Les pharmacies françaises sont autorisées à vendre la totalité des médicaments sans ordonnance sur Internet depuis ce vendredi 15 février. Le Conseil d’Etat a décidé d’élargir l’offre de e-commerce qui se limitait jusqu’à présent aux seuls produits en libre accès dans les officines.

Bien que cette initiative ait suscité l’inquiétude des syndicats de pharmaciens qui dénoncent une banalisation du médicament, il s’agit surtout d’un moyen de lutter contre les sites frauduleux dont regorge Internet. Parmi les médicaments les plus contrefaits, les traitements contre l’impuissance masculine, l’obésité ou la grippe arrivent en tête. L’exemple le plus flagrant est celui du Viagra dont 90% des pilules vendues sur la toile ne sont pas des traitements authentiques.
L’OMS estime que plus de 50% des médicaments en ligne sont des contrefaçons. Pour mettre fin à ce commerce illicite, Interpol a lancé l’opération Pangea qui a conduit à la fermeture de 18 000 sites Internet en 2012.
D’après une étude réalisée par l’Ipsos en 2012, seuls 26% des Français se déclaraient prêt à acheter des traitements sans prescription sur la toile. L’attractivité des prix est la première motivation suivie par la possibilité de ne pas consulter de médecin en face à face. Quant à savoir si la nouvelle loi marquera un changement des comportements de consommation, la France reste encore loin du modèle de l’Allemagne ou de l’Angleterre où l’achat de produits de santé sur le Net est monnaie courante. Au Royaume Uni par exemple, certaines pharmacies en ligne comme EuroClinix peuvent proposer des traitements uniquement sur ordonnance après une consultation en ligne.
Selon l’économiste de santé Frédéric Bizard, «même si les pharmacies en ligne se développent en France, il se posera le problème de crédibilité de ces moyens de distribution”, d’où l’importance pour ces sites d’éduquer les consommateurs et de les avertir des risques liés aux contrefaçons.
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