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Visite du plus grand navire solaire du monde

Le plus grand navire solaire du monde en escale à Paris le 13 décembre 2015. Reportage et coulisse du navire .

Navire solaire : vue extérieure
Navire solaire : vue extérieure

Ce bateau a principalement été construit pour faire le tour du monde à l’énergie solaire.Il a été réalisé en 2010-2011.

Mais, dès sa construction, le mécène qui l’a financé, un industriel allemand qui avait des intérêts dans le solaire, a posé une condition. Il a dit à ceux qui avaient le projet de faire le tour du monde à l’énergie solaire qu’il voulait faire un bateau qui aura une vie après ce tour du monde, qui pourra servir et qui ne sera pas seulement une pièce de musée. C’est pour ça qu’il a été décidé de faire ce grand bateau, un prototype assez léger et rapide, avec beaucoup de place à l’intérieur et construit selon des spécifications qui permettent d’embarquer des passagers. Puis il a été décidé que ce bateau après le tour du monde servirait de plate-forme pour des expéditions scientifiques, c’est ça sa deuxième vie.

Navire solaire : salon
Navire solaire : salon

Voici 2 exemples de ce qui a été fait  comme l’indique le capitaine :

  • En 2013, nous sommes partis, avons traversé l’Atlantique pour aller en Floride et puis nous sommes remontés le long des côtes américaines pour faire une grande boucle dans le Gulf Stream de Miami à New York, de New York à Boston, de Boston à Halifax au Canada, de Halifax à Saint John à Terre-Neuve. Après, nous avons retraversé l’Atlantique pour aller jusqu’à Londres et ceci avec des scientifiques à bord, des climatologues qui étudiaient certains aspects du Gulf Stream. Le Gulf Stream qui est un courant qui nous vaut un climat tempéré ici dans l’Europe de l’Ouest, sans lui il ferait -40°. Ce bateau était très important pour eux parce qu’ils s’intéressaient à l’interaction entre deux milieux, l’eau et l’air. Ils faisaient des mesures de composition chimique de l’air au raz de l’eau avec un appareil d’une extrême sensibilité dont les résultats auraient été faussés par la moindre trace de gaz d’échappement. Ce bateau a l’avantage d’un bateau à moteur, on peut le positionner où l’on veut et surtout l’avantage de ne pas avoir de moteur à combustion donc zéro pollution et ils ont pu faire ces mesures. C’était nouveau, ils n’avaient jamais pu les faire mais cela a été possible grâce à ce bateau. Donc tout l’arrière était bardé d’instruments et ce bateau est suffisamment grand pour pouvoir accueillir à peu près 5 scientifiques en plus d’un équipage de 5 personnes.
  • En 2014, nous sommes allés en Grèce et, sur le plateau continental dans une grande baie, nous avons fait de la bathymétrie c’est-à-dire de la cartographie du fond de la mer. On traînait des sonars, des instruments très pointus, on faisait des lignes parallèles par des fonds d’une quinzaine de mètres. Grâce à ça, en recoupant les informations, les scientifiques ont pu faire une carte du fond de la mer très précise alors qu’ils travaillaient à travers la vase. Pourquoi ? Parce que ces gens-là qui étaient cette fois-ci des archéologues estimaient que dans cette baie il y avait eu probablement des traces de cités préhistoriques englouties avant la montée des eaux. Et ils les ont trouvées, ce qui leur a permis l’année d’après de plonger juste sur le spot qu’ils avaient découvert.
Navire solaire : escales
Navire solaire : escales

Ce bateau est également un ambassadeur remarquable des énergies solaires. On peut faire des conférences avec une trentaine de personnes, des visites dans chacune des escales.

Il s’appelait Planet Solar, il s’appelle maintenant Race for Water. Il a été repris par une fondation dont l’objectif est de travailler sur la question des déchets et notamment sur des déchets plastiques qui envahissent les océans. Leur principe n’est pas d’aller à la pêche aux déchets mais de fermer les robinets à la source. Notamment, ils travaillent sur une machine qui est capable de transformer les déchets plastiques (sacs plastiques, emballages) en énergie, ramenés à l’état de combustible genre pétrole pour en faire de l’électricité, ce qui permettrait de leur donner de la valeur. A partir du moment où des déchets ont de la valeur, ils sont récupérés et ils ne sont pas rejetés à la mer.

Le bateau part vers midi pour Rouen puis pour Lorient.

 

Plate-forme arrière

Navire solaire : plage arrière
Navire solaire : plage arrière

Sur la plate-forme arrière, on installe les instruments scientifiques.Un chercheur qui travaille pour l’Université de Caen les accompagne pendant la descente de la Seine, prélève l’eau de la Seine, regarde l’état du plancton avec les déchets qu’on y trouve.

Les scientifiques s’installent sur la gauche, il y a pas mal de place, c’est ouvert quand il y a des températures chaudes, un peu de courant d’air c’est bien aussi. De chaque côté se trouvent des trappes.Un perfuser à plusieurs mètres voire plus kilomètres pour faire des échantillons soit d’eau soit de plastique ou autres cochonneries, polystyrène également et après c’est analysé directement à bord et c’est renvoyé soit à terre soit c’est prélevé dans les échantillons.

Cet espace est réservé pour les scientifiques généralement. Sur place, ils ont l’électricité, l’eau car il y a un dessalinisateur à bord.

Navire solaire : outillage
Navire solaire : outillage

On monte par une échelle pour aller sur le pont où se trouvent les panneaux solaires.

 

Panneaux solaires

Navire solaire : pont supérieur
Navire solaire : pont supérieur

On marche sur le pont en suivant une allée.

C’est le nerf du bateau.

Les panneaux solaires sont rentrés mais on peut les sortir. Le bateau fait 16 m de large avec les panneaux rentrés et 24 déployés, ce qui fait une surface totale de 512 m2. Toute l’électricité produite va dans les flotteurs où il y a 4,5 t de batteries de chaque côté. Il y a 800 panneaux et 29 000 cellules.

Le bateau pèse 100 t : il y a 60 t de carbone complet, 10 t de batteries au lithium qui sont réparties dans chaque coque (5t chaque) et les panneaux solaires qui sont ceux qu’on peut retrouver chez nous car pas développés exprès pour ce bateau, pour prouver que tout le monde peut s’en servir pour produire de l’électricité. Il y a un générateur car c’est obligatoire pour l’assurance mais, quand le bateau a fait le tour du monde, il a été scellé pour prouver que ça marchait tout de même. L’autonomie théorique des batteries est de 72 h mais environ 50 h en réalité selon l’état de la mer, des vagues, le soleil. Quand le temps est gris, on charge entre 5 et 10%. Quand il y a de l’humidité, il faut passer un coup de raclette pour une meilleure charge. Ce bateau est conçu pour chercher des routes ensoleillées plutôt que dans le grand Nord.

On redescend par la timonerie qui se trouve à l’avant.

Timonerie

C’est ici que l’on commande le bateau.

Il y a 2 postes : la partie communications comme sur tout bateau avec des radios et téléphones satellitaires, un système d’alarme pour les pompes, les ouvertures des portes qui préviennent car on est assez loin de chaque ouverture ; la machine propre à ce bateau appelée l’energy manager qui donne en temps réel le pourcentage de batterie, la production actuelle et la consommation. On adapte en fonction de la production solaire et on va soit charger tout quand les batteries sont pleines soit réduire la vitesse de façon à recharger les batteries pour pouvoir naviguer la nuit et après c’est avec cet appareil qu’on calcule à quelle heure caler les moteurs pour être à un pourcentage de batteries en fonction de la météo du lendemain : s’il fait très beau, on va descendre à 25% de batterie ou 50 à 60% si une mauvaise journée est prévue. Le plus gros consommateur reste les moteurs.

Navire solaire : communications
Navire solaire : communications

Partie commandes : comme c’est un catamaran, il y a 2 hélices qui permettent de manœuvrer le bateau en faisant avant-arrière, des propulseurs d’étrave, petites hélices qui sortent sous l’avant de la coque et vont permettre de se décaler, des logiciels de navigation (il y a aussi des cartes papier mais ils ne les utilisent plus), 4 caméras permettent de voir quand on est ici ce qui se passe. Le bateau est complètement silencieux. Il y a un système de barre à roue de secours, sinon on utilise des petits joysticks pour barrer ou des pilotes automatiques.

Navire solaire : commandes
Navire solaire : commandes

http://www.raceforwater.com/bateau-ambassadeur/rfw_naviresolaire

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