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Une vie en plus : Janine Boissard

Combien de femme active, mère au foyer, surbookée, ont désiré jeter l’éponge, arrêté de courir pour profiter de la vie ? Nombreuses gardent, dans un coin de leur esprit, l’envie de posséder du Temps pour vivre. Janine Boissard accorde à son héroïne le pouvoir de changer de vie.

Adeline a trente-neuf ans quand elle décide de plaquer son travail qui a occupé les trois quarts de sa vie. Elle réalise qu’elle n’a pas vu ses enfants grandir, qu’elle a été une étrangère dans sa propre maison.

Cette décision met en évidence un futur déséquilibre dans la famille. Une famille a qui tout réussi en apparence. Le retour de la mère prodigue va-t-il suffire à détendre les tensions muettes?

Adeline va pouvoir réaliser un rêve d’enfant brisé par un homme. Cette passion accompagne tout le roman. Grâce à une rencontre avec un pianiste, elle va entreprendre d’accomplir le rêve de sa vie.

Janine Boissard est une romancière de la famille, elle en aborde toutes les failles, comble les manques et souligne les liens de la transmission inter-générationnelle.

Ce roman est celui d’une affirmation de soi dans ces choix. La volonté de rompre la spirale de l’enfermement est omniprésente. La femme active est brisée par une vie de contraintes qu’elle a aimée et déteste à un moment T de son existence. Par chance, elle peut arrêter de travailler. L’héroïne est une actrice de son temps, qui vit avec ses rêves et ses désillusions. Elle ressemble à de nombreuses lectrices qui forcent leur destin pour avancer. Il est évident que si ce roman est une ode à la liberté, il n’est pas réalisable pour de nombreuses employées. La victoire de cette narratrice se résume dans l’aboutissement de la représentation de son opéra-rock, le soutien et la compréhension de sa famille.

Je vous rassure, on ne découvre pas une famille dite « carte postale » malgré un désir affiché par la narratrice de nous plonger dans les images d’Épinal. La famille subit des contraintes, des aléas de la vie, joie de famille recomposée, enfants en rupture… Une famille moderne.

Comme l’auteur le souligne à la perfection, le lecteur entre dans un épisode de Desperate Housewife à une exception près cet épisode porte le doux nom de « Happy Housewife ». Joli clin d’œil.

Ce roman est un roman féminin qui donne un moment de détente agréable et permet à chaque lectrice de sortir de son enfer « mère-femme-employée ».

Voici quelques citations tirées du roman:

 » J’arrête de travailler.

Alors que tant de femmes, par goût ou par nécessité, ne rêvent qu’à en sortir, je rentre à la maison.

Je cesse de courir, l’œil sur ma montre et mon ordinateur, enchaînée à un carnet de commandes, j’assortis mes journées à la couleur du ciel, je ne laisse plus au jardinier le plaisir de ratisser les feuilles mortes en faisant craquer l’automne comme gaufrettes grillées à point. »

 » Parler, se parler, communiquer, échanger, ne pas laisser s’installer le silence et après c’est « trop tard ». Parler en allant au fond des choses, au cœur du problème, en exprimant le fond de sa pensée, sans tricher, esquiver ou se dérober, quoi qu’il nous en coûte. »

« Et un écrivain dont j’ai oublié le nom a dit qu’une vie réussie était un rêve d’enfant réalisé. C’était le cas pour Mathis, et ce serait bientôt le mien. »

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