Chaque année, c’est l’effervescence autour du superbe Palais Longchamp de Marseille pour le Festival de Jazz rebaptisé cette année Marseille Jazz des Cinq Continents.


Sur scène, deux claviers, une batterie, une mini-estrade au centre et dans le fond, un mur de miroirs dont les panneaux pivotent, réfléchissant la lumière des projecteurs. Quatre musiciens vêtus de bleus de travail prennent place derrière leurs instruments, puis arrive enfin la star, vêtu d’un improbable complet veston bariolé, d’un goût douteux, rivalisant avec le pire des costumes de Mika, tranchant avec la sobriété des vêtements des musiciens…
Dès la première note, le pianiste nous propose de taper dans nos mains, et le public se laisse prendre par la magie du rythme et de l’énergie d’un Charlie Winston, bourré de charme et de talent.
La communion avec le public s’installe peu à peu au cours des trois premières chansons, et c’est une totale fusion qui atteint son paroxysme lorsque, pendant la chanson « In your hands », Charlie quitte la scène pour traverser la foule et venir au contact des bras tendus vers lui. Pendant plus de deux heures et demie, le public chante, tape des mains, applaudit les prouesses de cet artiste complet, à la technique vocale plus qu’aboutie, danseur émérite mélangeant expression corporelle, break dance et danse contemporaine.
Il nous offre des morceaux d’anthologie comme une fabuleuse version piano-voix de « I love Your smile », ainsi qu’une facétieuse version de « My life as a duck », faisant un mash-up avec la chanson du film « O’Brother « I am a man of constant sorrow ». C’est là qu’il nous explique que ses musiciens sont habillés en bleu parce que tout vient du blues ! Pardi !
Il interprète aussi ses nouvelles créations tirées de son dernier album « Curio City » comme « Truth », « Lately » ou « Another trigger ». Commençant souvent en human beat box, il fait aussi l’effort de s’adresser à nous en français, avec plus ou moins de bonheur il faut le dire, mais le public est sous le charme de ce britannique hors du commun, et ne brille pas non plus par son anglais quand Charlie nous demande de chanter seuls le refrain de son célèbre « Hello, alone »… Ca fait rire tout le monde, un point partout balle au centre…
Le final est magistral, après le très attendu « Like a Hobo » repris en choeur par une foule déchainée, nous avons un aperçu de ses talents incroyables de showman quand il nous offre un inoubliable « Kick the Bucket » enlevé et énergique. Repu, le public s’en va après avoir crié des « Merciii Charlie » chaleureux.
Ce soir c’est l’excellent Goran Bregovic qui investira la scène du Festival et demain soir, le Festival se clôturera par les retrouvailles des deux géants du jazz brésilien Caetano Veloso et Gilberto Gil...
L'info gratuite en Live Continu 7/7


Un commentaire
Pingback: « Que faire ce week-end ? #108 | «Un poisson nommé Marcel