Accueil / Culture / Littérature / BD / « Aspirine » : Une ado plus difficile que les autres !!

« Aspirine » : Une ado plus difficile que les autres !!

« Petit vampire », « L’éternel », « Le bestiaire amoureux », « Grand vampire »Joann Sfar ne serait-il pas accro et/ou fasciné par la jeunesse éternelle ???!!! Une question à laquelle nous n’aurons pas de réponses ! Son nouvel ouvrage sur le même sujet : « Aspirine » aux Éditions Rue de Sèvres, est une comédie horrifique, fantastique, gothique et hilarante ! Encore un petit bonheur, que nous aurons toujours plaisir à lire, tant le récit est philosophique et amusant, sortie prévue le 6 Juin 2018. Récit en one-shot.

Partons à la rencontre d’un personnage que l’on avait déjà vu dans ses précédentes créations, en la découvrant plus intimement. « Aspirine », une vampire de 300 ans, destiné à être une ado éternelle, en rage totale contre son état immortel, en quête d’ataraxie suprême !!!!!

Aspirine © Rue de Sèvres
  • Le décor :

Yidgor est étudiant en première année de philo à La Sorbonne-Paris. Le parfait « Geekos » de base. Complètement introverti et plongé dans son monde virtuel et imaginaire. Entre Warhammer, ses figurines collectors, son rat, la vie lui semble insipide et superflue ! Un grand incompris qui ne rêve que de magie, de surnaturel … de quelque chose qui lui mettrait une telle claque que ses yeux s’ouvriraient enfin, émerveillés,  sur le monde extérieur !!!!

Parallèlement, étudiante elle-aussi, Aspirine est une vampire. Loin d’avoir une vie sociale très épanouïe, son adolescence éternelle est devenue pour elle, plus un fardeau qu’un atout. Plus rien ne l’amuse. Il faut dire qu’au bout de 300 ans, vivre toujours les mêmes choses, se regarder dans la glace et voir ce physique longiligne sans forme féminine toute sa vie;  c’est quand même la grosse loose !!!

Contrairement à l’état dépressif habituel, pour Aspirine, la dépression se traduit par une espèce de rage mêlée de rancœur contre tout ce qui vit. La plupart de ses sorties se caractérisent par un véritable carnage. Sa sœur, Josacyne, avec qui elle partage l’appartement familial, est excédée par son comportement !! La jeune adolescente ne se retient même plus d’attaquer sauvagement les hommes qu’elle ramène à la maison pour assouvir d’autres désirs !

Aspirine © Rue de Sèvres

 

Malgré les discussions et les mises au point, Aspirine est toujours aussi impulsive et incontrôlable. Mais lorsqu’Yidgor va commencer à s’intéresser à elle, leurs vies respectives vont prendre un tel tournant que ces deux « ovnis » de personnages vont finir par s’apprécier l’un l’autre !!!

Mais avec Aspirine, mieux vaut se méfier du sens « apprécier » !!!!!!

Aspirine (extrait) © Rue de Sèvres
  • Le point sur la BD :

Le ton est donné dès les premières pages. Cette BD aurait pu faire un court roman ou un court métrage, tant les dialogues et les réflexions sont profondes et complètement déjantés !!!

Déjà, l’adolescence n’est pas un passage très facile. Surtout à l’époque actuelle. Mais, en y ayant rajouté le syndrôme vampirique, Sfar tourne complètement en dérision le mythe du « suceur de sang » et celui de l’âge « bête » (sans jeu de mots !). Il a du être follement bien rencardé pour pouvoir retraduire aussi finement l’état « second » dans lequel se trouvent la plupart des ados que l’on côtoie tous les jours. Accompagnés par les réseaux sociaux. Les applications virtuelles. Il n’en reste pas moins, les provocations. L’esprit de contradiction. La réflexion sur la vie. L’inconstance permanente. Bref, tout y est, avec en bonus, les pouvoirs relatifs à l’état vampirique !!! Autant vous dire que ça déménage et que les références fusent !

Malgré tout, ses personnages sensibles ont le même rêve. Sortir de cette vie routinière afin de trouver un intérêt à la vie … et à la mort pour « Aspirine » !!!

Aspirine (planche)© Rue de Sèvres
  • En conclusion,

Sfar réussi un véritable coup de génie en exploitant plus loin un de ses personnages de BD. « Aspirine » aux Éditions Rue de Sèvres est à la fois une « aventure » philosophique. Explosive. Incontrôlable, mais aussi une repro parfaite de ce que sont les attentes et les soucis de la jeunesse actuelle. Le goût pour l’intérêt est difficile lorsqu’avec tous les moyens virtuels, on peut tout savoir d’un simple clic !

Ouvrir « Aspirine », c’est un peu comme se retrouver debout, dans la scène, devant l’ascenseur qui s’ouvre de« Shining » (Kubrick) et puis finir, tout ouïe, couvert de sang, assis dans la série : « The end of the fucking world » !!!!!

Alors, France Net Infos vous souhaite un bon voyage !!!!

 

<br />

A propos stef emma

Rat de laboratoire, BDphile, et couteau en second sur Le bon goût des choses ( végétarien, végétalien)

A lire aussi

Wings Greatest et Thrillington

Wings Greatest et Thrillington : un excellent aperçu de la première décennie de McCartney !

Au sommet de la gloire, Paul McCartney quitte les Beatles en avril 1970 pour démarrer ...

Lire les articles précédents :
La dernière vie de Romy Schneider par Bernard Pascuito

Après une première chronique parue le 10/07/2017 sur le livre consacré à Patrick Dewaere "Un ...

Ma baby encyclopédie Larousse – La nuit

La nuit est un nouvel ouvrage qui vient compléter la collection Ma baby encyclopédie Larousse, ...

4 idées pour passer du temps avec votre enfant le mercredi

Vous ne travaillez pas le mercredi et eux non plus (en tout cas pas toute ...

Fermer