Rencontre avec Charles Berling au festival CANNESERIES

France 2 vient de diffuser les six épisodes de la mini-érie L’île aux 30 cercueils, adaptée du roman de Maurice Leblanc, avec Virginie Ledoyen, Charles Berling, Martine Chevallier, Dominique Pinon, Stanley weber notamment. L’histoire de Christine, de retour sur son île natale de Sarek en Bretagne, pour percer le mystère de la disparition de son fils à sa naissance, avait déjà fait l’objet d’une adaptation télévisée en 1979 avec l’actrice Claude Jade. Pour cette nouvelle version, le réalisateur Frédéric Mermoud a fait appel à Virginie Ledoyen pour incarner cette femme déterminée à découvrir la vérité et qui va faire resurgir les secrets du passé et raviver des tensions aux terribles conséquences. Christine peut compter sur le soutien de son mari Raphaël, aimant et protecteur. C’est Charles Berling qui interprète cet homme aux multiples facettes, pas si innocent qu’il n’en a l’air. Nous l’avons rencontré lors de la dernière édition du festival CANNESERIES, où les deux derniers épisodes de la série avaient été projetés en avant-première. Il nous a parlé du personnage de Raphaël, mais aussi de cinéma et surtout de théâtre, qui l’occupe beaucoup en ce moment puisqu’il joue dans plusieurs pièces et qu’il dirige depuis plusieurs années le théâtre Liberté de Toulon.

Un mari amoureux et mystérieux dans L’île aux 30 cercueils sur France 2

On voit peu Charles Berling à la télévision. Il choisit avec attention ses rôles. Les personnages trop lisses et trop fades, très peu pour lui. « J’ai toujours aimé dans l’art dramatique l’ambiguïté, tout ce qui sert à montrer la complexité de l’être humain. Un personnage comme Raphaël me permet de déjouer l’image qu’on peut avoir de moi. », nous a-t-il confié. En effet, le mari de Christine dans la série apparaît dans un premier temps comme un mari très aimant et protecteur puis, dans les deux derniers épisodes, il se mue en un être violent, assoiffé de vengeance et prêt à se débarrasser de tous ceux qui pourraient porter atteinte à son mariage. « J’aime bien être le mari de Madame dans la série. Ce qui me plaisait dans ce personnage, c’est qu’il raconte quelque chose sur l’amour qui est très effrayant. L’intérêt de ce rôle est de ne pas tomber dans la caricature que ça peut supposer mais au contraire d’essayer de comprendre comment ces choses-là peuvent advenir. L’enfer est pavé de bonnes intentions. » C’est ce côté sombre et ce moment où l’on bascule qui a intéressé le comédien. « On en a beaucoup parlé avec Frédéric Mermoud pendant le tournage. Il était content de mon approche pour comprendre comment charnellement et émotionnellement cet homme peut en arriver là. » Décidément, les personnages troubles et sombres attirent Charles Berling. En effet, il nous a confié qu’il venait d’interpréter un violeur pour une mini-série réalisée par Nathalie Marchak, qui sera prochainement diffusée sur France 2. « Ce qui m’intéressait dans ce projet, c’était de montrer qu’on ne pouvait pas excuser cet homme mais qu’on pouvait essayer de le comprendre. On met trop facilement les gens dans des cases, surtout depuis le mouvement MeToo. »

Au cinéma bientôt dans Mascarade de Nicolas Bedos

En septembre, Charles Berling tournera en Algérie dans le nouveau film d’Alexandre Arcady : « ce sera un très beau film, intime, sur le rapport d’Arcady à l’Algérie.

Il sera très bientôt à l’affiche de Masacarade aux côtés notamment d’Isabelle Adjani. Le nouveau film de Nicolas Bedos mériterait d’être sélectionné au festival de Cannes, reconnaît le comédien. « Nicolas Bedos est un fantastique réalisateur ; le film a été tourné sur la Côte d’Azur». Charles Berling connaît bien la région et le festival de Cannes. Il s’y est rendu plusieurs fois pour accompagner des films sélectionnés en compétition. Hasard de la programmation de Canneseries : nous l’avons rencontré le même jour que Connie Nielsen, avec laquelle il avait partagé l’affiche de Demonlover d’Olivier Assayas, « un film un peu futuriste, pour lequel j’avais dû me raser la tête et prendre plusieurs kilos ! », se rappelle-t-il. Au gré de la conversation, il a évoqué pour nous un autre film d’Olivier Assayas, Les destinéees sentimentales : « j’avais un très beau rôle et je me souviens qu’il y avait eu des rumeurs disant que je pouvais avoir le prix d’interprétation. Le soir de la clôture, j’étais là avec l’équipe du film de Denys Arcand, qui était présenté hors compétition, et, comme je n’avais rien obtenu, les gens venaient me voir désolés, en me demandant si j’allais bien. »

De nombreux projets au théâtre

En ce moment, c’est surtout le théâtre qui lui prend beaucoup de temps. Il est lui-même directeur du théâtre Liberté de Toulon, la ville où il est né. On pourrait l’écouter parler pendant des heures de sa passion. « Le théâtre me prend beaucoup de temps. On me propose des choses tellement passionnante que c’est difficile de dire non ! » Il est actuellement en tournée avec Les parents terribles de Cocteau, dans une mise en scène de Muriel Mayette-Holtz, avec notamment Maria de Medeiros et son fils, Emile Berling. La pièce sera reprise au théâtre Hébertot à la rentrée prochaine. Il vient de mettre en scène Fragments, des textes de Hannah Arendt. « Ils sont bouleversants car ce qu’elle a écrit au XXème siècle nous arrive maintenant. Sa pensée nous parvient par l’émotion. C’est un spectacle que j’aime beaucoup ». Il a créé la pièce pendant le confinement, « ce qui a beaucoup influé sur la mise en scène, avec l’idée d’ une grande table autour de laquelle le public peut s’installer ». Il a voulu précisément créé cette convivialité sur scène, avec l’idée que des gens puissent se retrouver autour d’une table pour penser et parler. Avec Fragments, Il sera sur la scène du théâtre du Chêne Noir à Avignon cet été, avant de partir en tournée la saison prochaine.

Dès qu’il le peut, entre deux tournages ou deux représentations, il se rend à Toulon, au théâtre Liberté. « Il y aura une belle programmation au festival d’été de Chateauvallon », nous a-t-il dit. «  En France, on a la chance d’avoir une exception culturelle avec des lieux qui sont dans la diversité. Je suis très touché par ce qui se passe en Ukraine en ce moment. On a le projet d’aller jouer là-bas pour soutenir ces gens qui se battent pour ce que nous avons la chance d’avoir en France. Je dis souvent aux politiques qu’il faut défendre ces valeurs et ces institutions. »

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