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Paris Comics Expo 2016 : Rencontre avec Bernard Khattou pour Sunlight et Bikini Atoll

Voici notre dernière interview réalisée lors du Paris Comics Expo 2016 avec cette fois-ci Bernard Khattou. Présent pour Sunlight et Bikini Atoll scénarisés par Christophe Bec, ces deux récits sont publiés en France par Glénat Comics dans la collection Flesh and Bones.

Retrouver nos critiques : Sunlight on en parle ici, Bikini c’est par là.

 

501 SUNLIGHT[BD].inddFrance Net Infos : Bonjour Bernard, et merci de nous accorder cette interview. Avant de commencer, pouvez-vous nous parler de votre parcours la bande-dessinée et les comics ?

Bernard Khattou : J’ai commencé en m’auto éditant. Je ne suis pas un spécialiste des comics, mais c’est vrai que j’ai démarré là-dedans. J’avais une maison d’édition associative (Les Requins marteaux) et je reprenais le style un peu oldies des comics américains, type Flash Gordon. C’était le moment où certains auteurs quittaient Marvel et créaient Image. J’avais fait d’ailleurs quelques comics très inspirés du style Marc Silvestri.

FNI : Revenons sur Sunlight et Bikini Atoll, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec Christophe Bec et comment avez-vous travaillé ensemble ?

BK : On se connait depuis très longtemps avec Christophe, on est d’ailleurs voisins (rires).  On se voit régulièrement et on travaille dans le même atelier à Albi. En terminant Elysée République et L’agence chez Casterman je voulais changer de genre, je ne voulais plus faire du grand format. J’ai demandé à Christophe s’il n’avait pas un scénario type Walking Dead sur lequel nous pourrions travailler.

Il avait un scénario qu’il avait voulu adapter en court métrage il y a quelques temps mais pour lequel il n’avait pas eu le financement. Il m’a dit qu’il pouvait en faire un récit de 150 pages qui s’adapterait très bien à ce que je cherchais. C’était Sunlight. On recherchait un éditeur en parallèle.

Nous connaissions très bien Philippe Haury qui avait d’autres projets similaires et a eu l’idée de lancer la collection Flesh and Bones chez Glénat Comics.

501 BIKINI ATOLL[BD].indd

FNI : Et pour Bikini Atoll ?

BK : Pendant que je travaillais sur Sunlight il fallait fournir d’autres scénarios pour développer la collection. Christophe travaillait sur Bikini mais il n’avait pas de dessinateur. Il m’a proposé un essai qui s’est avéré concluant.

FNI : Que ce soit dans Bikini Atoll ou Sunlight les personnages sont livrés à eux même et sont pour le moins malmenés. Pourquoi avoir fait ce choix ?

BK : Si on regarde le travail de Christophe, c’est quelque chose qu’il fait souvent. Isoler des personnes puis dérouler ensuite l’histoire. C’est quelque chose qu’il l’aime bien.

Après ça reste le principe de tout film d’horreur. Les gens ne peuvent plus appeler au secours et l’intrigue avance.

FNI : Quelles sont vos influences graphiques?

BK : Essentiellement Charlie Adlard ; par exemple le découpage qu’il utilise, ses aplats de noirs, etc. J’ai mon propre style mais quand on tombe sur quelque chose d’excellent on s’en sert.

Mais le trait, le dessin n’est pas le même. Lui est plus stylisé, moi plus réaliste.

FNI : Ces deux récits sont en noir et blancs, pourquoi avoir fait ce choix ?

BK : Comme pour les mangas ou sur Walking Dead, je pense que le noir et blanc facilite la lecture, ça la rend plus fluide. Si on remonte aux comics des années 80-90, je trouve ça beaucoup plus dur à lire. Les couleurs hyper vives.

A l’inverse dans les mangas, le noir et blanc est super parce qu’on est vraiment dans de la narration pure. Ça aide je trouve à faire avancer l’histoire. Ou encore lorsque l’on regarde le travail des Tardi, ou des Hugo Pratt avec l’utilisation de couleurs pastel.

Bernard_KhattouFNI : Qu’est-ce qui a été le plus difficile à dessiner ?

BK : Pour Sun Light ça a été de transmettre la sensation d’oppression au fond de la mine, la claustrophobie. Ça a été un vrai challenge. Il y avait également la scène de viol. Je ne voulais surtout pas donner l’impression d’un moment érotique mais vraiment avoir une scène qui dégoute. C’est ce que je voulais transmettre au lecteur.

Sur Bikini rien de particulier, je ne me suis pas posé de question. Ça c’est fait naturellement.

FNI : Pouvez-vous nous parler de vos prochains projets ?

BK : C’est avec Christophe encore ! Il scénarise chez Soleil une série sur l’Aéropostale. Il a fait un tome sur Mermoz mais s’est dit qu’il rester encore des choses à raconter. Dumas, qui est le dessinateur, n’était pas libre. Il a fait une entorse à sa série et c’est moi qui m’y colle (rires). Graphiquement, j’y vais de mon propre style, très proche de ce que j’ai fait sur Bikini ou Sunlight.

Et après je ne sais pas, j’aime beaucoup le format comics. Peut-être une suite à Bikini ?

FNI : Merci Bernard et bon salon !

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