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Festival de Cannes J9 : le coup de coeur de la Croisette

Mommy de Xavier DolanAujourd’hui, Cannes a eu son premier et peut-être seul coup de coeur avec Mommy de Xavier Dolan. Ce jeune réalisateur de 25 ans venu du Québec attendait depuis longtemps d’être en compétition officielle. Il avait déjà présenté J’ai tué ma mère, son premier film à la quinzaine des réalisateurs et Les amours imaginaires et Laurence anyways à Un Certain regard. Il avait souvent clamé sa déception, voire sa colère de ne pas connaître les honneurs de la sélection officielle. Aujourd’hui il fait donc son entrée par la grande porte. En séance de presse, Mommy a sûrement été le film le plus applaudi. Comme il l’avait fait dans son premier film, il aborde encore la figure de la mère. Il l’a rappelé à plusieurs reprises lors de la conférence de presse, il ne s’agit pas d’une autobiographie.  Elevé en grande partie seul par sa mère, il n’a pas connu les mêmes relations tumulteuses que son personnage, Steve. Ce dernier est turbulent, atteint d’une maladie mentale qui le rend souvent très agressif, au point d’être violent avec ses camarades, voire avec sa mère. Elle est dépassée par la situation, ne sait comment s’en sortir. Quand Steve commet une grosse bêtise, il faut trouver de l’argent. Alors peut-être que le voisin avocat pourra être utile. Steve ne voit pas cela d’un très bon oeil. Il aime sa mère profondément mais bien sûr il hurle, est vulgaire pour le lui dire. La scène où ils vont tous les trois au karaoke parce qu’elle essaye de séduire cet homme, est d’une grande beauté.  Steve chante alors « vivo per lei » en regardant sa mère, et l’émotion du spectateur surgit. C’est l’une des plus belles scènes du film. Ce couple mère-fils va être épaulé par la voisine, une mère de famille, qui n’enseigne plus depuis qu’elle s’est mise à bégayer. Cette femme énigmatique va se prendre d’affection pour la mère et le fils, devenir leur amie, jusqu’à les suivre dans les pires moments de leur vie. Xavier Dolan a tourné au Québec, dans le quartier de son enfance. Alors qu’il avait envisagé dans un premier temps de faire appel à des comédiens américains, il s’est à nouveau tourné vers Anne Dorval et Suzanne Clément qu’il avait déjà dirigées dans ses films précédents. Comme toujours chez Dolan, la musique est travaillée :  il l’a dit lors de la conférence de presse, elle est l’âme du film. Les chansons (on entend Céline Dion en particulier) sont celles de Steve ; ells sont réellemnt incorporées dans la vie des personnages. On est touché par l’esthétisme de ce film, par tout l’amour de Steve pour sa mère. Quand il pense que sa mère ne l’aimera plus, il est bouleversant. Xavier Dolan,  a réussi un très grand film. Dans les couloirs du palais des festivals, beaucoup parlent de lui comme du vainqueur de la Palme d’Or. Verdict samedi soir.

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