Accueil / Culture / Deux mondes à La Pinacothèque de Paris, Giacometti et les Etrusques

Deux mondes à La Pinacothèque de Paris, Giacometti et les Etrusques

Plus que quelques jours pour pouvoir profiter d’une des expositions les plus attendues par les amoureux de la sculpture du monde entier et qui propose de revisiter l’oeuvre du célèbre peintre et sculpteur Alberto Giacometti (1901-1966) en la faisant dialoguer avec ce qui serait l’une de ses sources d’inspiration, l’art Etrusque.

AP. giacometti-pinacotheque-expo

Pour beaucoup, la civilisation Etrusque n’évoque que peu de choses. Mais grâce à cette exposition, le public peut découvrir un peuple d’une extrême richesse artistique et très en avance sur beaucoup d’autres qui lui étaient contemporains.

Le premier étage de l’exposition est en effet entièrement consacré au peuple Etrusque et aux quatre grandes phases de son histoire, de la période villanovienne (IXème – VIIIème siècle avant JC) à la période héllénistique (340 – fin du 1er siècle avant JC). Une histoire dense, longue et foisonnante d’un point de vue artistique qui n’a rien a envier à ses illustres voisins Romains et Grecs. Les amateurs d’histoire de l’art seront ici comblés de découvrir des poteries, vases, canopes, fibules et autres stèles funéraires qui ne sortent que rarement des réserves des musées florentins, et les autres découvriront de façon pédagogique et chronologique un peuple dont ils ignoraient tout.

L'Ombre du Soir, 350-300 av.J.-C, bronze, h. 57cm, Museo Etrusco Guarnacci - Volterra, © Photo: Arrigo Coppitz
L’Ombre du Soir, 350-300 av.J.-C, bronze, h. 57cm, Museo Etrusco Guarnacci – Volterra, © Photo: Arrigo Coppitz

La découverte de cette civilisation semble avoir eu lieu en 1955 pour Giacometti, lors d’une exposition au Louvre. Un choc pour l’artiste pourtant élevé, grâce à son père, dans une atmosphère d’émulation artistique permanente – comme le visiteur le découvre plus tard dans l’exposition – et d’autant plus grand que Giacometti fréquente déjà à cette époque des artistes cubistes. Pour aller plus loin dans la découverte de ce peuple mystérieux qui trouve immédiatement un écho en lui, l’artiste se rend en Toscane, sur la terre des Etrusques. Il y découvre alors L’Ombre du soir, statuette de 57 cm de haut réalisée 350 ans avant JC. Fine et puissante comme le seront les sculptures de Giacometti. Il est impossible de dire si l’artiste s’en est directement inspiré, même si la parenté entre cette dernière et le travail de Giacometti semble évidente. Comme tous les artistes, son parcours se nourrit d’expériences et de rencontres, d’oppositions et de rapprochements. Réduire son travail à cette seule source d’inspiration serait un peu facile. Cette petite statue l’a t’elle bouleversé au point de modifier son œuvre ?

L'Homme qui marche I, 1960, bronze, 183 x 26 x 95,5 cm, Collection Fondation Maeght, Saint-Paul-de-Vence, © Succession Giacometti/ADAGP, Paris 2011 © Photo: Claude Germain
L’Homme qui marche I, 1960, bronze, 183 x 26 x 95,5 cm, Collection Fondation Maeght, Saint-Paul-de-Vence, © Succession Giacometti/ADAGP, Paris 2011 © Photo: Claude Germain

L’exposition de la Pinacothèque n’a pas pour but de répondre à cette question, mais simplement de la poser. La deuxième partie de l’exposition s’attache un peu plus au travail de Giacometti et permet d’illustrer cette question en mettant clairement en scènes ses oeuvres, dessins ou sculptures, au milieu d’oeuvres Etrusques. Certains y verront peut-être une certaine facilité car les confrontations sont très à la mode actuellement dans le monde des expositions. D’autres seront peut-être déçus de ne voir que peu d’oeuvres de Giacometti (une trentaine pour quelques 150 objets Etrusques) mais il ne s’agit pas ici d’une rétrospective. La Pinacothèque propose au visiteur un certain éclairage. Parfois touchant lorsqu’il regarde les dessins de Giacometti dans les divers ouvrages d’histoire de l’art de la bibliothèque familiale. Parfois curieux en découvrant toute la variété de l’art Etrusque. Parfois juste émerveillé devant l’énergie toujours vibrante et l’esthétisme incroyable des Femme de Venise . Une chose est néanmoins certaine. Chez Giacometti comme chez les Etrusques, la pureté de la ligne est primordiale. Travaillée et retravaillée de façon presque obsessionnelle chez le premier dans une quête évidente de perfection, ou plus fluide chez les seconds, elle reste d’une grande modernité.

Quoi qu’il en soit, l’art n’a pas pour but de fournir des réponses, cela serait trop simple. Il interpelle, questionne et c’est au spectateur de se faire sa propre opinion.

Plus d’infos sur : http://www.pinacotheque.com

A propos Agence

A lire aussi

42eme rue et comédies musicales Vol 1 1935-1968 : un livre et un vinyle de référence sur la comédie musicale

Depuis quelques années les comédies musicales connaissent un formidable regain de popularité, toutes générations confondues. ...

Lire les articles précédents :
Tuer le père : Amélie Nothomb

 L'illusion des apparences, les jeux de hasard sont des éléments indissociable du monde de la ...

Le Havre et 1517, Une même ambition

  Olivier bouzard, Créateur de studio 1517 Né au Havre en 1971, Olivier Bouzard aime ...

Le retour de la série désormais culte de France 2 !! en DVD

Les Lepic et les Bouley sont voisins, mais ils n’ont pas les mêmes valeurs. Pour ...

Fermer