« Océan de lumière » : Jean‑François Vinot explore le lien entre nature, cosmos et patrimoine

À la Médiathèque‑Bibliothèque de Laxou, dans le Grand Est, l’artiste Jean‑François Vinot présente jusqu’au 21 février 2026 une exposition au titre évocateur : Océan de lumières.  L’artiste y déploie une méthode inédite, mêlant peinture, photographie et procédés numériques. Lors de notre rencontre, l’artiste s’est confié avec une grande sincérité sur son cheminement, ses inspirations et cette recherche constante d’un langage visuel capable de traduire l’onirisme qui l’habite. Avec Océan de lumières, Jean‑François Vinot invite le public à plonger dans une poésie qui circule entre nature, cosmos et patrimoine institutionnel.

Qui est Jean-François Vinot, en quelques mots ? Est-ce que vous pouvez vous présenter ?Un rêveur doux, sensible, poète du paysage. Quelqu’un qui rêve d’harmonie, de couleurs, de beauté, de poésie. Partager ce qui m’anime, mes visions. J’aime aussi la solitude, les réflexions de la vie. Je vis, je ressens la nature, les paysages, un peu comme un émissaire.

Vous pratiquez ce que l’on appelle la composition numérique. (Un mélange entre peinture, photographie et utilisation des outils numériques) Comment cette idée est-elle née ? Un automne,  j’ai vraiment été émerveillé et illuminé par les différentes couleurs que mes yeux pouvaient observer en traversant les paysages. Des variétés de couleurs toutes plus lumineuses les unes que les autres. La générosité de la nature dans toute sa puissance ! Et je me suis posé cette question : « Comment puis-je associer et rassembler toutes ces belles couleurs et textures que je perçois ça et là dans une composition numérique ? » J’ai sorti mon appareil photo et suis parti en reportage photos dans la nature.

Puis en revenant, dans mon laboratoire, j’ai commencé à découper numériquement, extraire les textures et structures des feuillages qui m’intéressaient, puis les associer sur mon ordinateur. Et ainsi, j’ai réalisé ensuite les premiers tirages pour observer la transformation du virtuel numérique, dans la réalité de la matière. Et les résultats m’ont plu. C’est comme cela que cette aventure a débuté.

Vous avez étudié à l’École d’architecture du paysage. En quoi cette formation influence-t-elle votre travail aujourd’hui ?   L’apprentissage de la lecture du paysage. La connaissance approfondie du monde végétal et de la nature. Les graphismes et couleurs des inflorescences, textures, structures, volumes. Cela m’a vraiment inspiré pour la suite. Mais aussi la découverte des logiciels de dessin et de composition numérique. Également la photographie  » autodidacte » à cette époque.

Quelles sont vos autres sources d’inspiration ? Ce sont les courants artistiques au fil de l’évolution des civilisations : les couleurs primaires utilisées par le peuple Inca, le noir et blanc utilisé par certaines peuplades africaines et plus proche de nous : l’impressionnisme et la peinture utilisée par touches. Je m’inspire également de l’art nouveau et les travaux de recherche sur les formes végétales.

                                                              « Le renouveau après les guerres »

Comment intégrez-vous le numérique dans vos compositions ? À l’aide de logiciels. J’extrais tout ce qui m’intéresse (couleurs, textures, structures) et je les associe pour créer une composition sur un thème végétal et patrimonial.

L’alliance entre architecture et graphisme floral est devenue votre signature. Comment définiriez-vous cette esthétique ? C’est une façon d’évoquer la poésie. Une mise en scène du paysage et des saisons qui nous environnent. Un peu comme les 4 saisons de Vivaldi mises en notes de musique. L’émotionnel et les sens sont sollicités.

La couleur occupe une place centrale dans vos œuvres, souvent inspirées de la nature. Qu’est-ce que cela vous permet d’exprimer ? Je dirais la joie de la Vie. Mon univers intérieur coloré.

Dans l’une de vos interviews, vous évoquez votre goût pour « l’enchantement, la beauté, le bon ». Que vouliez-vous dire par là ? C’est une relation au rêve, à l’onirisme. Mais aussi aux valeurs que dispense la nature, à la fois nourricière et belle dans sa subjectivité de la perception de chacun.

Vous dites aussi aimer les percussions, l’artiste Guem par exemple. Est -ce que la musique exerce une influence sur vos créations ? Oui, pour moi ce sont des sonorités profondes, vibrantes, qui retentissent dans mon corps. Un peu à l’image du tonnerre qui gronde à l’approche de l’orage. Il y a toujours une approche des 5 sens dont l’ouïe et la vibration pour nourrir cette fameuse création. Et le rythme de la musique ancestrale créée une onde d’énergie créatrice nourricière en moi tout simplement.

Votre exposition s’intitule un océan de lumière. Pourquoi avoir choisi ce titre ? Toujours dans la continuité des réponses précédentes, l’océan représente à la fois la magie de la palette variée des bleus que j’affectionne. C’est un élément naturel qui représente 70% de la surface de la terre, il est conséquent. Et la lumière, elle se décompose en 7 couleurs lumineuses que j’affectionne. Donc l’océan et la lumière décrivent indirectement les couleurs que j’aime beaucoup utiliser.

L’affiche principale réunit plusieurs grandes places françaises, dont la place Stanislas. Qu’est- qui vous a conduit à choisir ces lieux emblématiques et que représente-t-il dans le cadre de cette exposition ? Nancy est ma ville de naissance et ma ville de cœur. C’est le point de départ de mes recherches. J’ai tenté de valoriser des parties de son architecture qui me font vibrer ! Maintenant, j’ouvre mes recherches à des développements de dimensions régionales, nationales (Voyage de Stanislas à travers Paris), intercontinentales, avec l’étude de nos origines et un détour avec les anciennes civilisations (l’Egypte, les Mayas.) et leurs mystères dont une toile est ici présente. Une dimension céleste à base de figures simples dont le cercle, la spirale, les vagues, la sphère qui représentent les planètes et les galaxies, la géométrie sacrée des anciennes croyances, mais également le nombre d’or que l’on retrouve dans beaucoup de constructions ancestrales. Je travaille avec cette géométrie et ces courbures particulièrement en peinture qui permettent un mouvement plus fluide que le numérique binaire.

Quels autres thèmes ou univers le public pourra-t-il découvrir ? Maintenant je peins sur mes toiles photographiques composées. Le public pourra apprécier cette nouvelle complémentarité.

Quel est l’œuvre ou le tableau phare de cette exposition ? Personnellement, c’est le tableau qui se trouve en entrant à gauche dans la salle d’exposition de la médiathèque. C’est le premier tableau que j’ai recouvert en partie de traits d’union de peinture sur mes photographies composées. Il s’appelle « Les courants turquoises ».  Il représente les portes d’or de la Place Stan, l’Arc Emanuel Héré, et des statues emblématiques. Tous ces éléments architecturaux sont intégrés dans un écrin de géométrie courbe turquoise qui rappellent les courants océaniques des lagons au fil du courant des marées.

                                                                                                                   « Les courants turquoises »

 

Quel est, au fond, le moteur de cette exposition ? Dévoiler les richesses de notre patrimoine dans une dynamique onirique autour des 4 saisons, des éléments et du cosmos.

À qui s’adresse-t-elle en priorité ? Tous publics Autant les enfants que les grands enfants !

Qu’aimeriez-vous que le public retienne en sortant de « Un océan de lumière ? La poésie, la puissance de la nature qui nous environne.

Pour en savoir plus sur Jean-François Vinot, cliquez ici

A propos Nuncia Dumorné

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Un commentaire

  1. Bravo à notre poète Jean François qui enchante la nature au travers de ses tableaux inspirés.
    Nana

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