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Interview de Jean Réno dans  » Comme un chef  »

Nous vous invitons à découvrir le tout dernier film de Daniel Cohen avec Jean Réno et Michael Youn qui nous entrainent dans l’univers raffiné des grands restaurants parisiens pour le film  » Comme un chef « .

 

L’histoire du film

Jacky Bonnot, 32 ans, amateur de grande cuisine, au talent certain, rêve de succès et de grand restaurant. La situation financière de son couple le contraint cependant d’accepter des petits boulots de cuistot qu’il n’arrive pas à conserver. Jusqu’au jour où il croise le chemin d’Alexandre Lagarde, grand chef étoilé dont la situation confortable est mise en danger par le groupe financier propriétaire de ses restaurants…

Interview de Jean Reno à l’occasion de la sortie du film   » comme un chef « 

Quel rapport entretenez-vous avec la cuisine ?

J’ai la chance de faire un métier qui donne l’occasion de voyager et ouvre quelques portes. Ma première vraie découverte de la cuisine, c’était voilà plus de vingt ans sur une tournée avec Darry Cowl, dans une pièce de Labiche mise en scène par le regretté Andréas Voutsinas, « Célimare le bien-aimé » dans laquelle je jouais l’un des deux cocus. Nous sommes partis sur les routes pour plus de 100 dates dans toute la France et le directeur de la tournée.Monsieur Baret, connaissait chaque bonne table de chaque ville ! Du coup, j’ai eu droit à un parcours initiatique culinaire de connaisseur. Le fait est que j’aime bien manger. La nourriture est importante, mais le fait de la partager aussi. C’est à table que beaucoup de choses se nouent, particulièrement l’amitié. On ne mange pas avec ceux que l’on n’aime pas. Il y a donc ce rapport particulier à la nourriture. L’affectif n’est pas loin, que ce soit lorsqu’il s’agit de ceux avec qui l’on mange, ou de ceux pour qui l’on cuisine.

Qu’est-ce qui vous a tenté dans ce projet ?

L’univers de la cuisine, les valeurs humaines de l’histoire, mais aussi l’idée de jouer avec Michaël Youn. Je l’ai croisé plusieurs fois dans ma vie et depuis le début, je sens qu’au-delà de l’image provocatrice dont il joue, on trouve un homme d’une extrême intégrité et d’une grande sensibilité. Notre rencontre me l’a confirmé, il est d’une grande intelligence et fait preuve d’une profonde honnêteté intellectuelle et artistique. La rencontre avec Daniel Cohen a aussi été décisive, ainsi que le fait de retrouver Gaumont avec qui j’ai une vraie fidélité.

Comment avez-vous approché votre personnage ?

Des Alexandre Lagarde, j’en connais quelques-uns. J’ai la chance d’être ami avec quelques grands chefs que je ne côtoie pas que pour leurs plats. Ce sont des personnalités, des caractères. Ils sont passionnants à observer et à écouter. Quand vous évoluez à ce niveau, plus rien n’est le fruit du hasard. Ce sont des ténors. Songez que sur les dizaines de milliers de restaurants que compte notre pays, seule une petite douzaine affiche trois étoiles. D’une simple pomme de terre, ils nous font des mets incroyables ! Ce sont vraiment des gens à part. Ils sont en proie au doute et à une pression extraordinaire. Tous ont des destins, du plus sombre au plus lumineux. Vatel, le concepteur des festins de Louis XIV, s’est tout de même suicidé parce que la livraison de poissons pour le banquet du roi était en retard. Quelle passion faut-il pour aller jusqu’à ces extrêmes ? Et ils sont encore nombreux de nos jours, les chefs de ce niveau. Pour mon personnage, lorsqu’il est en cuisine, j’ai souhaité qu’il ait toujours une serviette roulée à la main – un peu comme la baguette d’un chef d’orchestre – qui lui permet de nettoyer les bords des assiettes avant de les envoyer vers la salle. J’aime beaucoup cette idée de perfection, cette volonté de finir la présentation par une ultime retouche. Je trouve cela extraordinaire. Ce n’est pas quelque chose que l’on fait à la maison, du plan de travail à la cuisine… mais je suis sûr que les vrais chefs le font, eux, même en privé. Je trouvais ce symbole représentatif et je souhaitais le faire valoir.

Au début du film, votre personnage traverse une situation délicate…

Délicate et très réaliste. Pour ceux qui sont au sommet, la perte d’une étoile, le déclin d’une notoriété, c’est à la fois une catastrophe humaine et économique. Des chefs se retrouvent régulièrement dans cette situation. Le regretté Bernard Loiseau s’est même suicidé pour cela. Non pas parce qu’il était endetté, mais parce qu’il a perdu une partie de ses distinctions. Comme si on l’avait rejeté d’un club. Il y a aussi ceux qui investissent ou empruntent tellement qu’ils sont condamnés à un succès impossible. Ils sont contraints de courir plus vite que leur ombre, deviennent des hommes d’affaires et en oublient ce qui leur a donné le goût de ce métier. Mon personnage en est là. Il n’est plus le patron chez lui, il se bat pour garder la tête hors de l’eau. Il devient difficile de trouver sans cesse l’inspiration lorsque l’on perd tout contrôle. Je trouve intéressant que même dans une comédie, on parle de cette réalité-là. sont eux qui me le donnent. Les voir adhérer à notre mensonge, à notre comédie était très motivant. Ils étaient aussi heureux parce que nous étions tous décidés à faire honneur à leur milieu. Il y avait un échange très fort, avec un professeur toujours présent, déguisé dans un coin, qui nous conseillait sur ce que l’on pouvait faire ou pas, sur les gestes techniques. C’était passionnant.

Comment s’est passé le jeu avec Michaël Youn ?

Dans la bonne humeur et la complicité. Je n’ai jamais eu de doute à son sujet, la qualité humaine est là. Nous avons beaucoup parlé, du métier et de la vie, et c’est une belle rencontre. Il est dans l’énergie. J’étais très heureux. Pour la scène de la dispute par exemple, lorsqu’il se fâche après moi, tout s’est passé très naturellement. Il fallait la jouer ainsi. Je sentais chez Michaël un respect, une affection qui ne l’empêchaient pas d’y aller franchement !


Comme un chef – Bande annonce par francenetinfos

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