À la croisée des cultures et de l’imaginaire, La Légende de Hakutaku, nous plonge dans un récit jeunesse aussi poétique que nécessaire. Inspirée d’une légende chinoise et revisitée avec une sensibilité proche du manga, l’autrice Alba Cardona livre une histoire d’acceptation, de différence et de transmission.
À retrouver depuis le 12 mars 2026, publiée aux éditions Jungle, sens de lecture manga ! (+8)
Dans un village de montagne, Yuki grandit avec le poids d’un passé tragique et d’un regard des autres qui la rejette. Mais derrière les peurs et les croyances, se cache peut-être une vérité bien différente…

Le décor
Selon la légende, chaque catastrophe serait précédée de l’apparition d’un Hakutaku. Une créature devenue, au fil du temps, le symbole du mauvais présage.
À l’école, Daï raconte le chaos qu’a subit son village avec une énergie moqueuse. Tout le monde parait amusé sauf Yuki, qui écoute autrement, les larmes aux yeux. Marquée par le drame qui a emporté ses parents, elle ne peut détacher cette histoire de son vécu. Autrefois proches, Daï et elle se sont éloignés. Lui qui faisait l’effort de comprendre son langage des signes, semble aujourd’hui incapable de la regarder autrement qu’une gamine qui aurait été frappée d’une malédiction. Le poids des croyances des villageois a pris le dessus !
Pourtant, Yuki porte un rêve : devenir cheffe du village, comme sa grand-mère avant elle. Une ambition qui dérange les villageois, et attise la jalousie de Daï. Lors du festival de fin d’année, la tension explose. Une dispute éclate, entre les deux enfants. Et c’est en fuyant en colère, que Yuki s’enfonce dans la forêt… jusqu’à se retrouver face à ce que tous redoutent : un jeune Hakutaku !!!!

Le point sur la BD
Avec La Légende de Hakutaku, aux Editions Jungle, Alba Cardona propose un véritable pont entre les cultures. L’autrice barcelonaise s’approprie une légende chinoise pour la réinventer dans une esthétique qui flirte avec le manga et l’animation japonaise, rappelant par moments l’univers de Hayao Miyazaki !!!
Mais ce qui frappe immédiatement, c’est le travail graphique que l’on reconnait entre mille ! Une palette de couleurs douce, presque enveloppante. Cette atmosphère calme, silencieuse, en écho direct au vécu de la protagoniste principale, comme un voile trouble entre ces villageois qui la rejette et elle. On aime les scènes du festival qui explosent de lumières avec les lanternes rouges typiques. Il y a une vraie opposition entre les deux ambiances, et comme les « deux mondes » qui cohabitent dans la BD, sans jamais vraiment se comprendre !
Les personnages sont expressifs, très lisibles, avec des visages ouverts, candides (cf . Emma et les mauvais éléments). Et puis il y a la créature, loin d’être terrifiante, qui apparaît ici comme une présence étrange, presque rassurante. Son design, inspiré du dragon, tranche avec la peur qu’il inspire aux villageois. Un décalage constant entre perception et réalité, entre la différence et l’incompréhension des deux êtres !!

Conclusion
Alba Cardona signe un récit complet, accessible et profondément humain, avec La Légende de Hakutaku, proposée par les Éditions Jungle. Derrière ses airs de conte, l’album aborde avec justesse la peur de l’autre, le rejet et la difficulté de communiquer. Dans la lignée d’un Hayao Miyazaki, l’histoire rappelle que les monstres ne sont pas toujours ceux que l’on croit… et qu’il suffit parfois d’un geste, d’un effort, pour changer un regard.
Une lecture sensible, lumineuse, qui touche autant par sa douceur que par son message pour que les enfants comprennent les personnes malentendantes. Un bref « Savais-tu… » explicatif nous attend en fin de lecture !!
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