Le Journal d’une femme de chambre : cruellement votre.

Le 14 septembre 1898, Célestine prend sa nouvelle place au Mesnil-Roy, en Normandie, et décide de tenir son journal. La bourgeoisie vue par le petit trou de la serrure et l’oeil de ses domestiques, qui ne valent pas mieux qu’elle. 

Ce Journal d’une femme de chambre a 125 ans, et tel un bon vin a gagné en superbe et en férocité. Tout repose sur les épaules Lisa Martino, dont la justesse naturelle de jeu est sublimée par la somptueuse mise en scène en clair-obscur de Nicolas Briançon. Car Célestine est une jeune femme d’une ambiguïté troublante, tant autant séduisante qu’inquiétante. Octave Mirbeau dresse un portrait au vitriol de toutes les classes sociales, complaisantes dans leurs médiocrités à se jouer communément de leurs us et coutumes pour défendre les affres d’une méritocratie sans foi ni loi. Lisa Martino se mue de victime à bourreau avec une grâce caustique, où la révolte féministe se confond à une perversité de connivence à se soumettre. Le Journal d’une femme de chambre est une satire cruelle, encore contemporaine, pour notre plus grand déplaisir.

Le journal d’une femme de chambre
Mise en scène de Nicolas Brainçon
Avec Lisa Martino
Théâtre de Poche Montparnasse, jusqu’au 12 juillet.  

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