Été 1971, Marie-Claire, 16 ans, tombe enceinte. Bien que ce soit un crime puni par la loi, elle ne veut pas garder l’enfant. Elle veut avorter. Solidaire, sa mère, Michèle puis Lucette, Renée et Micheline mettent tout en œuvre pour l’aider. Mais l’avortement clandestin tourne mal…
Le procès d’une vie retrace le combat de femmes ordinaires emportées dans un tourbillon judiciaire qui changera à jamais le droit des Femmes en France. On est plongé dans les années 70 avec une véracité effrayante, tant elle fait écho aux relents réactionnaires de notre époque. 51 ans après la loi Veil qui légalise l’interruption volontaire de grossesse, cette avancée sociétale perd de sa légitimité.
La pièce réussit l’exploit de condenser en 1h20 une fresque cinématographique à la gouaille comique dont les enjeux dramatiques sont bouleversants. On ressent cette urgence de passer le relais à une nouvelle génération biberonnée à TikTok. Le rythme est effréné, et la multiplicité des rôles joués par les 7 comédiens appuie la force de cet élan collectif à choyer.
Un procédé astucieux qui privilégie l’émotion pure à la reconstitution historique approfondie. Un parti pris qui a ses limites : l’avocate Gisèle Halimi est réduite à une image de super-héros. On peine à saisir les origines de son militantisme judiciaire. On aurait aimé découvrir la femme derrière l’icône féministe. Un paradoxe qui n’enlève en rien au fait que Le procès d’une vie est un cri de résistance puissant et salutaire.
Le procès d’une vie
Le Splendid, jusqu’au 31 mai 2026
Une pièce de : Barbara Lamballais et Karina Testa
Mise en scène : Barbara Lamballais
Avec : Jeanne Arènes, Clotilde Daniault, Maud Forget, Déborah Grall, Karina Testa, Céline Toutain, Julien Urrutia
Scénographie : Antoine Milian
Lumières : Rémi Saintot
Son et musiques : Benjamin Ribolet
Costumes : Marion Rebmann
Perruques : Julie Poulain
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