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L’ignorance : Kundera

Au coeur de l’actualité, le statut de l’émigré est décrit avec simplicité par l’auteur Kundera. Son roman débute par un rapprochement du plus illustre émigré qu’est Ulysse avec les émigrés bannis de toutes les régions du monde.

L’auteur, par le biais de deux émigrés, deux personnages qui diffèrent par leurs âges, leur sexe et leur passé, démontre l’ambivalence d’un retour à un passé oublié pendant vingt ans. Durant cette fuite, Irena et Josef se réfugient dans des pays qui les accueillent avec un regard paisible. Irena a fui en France et Josef au Danemark, ils se construisent des vies avec difficulté mais arrivent à se reconstruire même si l’adversité joue contre eux. Ils ont enfin oublié la dictature du communisme qui étouffe Prague.

Mais heureusement, les dictatures meurent un jour. Les personnages doivent retourner dans leur pays car leurs amis européens ne comprendraient pas qu’un émigré puisse détester un pays qu’il ne connaît plus.

Les cultures sont différentes. Irena et Josef tentent de cerner les changements produits dans leur ancienne nation. Mais ils se heurtent à des murs de silence. Ils sont devenus apatrides.

Kundera dépeint l’incompréhension des émigrés devant le silence de leur peuple. Chacun s’est muré dans une sorte de rupture. Les deux personnages rejoignent dans leur propre pays des déracinés qui ne l’ont pas quitté  mais dont celui-ci les a quitté. Certains, partisans du communisme, oublient leur passé pour laisser place à la démocratie. Certains, devenus amnésiques, rejettent leur histoire pour admirer la nouvelle qui se dessine.

Irena et Josef veulent exister avec ses vingt ans difficile, mais on leur interdit toute existence. Tout doit se reconstruire comme avant, avant cette dictature du communisme. Ces vingt ans de communisme doivent être gommés.

Ce roman sonne comme un  cri de détresse de ces émigrés qui ne sont ni acceptés dans leur pays d’accueil ni reconnus dans le pays qu’ils ont quitté. La grande Histoire efface dans un silence douloureux les histoires individuelles.

Voici quelques citations tirées du roman

 » Si horrible qu’elle soit, une dictature fasciste disparaîtra avec son dictateur, si bien que les gens peuvent garder espoir. »

 » Les dictateurs sont périssables, la Russie est éternelle. C’est dans une absence totale d’espoir que consiste le malheur des pays d’où nous venons. »

 » Les forces implacables de l’Histoire qui avaient attenté à sa liberté l’avaient rendue libre. »

 » Car la nostalgie n’intensifie pas l’activité de la mémoire, elle n’éveille pas de souvenirs, elle se suffit à elle-même, à sa propre émotion, tout absorbée qu’elle est par sa seule souffrance. »

 » Émissaire des cimetières (des cimetières de la patrie), elle était chargée de la rappeler à l’ordre : l’avertir que le temps presse et qu’il faut que la vie finisse là où elle a commencé. »

 » Se souvenant maintenant de tous ces adieux ( faux adieux, adieux postiches) elle se dit : qui a raté ses adieux ne peut attendre grand-chose de ses retrouvailles. »

 » Est-ce qu’à l’étranger sa mémoire a perdu son influence nocive ? Oui ; car là, Josef n’avait ni raisons ni occasions de s’occuper des souvenirs liés au pays qu’il n’habitait plus; telle est la loi de la mémoire masochiste : à mesure que des pans de sa vie s’effondrent dans l’oubli, l’homme se débarrasse de ce qu’il n’aime pas et se sent plus léger, plus libre. »

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