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La Disparition de Josef Mengele d’Olivier Guez, Prix Renaudot 2017

Paru le 16 Août 2017 aux Editions Grasset, le roman « La Disparition de Josef Mengele » d’Olivier Guez, Prix Renaudot 2017, nous plonge dans la fuite pathétique autant qu’innommable de « l’ange de la mort », Josef Mengele.

Oliver Guez est l’auteur, entre autres, de « L’impossible retour » une histoire des juifs en Allemagne depuis 1945, il reçoit en 2016 le prix allemand du meilleur scénario pour le film « Fritz Bauer », un héros allemand qui devenu Procureur Général réussit en 1958, à obtenir qu’un procès en action collective certifié ait lieu, les nombreuses réclamations individuelles de victimes aboutiront aux procès dits «d’Auschwitz» de Francfort dont la procédure débuta en 1963.

Il a contribué aussi aux recueils de renseignements qu’il a transmis au Mossad en 1957, ce qui a permis la capture ultérieure d’Adolf Eichmann par les services secrets israéliens.

Nous sommes en 1949, Josef Mengele arrive en Argentine sous le nom d’Helmut Gregor, « le nom de l’homme qui se transforme en cafard dans La métamorphose de Kafka », précise Olivier Guez, il profite de l’arrivée au pouvoir de Juan Peron en 1946, particulièrement bienveillant avec des dizaines de milliers de nazis, pour s’installer confortablement à Buenos Aires jusqu’en 1959.

Du Paraguay à l’Argentine en passant par l’Uruguay et le Brésil, Josef Mengele va tenter de se construire une vie nouvelle financée par l’entreprise agricole familiale basée à Günzburg et protégée par l’accommodante complaisance des gouvernements où il va se réfugier.

Arrogant, exigeant, intimement persuadé d’avoir oeuvré pour la survie du troisième Reich, il est nostalgique de « ses plus belles années d’ingénieur de la race », il se veut encore l’être supérieur  qui ne s’abandonne jamais à un sentiment humain. « La pitié est une faiblesse …/… Injecter, mesurer, saigner, découper, assassiner, autopsier : à sa disposition, un zoo d’enfants cobayes afin de percer les secrets de la gemellité … »

La capture du criminel nazi Adolf Eichmann en mai 1960 par le Mossad, va accélérer la fuite et la traque de Josef Mengele. Ses dernières années d’errance, la solitude, la maladie, l’angoisse, l’abandon du peu de protecteurs encore prêts à l’aider ne lui laisseront plus de répit et vont accélérer sa chute.

Le 7 février 1979, il a une nouvelle attaque alors qu’il se baigne et il se noit près de Bertioga dans l’état de São Paulo sans avoir été jugé.

Simple roman ? roman historique ? biographie ? impossible de définir un genre précis, mais est ce bien nécessaire, nous naviguons en eaux troubles, entre les visions cauchemardesques de ce médecin satanique et la pitoyable médiocrité de ses dernières années.

Quant à ma lecture de ce livre elle s’est faite par à-coups, dérangée physiquement par le début du récit, je ne pouvais avancer, l’horreur des mots, des situations, de ces hommes, ces monstres protégés, exfiltrés, financés, abrités, se moquant des juges, de la morale et de la loi m’ont, un moment, empêchée de continuer, mais il m’a fallu aller jusqu’au bout malgré la colère et le dégoût, ne serait-ce que par respect pour toutes les victimes de cet effroyable tortionnaire ayant rejeté « Hipprocrate aux enfers » … (Documentaire de Michel Cymes et Claire Feinstein le 30/01/2018 sur France 2 – à revoir).

 

 

 

A propos dominique iwan

Parallèlement à une vie professionnelle tournée vers le monde des matériaux polymères et un bref passage dans la sphère publicitaire en tant que maquettiste, ma vie a été guidée par deux passions, l'écriture (un livre que je suis sur le point de terminer ... je me mettrai ensuite en quête d'un éditeur ... des nouvelles pour enfants, et la sculpture avec la création d'un blog en 2014 " entre Ciel Ether ". Je collabore au site www.francenetinfos.com depuis trois ans particulièrement dans le domaine littéraire, avec déjà une soixantaine de chroniques.

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2 commentaires

  1. Merci de cette chronique, qui donne envi de lire (ce qui est après tout le but).
    Un commentaire plus global : le nazisme et les hommes qui ‘l’ont constitué, n’ont existé que par le militarisme prussien, le choc de la première guerre mondiale, qui a enlevé toute humanité au nationalisme et par la crise des années 30 qui a amené des totalitarismes au pouvoir. A partir de là les plus extrémistes ont pris le pouvoir.
    Le destin de Mengele, est représentatif des cadres du nazismes : quelques chefs ont été jugés, mais la plus part ont continués leurs vies, en exil ou en Allemagne, sans jamais vraiment être inquiétés. De la le développement du terrorisme des années 70 en Allemagne : face à une société jugée globalement complice, quelques uns se sont fourvoyés dans un terrorisme sans issue.
    Enfin, il est clair que les sociétés n’ont pas de mémoire … et que ce qui s’est passé peut se reproduire.

    • dominique iwan

      Merci Luc de ton commentaire comme toujours très argumenté.

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