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De la Saint-Valentin Jusqu’à la garde

C’est mardi et c’est la news introspective qui va animer votre Pause café. Celle qui vous permettra de boire votre double expresso en toute tranquillité (et au passage de vous la péter en mode « Moi j’suis dans la hype, j’ai des sujets de conversion de ouf « ).

A la veille de la Saint-Valentin, que vous soyez en couple ou non depuis longtemps, il est difficile ne pas succomber à la tentation de faire un bilan sur votre relation sentimentale. On connait tous le refrain « Les histoires d’amour finissent mal… en général ». Alors quitte à se confronter à vos doutes affectifs les plus enfouis, autant imaginer le pire. Et si tout se passait bien Jusqu’à la garde. A cause d’une dispute de trop, d’un geste de trop, de la peur de l’autre…

Le couple Besson est en instance de divorce. Ils ont deux enfants : l’ainée Josephine (Mathilde Auneveux) en pleine crise d’adolescence, et le petit Julien (Thomas Giora) trop mature pour son âge. Miriam Besson (Léa Drucker) a le soutien de ses enfants. Antoine Besson (Denis Ménochet) refuse le divorce. Le tableau se veut classique d’un couple à la dérive. Le traitement sera d’autant plus clinique.

Jusqu’à ce que la mort nous sépare

La scène d’introduction rappelle fortement celle de La loi du marché Vincent Lindon était confronté à un système déshumanisé pour retrouver un emploi. Miriam veut retrouver sa liberté. Quelque chose s’est brisé dans ce couple. Un non-dit qui empoisonne la vie de chacun, contamine celle de la famille environnant, culpabilise le quotidien des amis. L’horreur est palpable, le danger prêt à sévir à tout moment. Derrière le silence, deux âmes torturées, blessées, humiliées. L’une crie à l’aide, l’autre crie sa détresse. La faute à qui ?

Julien (Thomas Giora) : entre résignation et provocation, la peur du lendemain.

Xavier Legrand expose les défaillances de notre système judiciaire sur les violences aux femmes. Les répercussions sinueuses qui troublent le rôle attitré de victime. Miriam n’est pas une sainte. Antoine n’est pas un monstre. Tous deux évoluent dans une zone grise alimentée par l’absurdité d’une société qui se dit protectrice, mais se perd dans une législation où la présomption d’innocence est respectée jusqu’à provoquer l’inévitable. Qui croire quand les preuves manquent, quand la parole des enfants est jugée manipulable, quand vos proches sont dans un déni total ?

Jusqu’au drame évitable

Jusqu’à la garde débute comme un documentaire et se termine en thriller. Vous n’en sortirez pas indemne. Les larmes aux yeux, les poings serrés, pétri par une rage indescriptible qui laissera place à une douloureuse culpabilité. Car vous avez craint le pire, et vous n’avez rien fait. Derrière une mise en scène hitchcockienne, un traitement Haneckien, Xavier Legrand porte très bien son nom. Un cinéaste à suivre de près.

Jusqu’à la garde de Xavier Legrand
Avec : Léa Drucker, Denis Ménochet, Mathilde Auneveux, Thomas Giora
En salle depuis le 7 février

 

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