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Festival de Cannes : J3 : The Lobster

Le deuxième jour de la compétition a débuté avec la projection de The Lobster de Yourgos Lanthimos, un réalisateur grec qui s’était déjà fait remarquer au festival de Cannes dans la section Un Certain Regard.

Léa SEYDOUX_Colin Farrell
Léa SEYDOUX_Colin Farrell

Thierry Frémaux avait prévenu que ce serait le film ovni de cette 68ème édition. En effet,  le réalisateur nous plonge dans un univers très spécial, qui lui est propre où les animaux ont toute leur place et côtoient les êtres humains. Dans The Lobster, il présente un monde où les célibataires sont amenés dans des hôtels qui leur permet-ou pas- de trouver l’âme soeur en 45 jours maximum, sinon ils sont transformés en animal de leur choix. Dès le début du film, le héros-Colin Farrell-, est conduit dans un de ces hôtels particuliers et précise que son choix sera le homard- d’où le titre du film. Il rencontre d’autres célibataires, hommes et femmes, qui comme lui sont prêts à tout pour ne pas rester seuls et obéir au diktat de la société. Qui se ressemble s’assemble ? C’est ce que chacun s’efforce de faire dans cet hôtel : trouver quelqu’un qui ait les mêmes goûts, les mêmes caractéristiques, quitte à tricher ou à mentir.. Mais il existe un autre monde, dans la forêt, non loin de l’hôtel, où au contraire le célibat est revendiqué. La sévère Léa Seydoux en est l’instigatrice. Là aussi, les règles sont strictes et terribles. Interdiction de tomber amoureux.. Colin Farrell rencontre pourtant Rachel Weisz et l’amour est peut-être au rendez-vous. Dans ce cas, il faudra aller en ville pour espérer être heureux, ou pas.. Le réalisateur ne donne aucune interprétation à son film. Chacun peut avoir son propre avis. Il ne revendique ni le célibat, ni la vie de couple. Il a son propre univers dans lequel le spectateur accepte ou non d’entrer. Avec un casting international, il a réussi un film original et intéressant, qui pose des questions sans apporter de réponse. La scène finale reste ouverte, et laisse entrevoir plusieurs possibilités. A l’image du film, à l’image de la vie.

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Le deuxième film en compétition était le fils de Saul de Laszlo Nemes. Un film attendu, qui traite d’un sujet fort, la Shoah, les camps de concentration. Le film suit un personnage, dont on perçoit la peur, l’angoisse, la colère. Il n’a qu’un but : faire venir un rabbin et offrir une sépulture digne au fils de Saul. Son combat fait penser à celui d’Antigone, qui tente, au péril de sa vie d’enterrer son frère. Il s’agit d’un film très sombre, tant par son sujet que par la lumière. Il a beaucoup plu aux festivaliers. Le jury y sera-t-il sensible ?

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