Trois albums, trois meurtres, trois médecins légistes ! Le dernier opus d’Autopsie se déroule en Australie.
Amanda Munumgurr pensait faire ses classes de médecin légiste dans l’une des grandes villes du pays. Malheureusement, elle se retrouve coincée dans une petite bourgade paumée, où le quotidien s’avère terriblement ennuyeux… jusqu’au jour où un gamin de dix ans, accro à Google Maps, découvre un vieux cadavre momifié au beau milieu du désert.
Une enquête à mener. Des origines à se réapproprier, malgré la discrimination, l’aridité du désert et une embuscade de grande ampleur !
À retrouver aux Éditions Oxymore.(+16)

Le décor
Vue aérienne sur Karratha…
Un peu plus bas, Amanda, au volant de sa bagnole, arrive dans la zone portuaire. Dans ce qu’elle appelle » la capitale des ploucs, de la bière éventée et de la poussière qui colle à la peau », un cadavre vient d’être découvert entre deux containers. Encore un ouvrier des mines. Le pauvre bougre s’est noyé dans son vomi après une bonne biture. Quoi qu’il en soit, il faut rapatrier le corps, l’autopsier et conclure sur les causes du décès. Dans ce bled pourri à l’autre bout du monde, rixes, accidents et morts violentes sont monnaie courante.
Pour Amanda, c’est la routine. Rien de spécial, jamais d’affaire palpitante pour cette jeune légiste aborigène qu’on a gentiment mise « au placard » dans cette petite ville. Pourtant, elle avait tout pour réussir, après avoir brillamment validé ses examens au VIFM de Melbourne. Mais la couleur de sa peau, le fait qu’elle soit une femme, « une Indigenous Australian » comme ils disent, ont vite tracé son avenir… Résultat : une furieuse envie de prendre la tangente.
Le lendemain, son supérieur la convoque dans son bureau. Une mutation, enfin ? Pas du tout. Mais cette fois, une enquête passionnante à élucider !

Le point sur la BD
Enquête dans le milieu de la drogue, des labos clandestins et des gangs ethniques : voici le troisième et dernier opus d’Autopsie, qui prend ses quartiers dans une petite ville côtière d’Australie-Occidentale. On est immédiatement plongé dans ce climat sec et brûlant, en compagnie d’une brillante médecin légiste au ton acerbe vis-à-vis de sa condition.
Un physique de déesse pour une autochtone, mais surtout une force intérieure qui l’amène à transcender ses origines pour se sortir du pétrin. Ce tome, publié aux Éditions Oxymore, se distingue par la manière dont Antoine Tracqui mêle féminisme et mysticisme, au service d’un scénario intrigant.
Quoi de mieux qu’un pays où la rudesse des paysages, magnifiques mais menaçants, est rendue par Philippe Vandaele et Zivorad Radivojevic. Et magnifiée par une colorisation façon 50° à l’ombre ? Ajoutez à cela des thématiques très actuelles : exploitation des minorités autochtones, ponction des ressources, discrimination systémique. Tout y est.

Conclusion
Un dernier tome en « négatif » pour cette nouvelle Autopsie, avec une femme légiste au caractère et à la force fascinante. Les Éditions Oxymore nous auront baladés des pays nordiques et glacés jusqu’à ce désert invivable et mystique, avec une facilité déconcertante.
L’esthétique macabre reste saisissante de bout en bout. Ce dernier scénario plonge au cœur du dilemme d’une société où les femmes et les Aborigènes n’ont pas leur place. Sauf pour résoudre les énigmes que personne ne veut affronter.
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