À une semaine du premier tour de la primaire de la gauche, les cinq candidats — Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel et Ségolène Royal — se sont retrouvés jeudi 1er octobre sur France 2 et France Inter pour leur deuxième débat télévisé. Une confrontation davantage tournée vers les différences de ligne politique, notamment sur les alliances à gauche, l’immigration, l’écologie, la santé et les questions internationales.

Raphaël Glucksmann : une gauche européenne et indépendante de LFI
Raphaël Glucksmann a confirmé une ligne fondée sur une gauche sociale-démocrate, européenne et écologiste. La question du rapport à La France insoumise reste centrale dans son positionnement : il défend une candidature indépendante et exclut un accord électoral avec LFI.
Sur le plan économique et social, il met notamment l’accent sur le pouvoir d’achat et la transition écologique, avec des mesures ciblées pour les ménages qui dépendent de leur voiture pour travailler. Il défend également une réforme fiscale portant notamment sur les transmissions et les héritages.
Olivier Faure : le rassemblement de la gauche au cœur de sa stratégie
Le premier secrétaire du Parti socialiste continue de défendre une logique de rassemblement. Olivier Faure considère que les divergences avec LFI ne doivent pas empêcher certaines coopérations parlementaires, notamment pour faire avancer des mesures de gauche.
Le pouvoir d’achat, les salaires, la justice fiscale et les services publics figurent parmi ses priorités. Il insiste également sur la nécessité de construire une majorité parlementaire de gauche afin de pouvoir mettre en œuvre son programme.
Jérôme Guedj : une gauche républicaine et une rupture avec LFI
Jérôme Guedj défend une ligne qu’il présente comme celle d’une gauche républicaine, universaliste et laïque. Le rapport à LFI constitue l’un des principaux marqueurs de sa campagne.
Il s’oppose à une alliance électorale avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon et entend également mettre l’accent sur les questions sociales. Parmi les propositions évoquées figurent notamment un ISF climatique et un renforcement des aides destinées aux automobilistes qui roulent beaucoup.
Emmanuel Maurel : une gauche sociale, industrielle et souverainiste
Emmanuel Maurel cherche à défendre une ligne davantage centrée sur les questions économiques, sociales et industrielles. Il revendique notamment un projet articulé autour de trois axes : démondialiser, démarchandiser et démocratiser.
Sur le pouvoir d’achat, il défend notamment une revalorisation du salaire minimum, une indexation des salaires sur l’inflation et un encadrement des prix du foncier et des loyers. Il souhaite également favoriser la transition énergétique et l’électrification des usages.
Ségolène Royal : pouvoir d’achat, services publics et diplomatie
Ségolène Royal s’appuie sur son expérience politique et remet en avant plusieurs thèmes traditionnellement associés à son parcours : pouvoir d’achat, services publics, protection sociale et transition écologique.
Elle se distingue notamment par une approche moins centrée sur la rupture avec LFI et davantage tournée vers le rassemblement de la gauche. Sur les questions internationales, elle insiste également sur la place de la diplomatie et de la négociation, notamment dans les conflits internationaux.
Un débat marqué par une fracture stratégique
Au-delà des propositions économiques et sociales, la question des relations avec La France insoumise demeure la principale ligne de clivage entre les cinq candidats.
Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj défendent explicitement une rupture avec LFI sur le plan électoral. Olivier Faure défend au contraire la possibilité de coopérations parlementaires avec les députés insoumis. Emmanuel Maurel et Ségolène Royal mettent davantage l’accent sur la nécessité de préserver une capacité de rassemblement de la gauche.
À huit jours du premier tour, prévu les 9 et 10 octobre, ce deuxième débat aura donc principalement permis aux candidats de préciser leurs différences de stratégie, alors que plusieurs convergences demeurent sur les questions sociales, le pouvoir d’achat et les services publics. Un dernier débat est prévu le 4 octobre sur BFMTV, avant le scrutin.
L'info gratuite en Live Continu 7/7