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Sartre et son Huis clos s’invitent à la Lucarne.

huis-closJusqu’au 30 novembre, à 20h30, se joue au théâtre la Lucarne la pièce Huis clos de Jean-Paul Sartre.Mise en scène par Jean-François Richard, la plus célèbre des pièces de l’écrivain-philosophe nous entraîne, pendant presque deux heures, dans un univers sombre et déroutant, dans lequel l’éternité nous semble cependant bien courte.

Ce dimanche 24 novembre, France Net Infos a assisté à une représentation, rencontré le metteur en scène et vous livre ses impressions.Tout d’abord, revenons sur la genèse de cette mise en scène…confidences de Jean-François Richard.Ce projet de mettre en scène Huis clos est né il y a trois ans. Ne se jugeant alors pas assez mûr pour s’attaquer à un tel monument, ce dernier a attendu le bon moment.

Le choix de cette pièce est motivé par un goût pour l’écriture de Sartre, tout simplement. Ni sartrien, ni partisan du fameux « L’Enfer, c’est les autres », Monsieur Richard n’a pas souhaité orienter la mise en scène sur la dimension philosophique ou religieuse, mais seulement rester au plus près du texte (et c’est réussi!).

La difficulté, c’était surtout de diriger les acteurs, de leur faire adopter les bonnes attitudes, le fait que la pièce soit très courte n’a pas posé problème, le déroulement des scènes s’est fait naturellement, rien n’a été retranché, le texte devait être respecté au mot près.

Ce n’est pas une pièce drôle qu’il a voulu présenter, il fallait que les personnages aient chacun un rôle de bourreau, qu’ils montrent que cette relation à trois n’est pas possible et que le Garçon ait l’air d’absorber l’énergie de chacun d’eux. Cependant, les touches d’humour ne sont pas absentes et le ridicule d’Estelle n’y est pas pour rien.

C’est dans un charmant petit théâtre du quartier Saint-Michel que ce Huis clos angoissant a pris ses quartiers. Ambiance conviviale et café fumant vous feront patienter avant d’accéder aux gradins tant convoités.

L’intrigue :

Garcin, Inès et Estelle se retrouvent à leur mort dans une même pièce. Ils ne se connaissent pas, viennent de milieux très différents, ne partagent ni les mêmes convictions ni les mêmes goûts. Dans cette pièce débute alors un procès à huis clos où chacun des trois personnages juge et est jugé sur les actes qui composent son existence. Les trois protagonistes se débattent sans cesse pour échapper à leur situation mais l’Enfer finit par reprendre le dessus.

15h30, le rideau se lève…Mesdames, Messieurs, bienvenue en Enfer !

Garcin, Inès et Estelle pénètrent tour à tour dans ce huis clos sans issue, guidés par le Garçon, une sorte de gardien des enfers irritant et inquiétant.

Rapidement, le lecteur attentif de la pièce s’apercevra que les « directives » de l’auteur sont respectées dans cette mise en scène sobre et on ne peut plus fidèle au texte. De la couleur des canapés, à la disposition des meubles et objets, en passant par la gestuelle des personnages, rien n’est laissé au hasard, ce hasard tant battu en brèche par Monsieur Sartre.

Quant aux protagonistes, on notera qu’ Audrey Breillard (Estelle) est parfaite en blonde superficielle et narcissique, Nicolas Yohay (Garcin) campe un parfait lâche en mal de reconnaissance et Nicole Cazaux (Inès) interprète à merveille cette « sadique » et lucide homosexuelle, qui seule comprend ce qui leur arrive et pourquoi ils sont réunis, tous les trois.

En ce qui concerne le Garçon, interprété par Christophe Louwerse, Jean-François Richard a pris le parti d’en faire le meneur de jeu, celui qui ouvre et ferme la porte de l’Enfer et erre dans les couloirs de cet « hôtel » d’un genre particulier, spectateur de la torture des trois damnés. Prenant des libertés vis-à-vis du texte, le metteur en scène a choisi de laisser le Garçon sur scène durant toute la pièce, en supprimant les cloisons entre la chambre de l’Enfer et les couloirs. Ainsi, tout comme le public, il garde un œil sur ces condamnés qui se débattent, de la même manière que le public garde un œil sur lui.

Pour terminer, enfin dessillé, Garcin conclue : « L’Enfer, c’est les autres », comprenant que la torture à laquelle ils sont condamnés n’est pas physique mais psychologique. Chacun se fait juge des deux autres et constate peu à peu qu’il n’y a aucune échappatoire, le cercle des Enfers est bien clos sur lui-même.

En somme, si vous avez lu et aimé cette pièce, son message et son atmosphère, nul doute que vous ne serez pas déçus par cette mise en scène haute en couleur.

Faites-moi confiance, on ne s’ennuie pas dans cet Enfer, une fois à l’intérieur, je gage que vous ne voudrez plus en sortir…

Réservez vite vos places, la salle est petite !

Théâtre la Lucarne 49 rue Carpenteyre

33800 BORDEAUX (Tram C, arrêt Saint-Michel)

Tarif unique: 10 euros. http://www.theatre-la-lucarne.com/

 

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