Le Barbier de Séville à l’Opéra de Paris : une distribution haut de gamme dans mise en scène inspirée du cinéma d’Almodovar.

 Après le succès phénoménal lors de sa création au à l’Opéra Bastille en 2014, Le Barbier de Séville est de nouveau à l’affiche pour 8 représentations exceptionnelles, du 30 mai au 19 juin 2022.

Crée en février 1816 à Rome, le Barbier de Séville fut l’un des premiers triomphes européens de l’opéra. S’inspirant de la comédie de Beaumarchais, Rossini en a conservé toute la fougue pour créer ce bouillonnant opera buffa. Le metteur en scène italien Damiano Michieletto qui faisait ses débuts à l’Opéra de Paris lors la création de cette nouvelle production en 2014, vient d’ajouter une page éclatante à la longue et glorieuse histoire de ce chef-d’oeuvre populaire entre tous.  Cet opéra bouffe, le plus célèbre de l’histoire de la musique, reste une éternelle source de délices comme dans ce finale du premier acte, ou Rossini mêle tous les styles et enchaîne avec une virtuosité stupéfiante duo, trio, quintette et sextuor.

Chef-d’œuvre du genre buffa, Le Barbier de Séville connaît toujours le même succès qu’à sa création en 1816. Inspiré de la pièce éponyme de Beaumarchais, l’opéra de Rossini reste fidèle à la simplicité narrative de la pièce, tout en mettant en scène des personnages bouillonnants au rythme effréné de la partition. L’ouverture comme les airs gagnent rapidement leur célébrité. Originaire de Venise, berceau de la commedia dell’arte, Damiano Michieletto est sensible à la veine burlesque de la musique rossinienne. Il transpose l’action de cette « précaution inutile » dans une Séville contemporaine inspirée du cinéma d’Almodovar.

L’immeuble monumental de Bartolo, tuteur de la jeune Rosina, au sein duquel Figaro tourbillonne en électron libre, permet au metteur en scène de donner libre cours à son imagination déjantée. Sa mise en scène endiablée alterne avec une extrême aisance entre un réalisme pittoresque et un fantastique onirique à travers ce décor monumental un immeuble plus vrai que nature qui fait du Barbier de Séville une comédie loufoque  mais aussi criante de vérité. Cette reprise est un triomphe annoncé pour plusieurs raisons :

la présence de grandes voix telles la mezzo-soprano Aigul Akhmetshina dans le rôle de Rosina, du ténor américain René Barbera dans le rôle du Tuteur Le Conte d’Almaviva, le baryton basse Renato Girolami dans le rôle de Bartolo, le baryton polonais Andrzej Filończyk dans le rôle de Figaro et une direction d’orchestre confiée à Roberto Abbado qui succède à Carlo Montanaro (2014) et Riccardo Frizza (2016), ces magnifiques décors d’une ville espagnole de la movida des 80’s signés Paolo Fantin et enfin la scénographie colorée et vitaminée de Damiano Michieletto, réputé pour le souffle et la précision de ses mises en scène dans cette façon de mettre à nue l’âme des personnages. Un triomphe annoncé dès la première.

Jean-Christophe Mary

Il Barbiere di Siviglia- Le Barbier de Séville

Opera buffa en deux actes (1816)

Musique

Gioacchino Rossini

Livret

Cesare Sterbini

D’après Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais

En langue italienne

Direction musicale : Roberto Abbado

Mise en scène : Damiano Michieletto

Décors : Paolo Fantin

Costumes : Silvia Aymonino

Lumières : Fabio Barettin

Chef des Choeurs : Alessandro Di Stefano

 

Il Conte d’Almaviva : René Barbera

Bartolo : Renato Girolami

Rosina : Aigul Akhmetshina

30 mai – 2, 4, 7, 10 juin 2022

Emily D’angelo

14, 17, 19 juin 2022

 

Figaro : Andrzej Filończyk

Basilio : Alex Esposito

Berta : Katherine Broderick

Fiorello : Armando Noguera

Un ufficiale : Christian Rodrigue Moungoungou

 

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