage de Bienvenue a bord) est un naïf spontané et moi je suis un énorme faux cul ! (rires)

On a le sentiment que c’est les femmes qui ont le pouvoir dans ce film ?

Eric Lavaine : çà me fait énormément plaisir. Parce que je viens de la télévision ou j’ai énormément écrit pour une série qui s’appelait H, et puis dans mes films précédent j’écrivais peu pour les femmes. C’est difficile de rire avec les femmes. Et là le fait que Valérie Lemercier me dise oui pour le film, çà m’a fait réécrire le rôle. Et c’est elle qui mène un peu la danse. Les femmes sont très présentes et çà me touche que vous l’ayez vu. Toutes les femmes du film sont des femmes de caractère qui ne se laissent pas faire. Notamment Valérie Lemercier qui utilise comme stratégie amoureuse, comme certain mec peuvent le faire, pour arriver à ses fins.

Le moment qui vous a le plus marqué de cette croisière ?

Eric Lavaine : Pour moi c’est plus qu’une carte postale, c’est la sensation globale de bonheur. On se remémore souvent les souvenirs, c’était une ambiance particulière avec Enrico Macias qui nous jouait de la guitare. Et puis il y a aussi les moments qu’on passait sur terre à faire une quinzaine d’heures de shoping avec Valérie et Gérard.

Gérard Darmon : Moi c’est l’arrivée à New York et le départ de New York. De voir le tout petit point au loin que représentait cette ville.

Franck Dubosc : Pour moi c’est les escaliers qui menaient aux toilettes ! (rires) Non, c’est pouvoir s’endormir dans un pays et se réveiller dans un autre. Çà c’est quelque chose d’étonnant et qu’on vit rarement. Et puis j’ai des images de moi accoudé à mon balcon a regarder passer cuba au large. C’est étonnant d’ailleurs parce qu’on dit « regarder passer Cuba » alors que c’est nous qui bougeons. Cette impression est assez particulière.

 

Lire la Chronique du film

Sortie ciné 5 Octobre 2011

Bande annonce du film : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=179515.html

 

M.S

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