Freedom Club : l’IA c’est pas ton amie

Trois amis d’enfance devenus des membres influents du monde de la tech et des médias viennent de commettre un attentat symbolique contre Elon Musk : l’image d’un drone lui déversant de la matière fécale sur la tête fait désormais le tour du monde. Mais rien ne se passe comme prévu. Un des leurs est mort. Ils ont un otage sur les bras et la police est sur le point de les retrouver.

Après l’incroyable thriller Denali en mode true crime à la Netflix, on attendait beaucoup de la 2ème création de Nicolas Le Bricquir. Peut-être un peu trop.

Cette fois-ci avec Freedom Club, on croirait visionner un épisode dystopique de 24h Chrono. À nouveau, la scène est divisée en deux temporalités : un immense hangar désaffecté, et une petite salle de serveurs. Contrairement à Denali, ces deux lieux ne cohabitent pas. La petite salle est un cube amovible constamment introduit par des cuts au noir intempestifs. Et c’est cette dynamique « faisons compliquer pour faire graphique », qui nuit à la tension du huis-clos.

L’IA c’est pas ton amie

La forme est attrayante, mais les effets « wahou » de la mise en scène sont trop appuyés. L’horloge numérique qui surplombe la scène et censée générer du stress, se limite alors à un simple gadget narratif. La musique finie également par agacer : au lieu d’instaurer une ambiance anxiogène, elle surligne les effets de manche d’une intrigue finalement assez classique.

Si Denali innovait dans la forme, Freedom Club se contente d’être une esbroufe visuelle qui peine à dissimuler les faiblesses d’un propos alarmiste.

Le combat du Freedom Club manque concrètement d’originalité. Et la forme tape à l’œil se retourne contre le fond. Au lieu d’interpeller sur les dérives technologiques, Nicolas Le Bricquir se contente d’exposer des banalités sur les effets néfastes de l’intelligence artificielle. Il y a un côté donneur de leçons qui désamorce toute complexité sur l’attaque menée par le Freedom Club. Sont-ils des lanceurs d’alerte ou des terroristes ? Ni l’un ni l’autre, simplement des militants qui défendent une notion de liberté absolue très démagogique.

Freedom Club
actuellement au Théâtre Juliette Récamier.

Texte et mise en scène : Nicolas Le Bricquir.
Avec : Salomé Ayache, Lou Guyot, Ahmed Hammadi-Chassin, Mathis Sonzogni.

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