Il y avait foule ce jeudi pour voir le dernier film du festival de Cannes de Xavier Dolan. Après son prix du jury en 2014 avec le très beau « Mummy » et sa présence dans le jury l’année dernière, il a choisi d’adapter « Juste la fin du monde », la pièce de l’auteur Jean-Luc Lagarce.

Deuxième film en compétition : « Baccalauréat » du réalisateur Roumain, Christian Mungiu. À Cannes, il a déjà remporté la Palme d’Or avec « 4 mois, 3 semaines, 2 jours » et le prix du scénario ainsi que le double prix d’interprétation féminine pour « Au-delà des collines ». Dans son nouveau film, très bien accueilli par la presse, il montre une famille roumaine au moment clé où la fille unique passe son bac. Il est médecin ; ses relations avec sa femme sont difficiles et ils font chambre à part et il a une maîtresse. Eliza, sa fille, très bonne élève, a obtenu une bourse pour aller étudier dans une université en Angleterre, à condition qu’elle obtienne d’excellents résultats. Or, un matin, elle se fait agresser. Son examen est alors remis en question. Son père, Roméo, va alors tenter d’avoir recours à une méthode peu correcte pour qu’elle réussisse. Il va se retrouver face à un dilemme : doit-il mettre de côté sa morale et céder à une corruption, même à une petite échelle ? Ce film, tout en retenue, parle de la nature humaine avec des préoccupations universelles. Roméo aime profondément sa fille et il veut ce qu’il y a de mieux pour elle. Il arrive aussi à un âge où il est un peu tard : il se rend compte que tout ce qu’il a vécu d’important dans sa vie est déjà passé. Il ne lui reste plus qu’à œuvrer pour le bien de sa fille. Alors qu’il a inculqué des principes moraux à sa fille, il va devoir faire des compromis, parce qu’il est père de famille et que dans la vie, « ce qui compte, c’est le résultat ». Mungiu filme ses personnages et en particulier le père avec beaucoup de pudeur. La scène où il pleure en cachette, seul dans les bois, le montre. Certes le film se déroule en Roumanie et montre la corruption très présente dans le pays mais il s’agit avant tout d’un sujet universel, quand on est confronté à des choix moraux.
La journée s’est terminée avec une séance de minuit exceptionnelle : la projection de « Gimme danger » de Jim Jarmush qui retrace le parcours d’Iggy Pop et l’épopée des Stooges, l’un des plus grands groupes de rock de tous les temps.
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