Pour le premier de ses deux concerts complets au Zénith de Paris, devant près de 7 000 spectateurs majoritairement féminins, Vanessa Paradis a offert jeudi 21 mai un long voyage à travers sa carrière. Entre classiques revisités, nouvelles chansons issues de Le Retour des beaux jours et mise en scène spectaculaire, la chanteuse a transformé la salle parisienne en écrin de douceur pop, de soul feutrée et d’énergie dansante.
Il y a chez Vanessa Paradis une manière très singulière d’habiter la scène. Sans excès. Sans emphase. Avec cette élégance instinctive qui lui permet, depuis près de quarante ans, de traverser les modes sans jamais perdre sa singularité. Jeudi soir, dans un Zénith de Paris archi comble, la chanteuse retrouvait son public pour le premier de ses deux rendez-vous parisiens. Dans la fosse, un public très majoritairement féminin, plusieurs générations réunies autour de celle qui demeure l’une des dernières véritables figures populaires de la chanson française. Les conversations s’éteignent, les lumières tombent
L’ouverture donne immédiatement le ton. Derrière un immense rideau transparent, Vanessa Paradis apparaît sur « Cœur ardent » dans une scénographie aux accents de cinéma. Jeux de lumières, images projetées, silhouettes en clair-obscur, le show frappe d’emblée par son raffinement visuel. Pendant près de deux heures, le Zénith sera baigné d’écrans géants, de vidéos stylisées et d’ambiances lumineuses qui donnent au concert une ampleur presque cinématographique. Mais le vrai spectacle reste Vanessa Paradis elle-même.
Longiligne, aérienne, chevelure bouclée elle chante, danse et se déhanche avec une grâce intacte. À 52 ans, l’artiste conserve cette manière féline de bouger, ce mélange de retenue et d’abandon qui accompagne chacune de ses chansons. Souriante, attentive, elle multiplie les regards complices vers la salle et semble sincèrement heureuse de retrouver le public parisien. Autour d’elle, sept musiciens impeccables construisent un écrin sonore aussi précis que chaleureux. La cohésion du groupe impressionne : on sent une troupe soudée, heureuse de jouer ensemble, portée par une même envie de partager la musique. Vanessa Paradis leur rend d’ailleurs hommage à plusieurs reprises au fil du concert, saluant leur talent et leur fidélité avec une émotion visible.
Cette tournée accompagne Le Retour des beaux jours, album produit par Étienne Daho et Jean-Louis Piérot, deux compagnons artistiques dont l’influence irrigue les nouvelles compositions. Les titres récents s’insèrent avec naturel dans une setlist pensée comme un voyage à travers toute la carrière de la chanteuse, une sorte de best of réinventé. « Marilyn & John », « Sunday Mondays », « Pourtant », « Dès que j’te vois » ou « Love Song » réveillent instantanément les souvenirs d’un public qui reprend chaque refrain avec ferveur. Sur « Divine idylle », la fosse se déchaîne, smartphones levés pour immortaliser l’instant tandis que Vanessa Paradis traverse la scène avec une énergie contagieuse.
La chanteuse prend aussi le temps d’introduire « Les initiales des anges », évoquant avec pudeur la ville où elle a vécu quelques années : « un chapitre important de ma vie », glisse-t-elle simplement au public, dans un silence attentif. Le concert impressionne également par sa richesse musicale. Certains morceaux prennent des accents rock particulièrement efficaces, comme « Commando » ou « Tandem », quand d’autres explorent des couleurs funk et R&B très présentes dans les nouveaux arrangements. « Joe le taxi », évidemment attendu, surgit dans une version disco-funk irrésistible qui transforme le Zénith en dancefloor géant. L’ombre de Serge Gainsbourg plane naturellement sur plusieurs moments de la soirée, notamment lors de « Dis-lui toi que je t’aime » et « Tandem », rappelant combien la rencontre entre le songwriter et la jeune Vanessa Paradis a marqué durablement la chanson française. Le point culminant du concert survient avec l’arrivée surprise d’Étienne Daho pour interpréter « Mi amor ». L’ovation est immense. Les deux artistes, réunis dans une élégance presque nonchalante, offrent un moment suspendu à une salle déjà conquise.
Puis viennent les rappels. Vanessa Paradis revient dans une nouvelle tenue pour une séquence plus festive encore, enchaînant « Natural High » et « Be My Baby » dans une euphorie collective. Avant de refermer la soirée dans un dépouillement total, la chanteuse livre un final piano-voix sobre et bouleversant sur « I Am Alive ».
Après près de deux heures de concert, Vanessa Paradis quitte la scène sous une longue standing ovation. Ce premier Zénith parisien aura rappelé qu’au-delà des générations et des modes, Vanessa Paradis demeure une figure singulière : une artiste capable de transformer un concert populaire en moment de grâce élégante
Jean Christophe Mary
Titres Joués
Cœur ardent
Rendez-vous
Trésor
Marilyn & John
Divine idylle
Les initiales des anges
Ces mots simples
Sunday Mondays
Commando
Élégie
Pourtant
Dès que j’te vois
Les épines du cœur
Just as Long as You Are There
Il y a
Love Song
Joe le taxi
Mi amor (avec Étienne Daho)
Dis-lui toi que je t’aime
Tandem
Bouquet final
Rappel :
Natural High
Be My Baby
Rappel 2 :
I Am Alive
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