Malditos : rencontre avec Céline Sallette et Damien Bonnard

« Malditos », diffusée actuellement sur Max, fait partie des bonnes surprises de la huitième édition du festival Canneseries qui s’est achevée la semaine dernière. Dans cette série de sept épisodes, Jean-Charles Hue embarque le spectateur en Camargue et met en scène un clan gitan dirigé avec autorité par Sara (Céline Sallette). A cause de la montée des eaux, la famille Torrès doit évacuer les lieux mais Sara n’a pas l’intention de se laisser faire. Il est hors de question qu’avec les siens, elle aille habiter dans un logement HLM. Elle va se démener pour trouver une solution. Pourquoi ne pas s’installer sur le terrain de la famille Amaya, dirigée par leur chef, Juan (Damien Bonnard) ? Leurs enfants s’aiment et ont l’intention de se marier. Mais les rancoeurs entre les deux familles sont tenaces et il faut à tout prix que le lourd secret qui unit Sara et ses deux fils ne soit pas révélé au grand jour.

Nous avons rencontré Céline Sallette et Damien Bonnard, les interprètes des chefs de ces deux clans rivaux. Confortablement installés sur un lit d’une chambre du premier étage du Majestic, ils nous ont présenté leurs personnages.

Sara, cheffe du clan Torrès

Dès le début du premier épisode, Sara apparaît comme une femme forte, déterminée, prête à tout pour empêcher que sa famille aille s’installer dans un HLM, comme le préconise la municipalité. « Par la force des choses, Sara est devenue cheffe de son clan, de sa famille. Elle tient une baraque un peu branlante à bout de bras, et elle va donc se retrouver fragilisée et elle va essayer de survivre dans son monde qui s’écroule. »

Juan, chef des Amayas

« Juan est le chef de famille des Amayas, des Andalous. Il fait ce qu’il a beaucoup de mal à faire, c’est-à-dire se débarrasser d’une époque qui n’est plus vraiment d’époque. Chez lui, il y a des traditions, mais elles sont un peu compliquées dans notre monde, parce qu’elles ne correspondent plus à rien. Il un peu trop patriarcal, un peu trop misogyne, un peu trop macho sur les bords, mais il est bien habillé ! »

Deux familles rivales

Comme le dit Damien Bonnard, « Juan paye les pots cassés de ce que fait Sara ». Ils vont tenter de négocier quelque chose ensemble mais « du conflit va naître un autre conflit ».

Dans le deuxième épisode, une scène illustre parfaitement les traditions bien ancrées dans le clan de la famille Amaya et les tensions entre les deux clans.  Juan a invité Sara à un repas où est servie une tête de cochon, mais, comme il n’y a pas assez de places, certaines femmes restent debout et sont réduites à manger les restes du repas, sans que cela ne semble les perturber. Une scène forte qui a marqué les spectateurs de Canneseries qui ont assisté à la projection de l’épisode au Grand Théâtre Lumière. Les comédiens eux aussi s’en souviendront pendant longtemps. « Tourner ce moment était assez jubilatoire parce le banquet était incroyable et que l’ambiance était folle ! Avoir l’occasion de jouer ça, c’était dément ! », nous a confié Céline Sallette. A la fin de la scène, son personnage, Sara, outrée par ce comportement machiste, se lève et jette la tête dans l’assiette de Juan. « Il y a une prise où elle l’a jetée tellement fort qu’elle a brisé l’assiette qui était en dessous. J’ai trouvé ça magnifique. Elle m’a posé cette tête de cochon en me disant : tiens, regarde toi ! », s’est souvenu pour nous Damien Bonnard. « J’ai regardé cette tête de cochon et je me suis dit : Oh putain, t’es vraiment moche ! » , a-t-il ajouté en plaisantant.

Un tournage dans le Var et en Camargue

Si « Malditos » se déroule en Camargue, certaines scènes ont été tournées dans le Var, à Gassin plus précisément. Au début du premier épisode, on fait la connaissance du clan Torrès, propriétaire d’une fête foraine, et confronté aux inondations. « Il y avait une grande fête foraine et on nous avait accordé un petit bout de terrain derrière, comme décor », se souvient Céline sallette.

On pourrait aisément qualifier « Malditos » de série réaliste, tant elle est ancrée dans la réalité des communautés gitanes. S’approprier leur vocabulaire, leur diction était un travail nécessaire pour les comédiens mais il était facilité par le fait qu’ils étaient entourés de membres de la communauté nomade des Yéniches sur le tournage. « J’ai travaillé cet aspect de mon personnage un peu de façon instinctive, en étant avec eux sur le tournage, en les collant. Ils ont une langue mais aussi une énergie vitale qui est vraiment différente de la nôtre. Ils ne sont pas sédentaires. Ils ont une énergie de survie ! ». On ne peut qu’être d’accord avec Céline Sallette quand on voit la série. Chacun des personnages est animé d’une force et d’une énergie, pour sauver l’honneur de sa famille.

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