Alain Kraft, un bourgeois d’origine modeste, vient effectuer un retrait d’espèces à sa banque. Mais la nouvelle direction indienne de l’établissement lui a bloqué son compte et refuse de le laisser partir, l’accusant d’avoir enfreint la loi en s’étant enrichi et en ayant « changé de caste »…
Après le surestimé Video Club, pourtant nommé aux Molières 2024 de la meilleure comédie, c’est avec une certaine appréhension que je me suis laissé enfermer dans la banque de Cochons d’Inde. L’absurde et Sébastien Thiéry, c’est un quitte ou double tranché : on adore ou on déteste, il n’y a pas de demi-mesure.
Comme d’habitude, le casting est royal : Arnaud Ducret excelle en clown blanc antipathique, Maxime D’Aboville est hilarant en guichetier flippant, et Emmanuelle Bougerol détonne en responsable d’agence caractérielle. Ce superbe trio comique épouse-t-il une intrigue tout aussi réjouissante ? Trois fois oui !
Dès la première minute on s’identifie à Arnaud Ducret, bloqué dans une bulle anxiogène où le temps est suspendu. Avec peu de mots, Sébastien Thiéry étire le dépôt d’un chèque par une mamie jusqu’au malaise. C’est tellement agaçant qu’on compatit aussitôt au cauchemar administratif que va vivre Arnaud Ducret.
Cochons d’Inde est une critique délirante d’un système Kafkaïen déshumanisant. Une charge acerbe contre l’individualisme et le capitalisme. C’est volontairement bête et méchant, tant la cruauté de notre société est bien pire. Et la chute de cet enfermement absurde surprend par sa crédibilité. Un strike de fous rires qui donne à réfléchir.
Cochons d’Inde
Théâtre des Nouveautés, jusqu’au 28 juin 2026.
De Sébastien Thiéry
Mise en scène : Julien Boisselier
Assistante à la mise en scène : Elena Terenteva
Avec : Arnaud Ducret, Maxime d’Aboville, Emmanuelle Bougerol, Frédérique Cantrel et Oudesh Hoop
Décors : Jean Haas
Costumes : Jean-Daniel Vuillermoz
Lumière : Jean-Pascal Pracht
Vidéo : Sébastien Mizermont
Musique : Pierre Tirmont
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