Renaud et ses invités au Zénith de Paris : cinquante ans de chansons, d’amitiés et de ferveur populaires !

Samedi 16 mai 2026, Renaud refermait au Zénith de Paris-La Villette le dernier des trois concerts parisiens intitulé Renaud et ses invités. Cinquante ans après ses débuts, celui qui fut l’un des premiers artistes à fouler la scène de cette salle lors de son inauguration en 1984, a réuni autour de lui plusieurs générations d’amis artistes dans une célébration populaire où la fragilité de la voix n’a jamais empêché la force des chansons. Une soirée d’émotion, de transmission et de communion devant un public debout du premier titre au dernier rappel.

photo@Laura Gilli

Pour Renaud, le Zénith n’est pas une salle comme les autres. Le chanteur y fêtait samedi ses cinquante ans de carrière, là même où il avait écrit une partie de sa légende. Lors de l’ouverture du Zénith de Paris le 12 janvier 1984, Renaud fut le premier musicien à monter sur le plateau de cette salle flambant neuve. À l’époque, il est déjà une immense vedette populaire et prépare un nouveau spectacle avant d’y revenir longuement en 1986 avec la tournée Le Retour de la Chetron Sauvage.

 Quarante ans plus tard, l’histoire d’amour demeure intacte. Pour ce troisième et dernier concert parisien, le Zénith affichait complet. Dans la salle, plusieurs générations se mêlaient : anciens compagnons des années 1980, enfants devenus parents, jeunes admirateurs découvrant en direct cette poésie gouailleuse qui traverse le temps sans perdre sa puissance affective. La soirée s’ouvre dans une atmosphère de retrouvailles. Dès les premières minutes, l’ambiance prend des allures de célébration collective. Noé Preszow et Gauvain Sers électrisent la salle sur  « Où c’est qu’j’ai mis mon flingue ? » et mettent immédiatement la salle debout. Renaud s’avance et averti le public : « Ce soir, c’est un concert de moi… et de mes invités. Je vais chanter six chansons. » Une manière de rappeler que le spectacle appartient autant à ses invités qu’à lui-même.

photo@ Christian Pénin

Le ton est donné. Pendant plus de deux heures, le spectacle va ressembler à un immense best of vivant, porté par une impressionnante galerie d’artistes venus célébrer celui qui demeure une figure unique de la chanson française.

Le décor évoque un quartier populaire parisien. Sur la gauche de la scène, un bar baptisé Mon bistrot préféré accueille les invités après leurs prestations. Renaud y trône comme un maître de cérémonie bienveillant, entouré de ses musiciens et de compagnons historiques comme les guitaristes Jean-Pierre Buccolo ou Michaël Ohayon.

Le premier grand moment survient avec Francis Cabrel sur La Pêche à la ligne. Les deux hommes jouent la carte de la simplicité et de l’élégance, laissant parler la mélodie et les mots. Quelques minutes plus tard, Pascal Obispo apporte toute sa puissance vocale à Miss Maggie, dans une version tendue et vibrante. Le concert alterne ensuite éclats de chansons rock et ballades pour des moments suspendus. « Pochtron ! » avec Benoît Dorémus fait rugir le Zénith tandis qu’Alain Souchon, accompagné de Ours et Pierre Souchon, transforme « Ma gonzesse » en parenthèse douce et bouleversante, les trois artistes assis côte à côte sur un banc. Puis surgit Vianney sur « Marche à l’ombre ». Bondissant, électrique, le chanteur apporte une énergie folle qui embrase instantanément la salle. Le public chante chaque mot. L’émotion n’est jamais loin. Élodie Frégé, très touchée au moment d’interpréter Il pleut, se trompe dans les paroles avant de lâcher dans un sourire : « C’est l’émotion ». Elle reprend alors le morceau avec une sincérité désarmante sous le regard tendre de Renaud. Autre sommet du concert : « Société tu m’auras » pas porté par Gauvain Sers, Leïla Huissoud et Youssef Swatt’s. Sur l’écran géant défilent des images de vieux téléviseurs des années 1960 et 1970. La chanson retrouve toute sa puissance contestataire et son actualité.

photo@Laura Gilli

Puis vient l’un des moments les plus forts de la soirée : Hugues Aufray interprète « Morts les enfants » assis sur une chaise, dans un silence impressionnant. À la fin du morceau, Renaud se lève pour embrasser celui qu’il considère depuis toujours comme une de ses grandes influences. Mais la soirée raconte aussi un chanteur qui retrouve peu à peu des couleurs vocales oubliées. Sur « Son Bleu », accompagné au piano par Alain Lanty, Renaud laisse entendre des inflexions plus assurées, plus posées. Même émotion sur « En cloque », interprété presque seul face au public, dans un Zénith suspendu à chaque syllabe.

Le duo avec Axelle Red sur « Manhattan-Kaboul » fait partie des séquences les plus applaudies du concert. Avec la guitare de Jean-Pierre Buccolo en soutien, la chanson conserve intacte sa puissance mélancolique et politique. Le spectacle se poursuit sans temps mort : Anne Sila bouleverse la salle avec « Petite » puis « Mistral gagnant », Renan Luce apporte une chaleur folk au « Déserteur », tandis qu’Emily Loizeau illumine « It is not because you are » avant de participer à un « Hexagone » collectif particulièrement mordant.

Puis  le Zénith se transforme en gigantesque chorale populaire. Dans mon « HLM », repris avec Gauvain Sers, Obispo et Bénabar, fait vibrer toute la salle. Puis vient le rappel. Tous les invités rejoignent Renaud pour « Dès que le vent soufflera ». Debout, blouson de cuir, bandana rouge et blanc autour du cou, le chanteur retrouve alors quelque chose de sa voix passée. Le refrain soulève la salle entière.

À 74 ans, le chanteur continue de susciter une ferveur rare. Ce troisième rendez-vous parisien a confirmé l’attachement intact du public à celui qui demeure une figure à part de la chanson française, capable de réunir plusieurs générations autour de ses textes et de sa voix cabossée devenue mythique.  Un grand merci à Clémence Reach et Laurine Evano et aux équipes de TS Productions.

Jean Christophe Mary

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