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En 20 ans, les espoirs de paix Israélo-Palistinien se sont évanouis.

Les Palestiniens attendent toujours leur État. Il y a 20 ans, la poignée de mains historique entre Yitzhak Rabin et Yasser Arafat sur la pelouse de la Maison Blanche scellait la ratification des accords d’Oslo. La paix semblait être enfin à portée de mains.

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Tous deux aujourd’hui disparus, le Premier ministre israélien et le chef de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) avait lancé, le 13 septembre 1993, le processus de paix par la signature de la Déclaration de principes. 20 ans après, face à la poursuite de la colonisation israélienne et aux violences des deux côtés, les espoirs de paix s’évanouissent peu à peu.

Dans un premier temps, le processus devait aboutir par l’autonomie de Gaza et Jéricho (Cisjordanie) en 1994 sous la responsabilité de l’Autorité palestinienne naissante. L’un des plus anciens conflits du monde devait être résolu avant 2004.

Aujourd’hui, 68% des Israéliens et 69% des Palestiniens estiment faibles ou nulles les chances de création dans les cinq ans d’un État palestinien à côté d’Israël, selon l’AFP.

D’après l’AFP, « Le fait que, 20 ans après la signature des accords d’Oslo, nous nous trouvions devant un échafaudage au lieu d’une structure achevée est décevant », reconnaît l’ancien ministre israélien Yossi Beilin, un des architectes de ces accords, qui met en garde contre le risque d’un démantèlement de l’Autorité palestinienne, si « dans les prochains mois, toutes les tentatives pour parvenir à un règlement échouent ».

« La reconnaissance mutuelle existant entre Israël et l’OLP est restée intacte », assure-t-il néanmoins dans une tribune publiée par le quotidien Haaretz. « Aujourd’hui, Israël et les Palestiniens coordonnent les opérations dans tous les domaines, en particulier celui de la sécurité, c’est le changement majeur apporté par les accords d’Oslo ».

 Côté Palestiniens, le bilan est encore plus sombre.

Toujours selon l’AFP, « Nous avons obtenu le retour de la direction palestinienne dans les Territoires palestiniens ainsi que de près de 300.000 familles, et l’édification d’institutions et d’un système administratif palestiniens », résume Hanane Achraoui, membre du Comité exécutif de l’OLP. »Mais nous avons beaucoup perdu, en termes de terres, de ressources et de capacités, et Israël nous a imposé une infrastructure et séparés en enclaves isolées par les colonies », déplore-t-elle.

 Un accord intérimaire.

« Oslo était un accord intérimaire, l’Autorité palestinienne étant considérée comme une étape transitoire vers un État. Mais l’occupation a remis cela en cause », rappelle Hassan Abdou, un politologue de Gaza.

L’analyste Hani al-Masri, basé en Cisjordanie, dont l’Autorité gouverne les zones autonomes, se montre encore plus sévère. « Vingt ans après les accords d’Oslo, il est clair que ces négociations n’ont rien apporté, l’occupation s’est approfondie, les colonies se sont étendues. Et le pire, c’est que la partie palestinienne est revenue aux négociations sous la même forme et la même méthode », dit-il, en référence à la reprise des pourparlers en août sous l’égide des États-Unis.

Yossi Beilin considère que « lorsque les dirigeants des deux parties jugent le statu quo tolérable, une tierce partie est nécessaire pour les ramener à la réalité ». Il plaide pour une implication accrue d’une « tierce partie » (les Américains aussi bien que les Européens).

Un changement radical de méthode est également réclamé par le négociateur palestinien Nabil Chaath. « Quand Oslo a démarré, il y avait une bonne chance de succès, avec deux camps de la paix forts, palestinien et israélien, et deux dirigeants déterminés à ce que ça marche. Le problème fondamental d’Oslo c’est qu’il n’a pas été appliqué, ou seulement de manière très sélective », souligne-t-il.

Nabil Chaath affirme que les palestiniens ne veulent plus entendre parler d’accords par étapes du type Oslo. Qu’ils ont appris la leçon et qu’il ne faut plus rien remettre à l’avenir, qu’il ne faut plus d’accord intérimaire.

Quant à Yossi Beilin, le vétéran du processus de paix, lui exige « une implication internationale avec un engagement à surveiller le respect des accords et prendre des mesures en cas de violation par une des parties, plus d’impunité pour Israël, et par conséquent un arbitrage contraignant ».

Par Dominique WIBAUT, avec AFP

 

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