Le 18 Mai dernier s’est tenu en salle d’honneur de l’Université de Lorraine, la 6ème édition de la cérémonie du prix littéraire frontières. Initié en 2021 et porté par l’Université de Lorraine en collaboration avec l’Université de la Grande Région, cette distinction récompense chaque année un roman qui explore la notion de « frontières » qu’elles soient géographiques, sociales, symboliques ou imaginaires. Au fil des éditions, le prix frontières s’est hissé comme l’un des rendez-vous culturels majeurs de la vie littéraire universitaire.
La cérémonie a été ouverte par l’intervention d’Hélène Boulanger, présidente de l’Université de Lorraine et de l’Université de la Grande Région, Grégory Hamez, président du comité de sélection, et Pierre Degott, président du jury de sélection, vice-président du Conseil de la Vie Universitaire.
S’en est suivie une séquence alternant remise des prix, prises de parole des lauréats, et lecture des deux textes primés par les étudiants du théâtre universitaire de Nancy. La rencontre s’est conclue par un débat consacré à l’intelligence artificielle.
Marie Semelin , lauréate 2026
Sur une sélection de 10 romans, Marie Semelin s’est distinguée avec son premier roman « Les Certitudes» et devient la lauréate de l’édition 2026. Une œuvre littéraire qui traite du conflit israélo-palestinien sans choisir de camp, sans lourdeur, avec même une bonne dose d’humour.
Le jury a salué « un premier roman courageux, fidèle au thème de la frontière, et porteur d’un message de fraternité. » Pierre Degott, vice- président de la vie universitaire et président de la sélection a souligné cette préférence du jury sans ambiguïté en qualifiant Les Certitudes «comme un ouvrage bouleversant, remarquable à plus d’un titre pour la précision quasi journalistique des éléments qu’il évoque , pour la virtuosité de sa construction, pour l’adresse technique avec laquelle il balaie plusieurs histoires de vies ancrées dans trois quarts de siècle d’histoires, pour sa finesse narratologique et pour la manière non partisane dont il évoque autour de la date fatidique du 07 octobre le conflit israélo-palestinien .»
La lauréate, Marie Semelin s’est dit très touchée par cette distinction : « La première frontière pour moi à franchir a été celle de la fiction et de la non-fiction. Israël-Palestine est un sujet qui fait peur, c’est un sujet qui est souvent réservé pour les experts, pour les historiens, pour les professionnels de la géopolitique, je voulais que chacun se sente le droit de lire sur ce sujet sous une forme de fiction car c’est le meilleur espace pour appréhender le réel… J’ai travaillé à la construction de ce texte à un moment pour moi de grand désespoir, post 7 octobre après le massacre et ce qui se passe à Gaza encore aujourd’hui. J’avais besoin de personnellement me rappeler, ce qui fait de chacun d’entre nous des êtres humains composant cette humanité et je suis donc très touchée que ce texte puisse avoir un écho aujourd’hui. »
Premier concours de nouvelles : les étudiants mis à l’honneur

Le Prix Frontières 2026 a marqué l’inauguration du premier concours de nouvelles littéraires, une initiative destinée à stimuler la création étudiante tout en apportant une réflexion sur les enjeux liés à l’intelligence artificielle dans la création littéraire.
Les participants devaient composer une nouvelle sur le thème «Frontières», avec une particularité : deux catégories distinctes, l’une avec assistance d’IA générative, l’autre sans aucun recours à l’IA.
Deux lauréats se sont imposés :
- Amire Terak, étudiant en L2 Droit à Metz, a remporté le prix de la nouvelle sans IA pour son texte Le poids du fusil.
- Yanis Saouda, étudiant en M1 Création de projets numériques, a décroché la distinction de la nouvelle avec IA grâce à Je, Tu, Il, Elle… Ça.
Les résultats ont été annoncés par Eva Guthebler, présidente du jury. Un recueil de nouvelles issu de ce concours a également été publié et est accessible en ligne ici.
Débat sur la place de l’intelligence artificielle dans la création littéraire
La cérémonie s’est clôturée par une table ronde animée par Philippe Schneider, pilote du Prix Frontières et membre du jury. Y participaient la lauréate Marie Sémelin, ainsi que les deux lauréats du concours de nouvelle, Amire Terak et Yanis Saouda. Étaient également présents Samuel Nowakowski, enseignant-chercheur en Humanités numériques, et Anissa Hamza-Jamann, enseignante-chercheuse en Sciences du langage et spécialiste de l’IA dans l’apprentissage des langues étrangères, tous deux membres du jury.
L’échange, riche, éclairant et passionnant, a donné lieu à des arguments et contre-arguments d’une grande solidité, démontrant à quel point l’intelligence artificielle est un sujet d’actualité majeur, occupant une place prépondérante dans notre société. Le débat a dû être écourté tant les discussions étaient intenses et stimulantes.

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