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Gemini Panico, Interview de Stéphane Martinez et Robert Cepo

Aujourd’hui, la 1ère interview du FIBD 2012 avec pour Robert Cepo et Stephane Martinez à propos de leur premier album de bd intitulé Geminis Panico.

Ce premier tome immerge le lecteur dans un univers où le conte côtoie la science fiction avec des personnages manichéen qui néanmoins parviennent à poser les bases d’un univers et donner au lecteur l’envie de découvrir la suite de cette histoire. Mais cet album dont les graphismes sont d’une puissance visuelle qui ravira le lecteur quelque soit son âge. En effet les deux auteurs nous offre un scénario qui se voit embellit par des dessins formant des planches à la mise en page intéressante et dont la dynamique nous entraîne jusqu’à la fin de cet album et laisse le lecteur en haleine. Les deux auteurs nous offre donc un récit haletant qui s’inscrit dans un univers visuel graphique sombre et puissant.

 

Propos recueillis le vendredi 27 Janvier lors du FIBD 2012

FNI(France Net Infos): Bonjour

Stéphane martinez et Robert Cepo : Salut

FNI: Pour commencez, pourriez vous vous présenter brièvement?

Stéphane: Stéphane Martinez dessinateur, scénariste de Géminis Panico

Robert: Robert Cepo, pareil dessinateur, scénariste

FNI: Donc vous êtes tous les deux dessinateur et scénariste. Sur la Bande dessinée, comment cela se passe au niveau du scénario et du dessin?

Robert: Ben en fait c’est un petit peu la question récurrente, pour beaucoup de personne visiblement le travail est censé être cloisonné. C’est à dire l’un va se consacrer plus à tel aspect, l’autre à tel autre et ainsi de suite. Le fait est que la c’est tout simplement un travail à quatre mains du début à la fin. Donc il n’y a pas de cloisonnement ; c’est-à-dire qu’on découpe ensemble, on dessine ensemble, on colorise ensemble. Dans les faits c’est un travail à quatre mains, vraiment. Par exemple, hier on a dédicacé et c’est vrai que souvent les gens étaient surpris parce qu’ils pensaient que l’un écrivait et l’autre dessiner et en fait on nous donne un album, il y en a un qui va commencer le dessin puis il va le refiler à l’autre.

Stéphane : Comme on le fait pour l’album

Robert : Donc il n’y a pas plus l’empreinte de l’un que de l’autre, c’est notre tambouille

FNI : Comment vous en êtes arrivés à ce projet ?

Robert : c’est un premier album.

Stéphane : En fait, on a fait l’école ensemble, une école d’art graphique à Paris et ensuite on est souvent travaillé ensemble que ce soit dans la bd ou en animation. On ne jamais perdu de vue depuis le bahut .Puis après 2 film chez Europa Corp. Arthur et la mécanique du cœur sur le design avec d’autre personne, on a eu envie de créer nos designs pour nos propres histoires. C’est à dire qu’on en avait marre de dessiner pour l’histoire des autre. On voulait vraiment tout faire de A à Z, d’où cette bd qui nous permettait cela.

Robert : c’est un premier pas

FNI : Justement en parlant d’animation, vous avez travaillé ensemble sur beaucoup de projet ?

Robert : Durant les dernière années, les projets les plus conséquent sont la série d’Arthur et les Minimoys, il y a eu quand même  trois long métrages .Donc comme le disait Steph il n’y avait pas que nous, on était cinq à la création, où tu te retrouves à créer tout un univers avec la spécificité qu’implique la 3d. Ensuite il y a eu ce projet qui s’appelle la mécanique du cœur et est une adaptation du livre de Mathias Malzieu le chanteur de Dionysos dont Besson à acheter les droits. Contre tout attente on en entendait parler, il y avait des artistes qui avaient été caster pour faire des essais de design et etc. etc.

Et apriori ce genre d’univers été absolument pas notre tasse de thé et puis on s’est dit « tiens ce serait marrant qu’on essaye quand même ça  va être  un peu le challenge » et on a un peu mordu à l’hameçon, on a bossé avec une artiste italienne qui s’appelle Nicoletta Ceccoli et qui en plus d’être une artiste très talentueuse est une personne très charmante. On a développé le design sur la mécanique du cœur, on est co-auteur graphique avec elle. La mécanique du cœur ça sort mi octobre 2012, ça as prit un peu de retard pour des raisons techniques, je crois qu’ils ont voulut passer à la 3d.Ca c’est pour les gros projets, après il y a eu évidemment  comme beaucoup d’autre dessinateur un aspect un peu plus alimentaire, sur la série animée. Il ne s’agit pas de minimiser le truc, craché dans la soupe mais bon c’est vachement plus formaté. Tu vois quand on te dit tu vas faire du mainstream, ouai mais je verrais bien c’est du mainstream,tu t’en tiens à ça .On a bossé sur des projets comme le petit prince en 3d

On est toujours globalement dans un environnement de création, après pour revenir à la question sur ce qui touche à la bd, à un moment à force d’imaginer des choses, d’être solliciter et malheureusement souvent bridé aussi, tu as envi d’un petit de t’affranchir et puis de raconter tes histoires. Puis voila nous c’est passé par un conte un peu enfantin Geminis Panico et c’est un premier tome où l’on s’est surtout attaché à camper une ambiance, l’ambiance générale, le ton de cet univers. C’est une sorte de mise en place.

Stéphane : tu as eu le temps de le lire ? Qu’est ce que tu en pense ?

FNI : Moi ce que j’ai trouvé, c’est qu’il y a des pages juste au niveau du dessin, le contraste entre certaine pages qui sont très numérique alors que certaine autre que j’ai préféré car elle avait un aspect plus dessin avec un esprit conte. Par exemple, les pages 10-11 sont très contrastés avec d’un coté une page à l’aspect très numérique avec un dessin très épuré et des couleurs à l’ambiance SF alors que la page 11 fait plus dessin tradi et nous plonge dans une ambiance de conte.

Stéphane : Ben c’était un peu voulut. On voulait qu’on retrouve les ambiances. Déjà tout est en numérique donc y a pas de trame

Robert : La base du dessin ça reste du crayon.

Stéph : On fait le pré découpage au crayon et après on se partage les planches. Mais c’est plus pour des raisons de temps parce que si on avait pu faire tout en tradi on l’aurait fait mais malheureusement, il fallait qu’il soit prêt pour Angoulême. Cela te permet d’aller plus vite le fait de se baser sur cette technique.

Robert : Après les lecteurs, ce n’est pas qu’ils s’en fichent mais ça les concernent pas forcément la réalité d’une bd. En tout vas pour celle-ci, on le fait en marge d’une production. Donc si tu veux, ça reste en dehors des considérations, j’aime, je n’aime pas. Juste en terme de travail pur quand tu as une production et qu’en plus tu as quelque prétention en tant qu’auteur de bd, c’est vraiment top. Et puis par moment le temps est pas compressif, faut dormir un petit peu. Ce n’est pas pour chercher des excuses .

FNI : On voit bien que le début c’est la mise en place du scénario, mais c’est vrai qu’à la fin ça donne vraiment envie de voir la suite.

Robert : Non beh je reprends ce que disait Steph, c’est un peu fait exprès    

Stéphane : C’est vrai qu’on aurait voulut, dans notre tête on a déjà les quatre tomes mais en même temps on ne peut pas tout donner des le premier. Donc faut déjà camper l’univers et  après on développera, il y aura une progression qui se fera tout naturellement et effectivement au départ il ya plein de chose qu’on ne comprend pas par ce qu’on découvre.

Robert : Si il y a certain point qui peuvent sembler confus la maintenant, c’est des choses qui normalement devrait s’éclaircir. On est déjà sur le 2 mais tout ce qui un peu en filigrane, en suspension sera révélé ou développé par la suite. C’est pour cela que je te disait tout à l’heure que pour ce tome on s’est surtout attacher à camper une atmosphère .Et puis après d’un point de vue plus technique ça à été aussi le fait qu’on a un peu essuyer les plâtres  parce que faut mettre en place  une manière de bosser etc..Donc tout ça va s’affiner.

Steph : On est déjà content de ce que l’on a fait. On n’a pas la honte. Après que ça plaise ou que ça ne plaise pas, c’est chacun ses gouts.

FNI : Au niveau l’univers je trouvais vraiment que c’est une création qui mélanger la science fiction à l’esprit des contes

Stéphane : ouai ya de ça

FNI : et au niveau des influences de cet album ?

Stephane : Il y en a plein. Elles peuvent être musicales, cinématographique. Je veux dire ce n’est pas forcement que de la bd. Après on pourrait en citer mais c’est toujours délicat parce qu’en général, c’est des mecs qu’on respecte tellement qu’on n’a pas envie de se comparer à eux. Mais ouai il ya plein de chose qui nous plaisent.

Robert : y en a vraiment trop, après c’est comme tout le monde  il y a des trucs qui te nourrissent quand tu es gamin. Pour l’anecdote, hier soir on était comme deux abrutis à table, on était à coté de Juan Gimenez. Tu vois le mec, putain sa déchire. Et le mec est super sympa, super accessible. Il ne se prend pas la tête, il ne se la raconte pas. Donc il y a une espèce de truc assez indéfinissable et étrange d’être de l’autre coté de la barrière. Et pour en revenir à ta question, on s’est nourrit d’un tas de chose mais tout ça on s’est pas amusé à prendre un certain nombre de référence précise sur lesquels on s’appuierait par exemple pour créer ça. Le truc vient relativement naturellement après ce n’est ni un copier collé ni une sorte de révolution .On a choisit de camper une ambiance et après il y a des codes qui forcement font penser à des références, tu l’as dis toi-même à la seconde guerre, à ce genre de chose parce que voila théoriquement ça doit parler au plus grand nombre.

FNI : Pourquoi des jumelles ?

Stéphane : C’est des jumeaux, un garçon qui a les cheveux longs et une petite fille. Mais c’est vrai qu’on peut confondre.

Robert : En fait il y a une ambiguïté qui est entretenue, mais ça c’est fait exprès.

Stéphane : En même temps il y a des mecs aux cheveux longs, ça existe aussi.

Robert : Ah bon ?

Stéphane : Donc pourquoi des jumeaux ?

FNI : Et bien ça aurait pu être un enfant en particulier.

Stéphane : Non, non, ça a vraiment une importance, mais qui sera révélée petit à petit. Mais oui la différence est très importante.

FNI : Et le fait d’être passé d’abord par une animation avant d’arriver sur la bande dessinée, pour votre premier album, ça vous a beaucoup influencé par rapport à votre manière de travailler.

Stéphane : Ouais déjà dans la méthode parce que, tout ce qu’on a fait dans les dizaines d’animations pour des films, ou de la série télé, on bossait déjà comme ça. C’est-à-dire, qu’on se repassait les dessins, les illustrations. Donc finalement on a appliqué cette espèce de cuisine qu’on a tous les deux, et on l’a appliqué à l’album. Donc effectivement, sur le plan graphique, ça nous a influencés, dans le sens où on a continué à bosser avec cette méthode. Je fais un truc je lui passe, il fait un truc il me le passe, toute la journée jusqu’à ce que les deux disent ; Bon aller hop ! On passe à autre c’est bon. Mais ouais ouais ça nous a influencé parce qu’on bossait déjà comme ça.

FNI : Au début quand vous avez créé le concept de cette bande dessinée, c’était plutôt pour quel genre, quel type de public ?

Robert : Bon en faite ça semble un peu contradictoire, mais on ne ciblait pas un public spécifique, et en même temps on voulait vraiment que ça puisse être, lu et « senti » , aussi bien par un enfant de 10-12 ans, que par un adulte, voir papi et mamie, pourquoi pas.

Stéphane : On s’est vraiment attaché au fait que on avait envi que les enfants puissent le lire aussi, parce qu’on se souvenait des émotions que nous ont procuré, des films et des bouquins quand on été gamins, et c’est tellement puissant qu’on se disait que ça serait dommage d’en faire un truc simplement pour adulte. Bon après on a quand même fait gaffe à justement, même si le sujet est assez grave, à essayer de faire attention à ce que ça puisse quand même être lu par des jeune lecteurs, enfin des  jeunes de 10-12 ans.

Robert : Ouais c’est peut-être un peu trop sombre des mouflets de 6 ans par exemple.

Stéphane : Et encore que, quand tu vois des Walt Disney…, où on les voit s’arracher le cœur, c’est super gore quoi. Ouais ça dépend. En tout cas, c’est clair que c’est un message qui peut être passé aux enfants, et qui va toucher autant les adultes, ça nous tient à cœur quoi, on n’avait pas envi de faire une BD simplement adulte. Donc c’est pour ça qu’il y a une certaine naïveté qu’on revendique et qu’on assume.

FNI : Justement par rapport au message, ça vous est venu dès le début, la volonté qu’il y est ce message dans l’album, ou bien c’est venu au fur et à mesure ?

Stéphane : Bin c’est un peu la base de tout je pense, c’est ce que tu veux véhiculer, consciemment et inconsciemment, ça reste quelque chose d’assez sensible.

FNI : Le projet est parti de là ?

Robert : Ouais, il y a eu des rencontres, des connaissances, et puis des discutions qu’on a eu en fait. Le genre de discutions que tu as en pleine nuit à 2 heures et demi du matin, ou en dinant tout simplement, sur des thèmes un peu métaphysiques, ce genres de chose. Puis en fait naturellement à force de discuter, discuter, discuter, il y a des choses comme ça qui ont commencées à émerger, et c’est à partir de ces discutions que la trame a commencé à se mettre en place, et que cette histoire est née.

Stéphane : Et puis après il y a ce que tu souhaites faire passer, tu vois comme message, mais il y a aussi ce que le lecteur ressent naturellement, donc il y a peu être d’autres choses qui vont être ressenties auxquelles nous on n’avait pas pensé. On avait quand même une petite idée du type d’histoire qu’on voulait raconter. Peu être que après on ferra des trucs plus hard cor.

FNI : Donc pour vous dans vos têtes cette étape est close ?

Robert : Alors il y a les 4 volumes on sait où l’on va, là on est sur le 2 déjà, mais si tu veux en terme de trame sur les 4 volumes, oui le socle est établi. Maintenant on ne s’est pas amusé à tout figer au mot près, c’est-à-dire que l’on a notre trame mais on se laisse quand même une marge de manœuvre de manière à pouvoir, en cour de route, laisser la place à la possibilité d’une nouvelle idée, ou de nouvelles idées, enfin d’ajouts, de légères modifications, ou réajustements. Donc voilà la trame est là. On sait où l’on va. Maintenant la manière d’y arriver …

Stéphane : Elle peut encore changer.

Robert : Voilà. Mais on en dit pas plus. C’est bien une phrase à 2 balles ça ; mais on en dit pas plus.

FNI : Et vous avez d’autres projets en parallèle ?

Stéphane : Non, on aimerai bien mais on peut pas.

Robert : On est en train de finir là. On a embraillé sur le deuxième tome. Et en fait on est sur un autre projet, qu’on va présenter, bientôt.

FNI : Mais vous n’en dites pas plus.

Robert : Je pourrais, mais va présenter un autre projet à Glénat, si tout va bien, début mars, pour peu qu’ils y portent un quelconque intérêt. On embraillera là-dessus.

FNI : En tout cas merci.

Robert & Steph : Bin merci à toi.

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Un commentaire

  1. J’adore le graphisme de ces deux co-scénaristes & co-dessinateurs, auteurs de « Geminis Panico »! Pour les avoir rencontrés lors d’une séance de dédicaces à Châreauroux le 11.02.2012, je peux dire que leur façon de travailler « à quatre mains » est originale & étonnante!
    .Chris.G

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