Du 7 au 18 septembre, le Forum des Images accueille la 22ème édition de l’Étrange Festival. Un monde où il fait bon de séquestrer son amour impossible, où chaque réunion de famille se clôture dans un bain de sang convivial, où votre voisin peut s’adonner à ses penchants les plus déviants. Un monde à l’image de notre société.
Cette année l’Étrange Festival semble avoir pris au pied de la lettre l’expression « le monde part en vrille ». Oubliez les zombies, les mutants en tout genre, et autres délires gores cathartiques, l’horreur est à visage humain. Frédéric Temps, le fondateur et délégué général de l’Étrange Festival s’en explique : « Chaque année, les visionnages intensifs pour la préparation de la sélection nous offrent le reflet de l’air du temps et à un instant T. Pour le cru 2016, très vite nous nous sommes rendus compte que beaucoup de cinéastes traitaient dans leurs films, que ce soient des comédies, des thrillers ou des films d’animation, des tourments d’une certaine jeunesse. Et ce, aux quatre coins de la planète. Par les temps qui courent, cela n’a rien de très étonnant mais il est intéressant de pouvoir confronter ces différentes visions dans une même programmation et constater que chacun traite le sujet sous un angle différent. Que ce soit sous la forme de l’humour, de l’horreur ou du drame psychologique, en effet. Et, fort heureusement, il n’y a pas que le gore qui soit graphique. »
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Pour les amoureux du cinéma qui tâche, ne vous inquiétez pas. Cette 22ème édition aura l’honneur de vous présenter en avant-première Patchwork de Tyler McIntyre. Un délire comico-gore à la croisée d’un Sam Raimi (Evil Dead) et d’un Tom Six (Human Centipede) : 3 femmes sont enlevées et charcutées pour être assemblées en une seule et même personne. Non contentes du résultat final, ce Frankenstein féministe décide de partir à la recherche de son créateur pour se venger.
Même si au premier regard l’Étrange Festival semble s’être assagi, le sang de nos peurs coule toujours dans ses veines. Elles se font plus contemporaines et délaissent le fantaisiste au profit d’un réalisme tangent qui critique sans maquillages les travers de notre société. C’est peut-être ça au final la force de ce festival, continuer à nous surprendre en dépassant les préjugés qui collent à la peau de cet étrange cinéma. L’horreur a de multiples visages, et le pire est à votre image.
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