Tricot, broderie, jardinage, fermentation, couture, cuisine maison… Et si les loisirs de nos grands-mères étaient en train de devenir les nouvelles activités préférées d’une génération en quête de sens ? Depuis quelque temps, le phénomène « grandmacore » s’installe dans la presse internationale et sur les réseaux sociaux. Mais derrière cette esthétique rétro se cache surtout une envie très contemporaine : ralentir, faire soi-même et renouer avec des savoir-faire simples.
Le grandmacore, bien plus qu’une tendance esthétique
Le terme « grandmacore » désigne une tendance qui remet au goût du jour des activités autrefois associées à l’univers de nos grands-mères : tricoter, broder, coudre, jardiner, cuisiner, faire des conserves ou encore fabriquer soi-même certains produits du quotidien.
Le phénomène fait désormais parler de lui au-delà des réseaux sociaux. Le New York Times et NBC se sont notamment intéressés à cet engouement pour les « grandma hobbies », ces loisirs qui connaissent un regain d’intérêt auprès de générations plus jeunes.
Mais réduire le grandmacore à une simple nostalgie serait sans doute passer à côté de l’essentiel.
Car ce qui attire aujourd’hui dans ces pratiques n’est pas nécessairement le désir de reproduire le mode de vie d’autrefois. C’est plutôt la recherche d’un rythme différent.
Dans un quotidien rythmé par les notifications, les écrans, l’urgence et la consommation permanente, prendre le temps de tricoter une écharpe, de faire pousser ses légumes ou de préparer soi-même ses aliments devient presque un acte de résistance.
Retrouver le plaisir de faire
Le point commun entre ces « grandma hobbies » tient finalement en quelques mots : faire plutôt que consommer.
Le tricot permet de transformer une pelote de laine en vêtement. La broderie donne naissance à une création unique. Le jardinage reconnecte directement au rythme des saisons. La fermentation invite à redécouvrir des techniques de conservation anciennes.
Ces activités ont également une autre particularité : elles demandent du temps.
Et c’est précisément ce temps que recherchent de nombreux adeptes du mouvement.
Le grandmacore devient ainsi une manière de ralentir volontairement, de retrouver la satisfaction d’un geste manuel et de voir progressivement apparaître le résultat de ses efforts.
Une réponse à notre monde ultra-connecté
Derrière cette tendance se dessine une aspiration plus large : celle de retrouver une forme de déconnexion.
Les activités manuelles sollicitent la concentration et permettent de sortir, au moins temporairement, du flux permanent des informations numériques. Elles offrent également une satisfaction immédiate mais progressive : on commence avec une matière première, quelques outils et un savoir-faire, puis on construit quelque chose.
Cette dimension explique notamment pourquoi le grandmacore séduit aussi des personnes qui n’ont aucun lien particulier avec les loisirs traditionnels de leurs grands-parents.
Ce n’est donc pas forcément le passé qui revient : c’est notre rapport au temps qui évolue.
Marjolaine : 50 ans de « grandmacore » avant l’heure
C’est justement sur cette philosophie que repose depuis longtemps le Salon Marjolaine Bio.
Alors que le mot « grandmacore » est devenu tendance, Marjolaine défend depuis les années 1970 des valeurs qui lui ressemblent étonnamment : agriculture biologique, fabrication artisanale, jardinage, transmission des savoir-faire, consommation responsable ou encore découverte de nouvelles façons de vivre plus proches de la nature.
Autrement dit, Marjolaine n’a pas attendu que le grandmacore devienne tendance pour défendre l’art du faire soi-même.
À l’occasion de sa 50ᵉ édition, le salon entend même pousser cette philosophie encore plus loin.
L’objectif : faire de l’événement davantage qu’un espace consacré aux produits bio. Ateliers DIY, conférences, rencontres et expériences doivent permettre aux visiteurs de découvrir, d’expérimenter et surtout de transmettre.
Des ateliers pour apprendre… et ralentir
Le développement des ateliers participe pleinement à cette nouvelle manière de concevoir les salons.
Plutôt que de simplement observer ou acheter, le visiteur est invité à mettre la main à la pâte.
C’est toute la philosophie des activités associées au grandmacore : apprendre un geste, découvrir une technique, expérimenter et repartir éventuellement avec l’envie de poursuivre chez soi.
Le succès de ces pratiques repose aussi sur leur accessibilité. Pas besoin d’être un expert pour commencer à jardiner, tricoter, cuisiner, fabriquer ou expérimenter.
Et c’est peut-être là l’une des grandes forces du mouvement : il transforme des savoir-faire parfois considérés comme désuets en nouvelles sources de créativité.
De la nostalgie à la transmission
Le grandmacore raconte également quelque chose de notre rapport à la transmission.
Pendant longtemps, certains savoir-faire se transmettaient naturellement au sein des familles. Une grand-mère apprenait à tricoter, une autre expliquait comment préparer une confiture, conserver des légumes ou cultiver un potager.
Aujourd’hui, une partie de ces connaissances revient par d’autres chemins : réseaux sociaux, tutoriels, ateliers, associations, événements et salons.
La transmission change donc de forme, mais elle reste essentielle.
Le grandmacore remet en lumière des gestes simples qui avaient parfois disparu du quotidien.
Une tendance qui pourrait durer
Comme beaucoup de phénomènes nés ou amplifiés sur les réseaux sociaux, le grandmacore pourrait être considéré comme une simple mode. Pourtant, les pratiques qu’il met en avant répondent à des préoccupations qui dépassent largement l’effet de tendance.
Faire soi-même, consommer différemment, limiter le gaspillage, cultiver son alimentation, apprendre un savoir-faire, prendre du temps ou retrouver un contact avec la nature sont autant de sujets qui s’inscrivent dans des évolutions profondes de la société.
Le grandmacore pourrait donc être moins une mode qu’une nouvelle manière de valoriser des pratiques anciennes.
Et si le véritable luxe, aujourd’hui, était finalement de prendre le temps ?
Marjolaine, un rendez-vous avec le « faire »
Avec sa 50ᵉ édition, le Salon Marjolaine s’inscrit pleinement dans cette évolution. L’événement entend proposer aux visiteurs une expérience faite de découvertes, d’échanges, d’ateliers et de transmission.
Une philosophie qui résume finalement assez bien l’esprit du grandmacore : ralentir, apprendre, fabriquer, partager et renouer avec le vivant.
Alors, plutôt que de parler du retour des loisirs de nos grands-mères, peut-être faudrait-il simplement parler du retour du plaisir de faire les choses soi-même.
À retenir
Grandmacore : tricot, broderie, couture, jardinage, cuisine, fermentation et autres activités manuelles inspirées des savoir-faire traditionnels.
L’idée forte : derrière l’esthétique rétro se cache une aspiration contemporaine à ralentir, créer, transmettre et se reconnecter à la nature.
Marjolaine : 50 ans de défense du bio, de l’artisanat, du jardinage, du faire soi-même et de la transmission des savoir-faire.
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