Martin Scorsese qui nous a étonné dans le genre film noir Taxi Driver, Les Affranchis Casino, Gangs of New York Les Infiltrés et plus récemment la série Boardwalk Empire revient ici avec un thriller avec pour toile de fond le monde de la musique pour cette série Vinyle.

L’histoire du producteur Richie Finestra dans ce film Vinyle est une critique acerbe du monde de la musique. Ses addictions, son cynisme, sa gouaille et son agressivité, élaborés par les scénaristes en font un héros totalement amoral. Non seulement Richie n’a ni dieu ni maitre, ne respecte aucun code, ni celui de la famille, ni de l’honneur envers ses amis ou ses artistes (comme Lester ce talentueux bluesman plusieurs fois trahi) mais reste impuni de l’assassinat d’un patron de radio. Producteur prêt à tout, dévoré par la volonté de se faire un maximum d’argent, son activité n’est pas de tout repos. Richie croise souvent la route des addictions (on voit sa jeune assistante faire le plein d’herbe, coke et autres pilules colorées auprès de dealers dans le métro), de mafieux avec lesquels il orchestre des magouilles. Le spectateur assiste à une lutte de pouvoir entre les directeurs artistiques, de batailles d’égo et au final de trahisons (contrat véreux proposé à Led Zeppelin qui finalement signera chez Atlantic). Comme Tony dans les Soprano, Richie appartient à l’ancienne génération. Il n’arrive pas à prendre ses marques dans cette époque en pleine mutation, qui voit arriver l’explosion du disco, du punk et la naissance du hip hop.
Les points forts de cette serie Vinyle sont bien sûr les costumes, les décors avec ces reconstitutions remarquables des rues et immeubles du New York des 70’s, cette magnifique photographie couleur sépia qui donne ce petit côté rétro. Même si on ne les voit pas à l’écran, comment ne pas penser à ces lieux mythiques, le Chelsea Hotel, la Factory, le club 54 ou le CBGB. L’autre atout de la série est cette succession de tubes qui s’enchainent les uns après les autres. C’est la bande son de toute une époque fascinante. A noter également cette belle galerie de personnages en forme de clin d’œil. Même si certains sont plus ou moins réussis, on a quelques frissons à l’apparition des sosies d’Alice Cooper, Peter Grant le bouillonnant manager de Led Zeppelin (plus vrai que nature!), Elvis et le colonel Parker, David Bowie, John Lennon, Johnny Thunders, Gram Parsons, Stephen Stills et la faune de la Factory d’Andy Warhol.
« Après mûre réflexion sur cette saison de Vinyle, nous avons décidé de ne pas développer plus avant la saison 2 de Vinyl, a annoncé la chaîne américaine du câble, HBO. À l’évidence, cette décision n’a pas été facile à prendre. elle n’entame en rien notre respect pour l’équipe de créateurs et les acteurs, qui se sont engagés avec passion dans ce projet. »
Vraiment dommage, car cette première saison nous avait drôlement mis l’eau à la bouche.
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