La grue : un huis-clos psychologique implacable

Au cours d’une soirée professionnelle, Sylvia Moreau décède dans des conditions troublantes. Soupçonné de son meurtre, Victor, son mari, est alors incarcéré. Pour assurer sa défense, il fait appel à Stéphanie Rossignol, une avocate réputée féministe.

Accident, meurtre, féminicide ? 2 chaises, 1 confrontation.

La grue est un superbe huis-clos psychologique brut. D’un côté une avocate médiatique féministe, de l’autre un chef d’entreprise aux relents machistes. Tout est binaire, boursouflé par des clichés, ancré dans une incommunicabilité étouffante.

Sylvia et Victor se détestent par convictions, idées reçues, habitudes dues à une société qui se déshumanise aux algorithmes. Sylvia est une extrémiste féministe, Victor est un mâle alpha post #MeToo. Tout est binaire, tout est trop simple.

La grue nous questionne sur nos aprioris sexistes, notre imperméabilité à se faire manipuler. Cyrine Arrar et Stéphane Lecallo impressionnent dans cette danse juridique faite d’animosité et de séduction. On en ressort estomaqué, troublé, peiné par cette démonstration implacable.

La grue est un rappel à l’ordre salutaire sur la banalisation des violences conjugales.

La grue
De Thierry Pochet
Mise en scène Stéphane Lecallo
Avec Cyrine Arrar / Sybille Montagne et Stéphane Lecallo
Théâtre Le Funambule Montmartre, jusqu’au 9 juin 2026

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