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Louis Ferdinand Céline ; Au front en 1914 : Le début du voyage

COUV Céline à 20 ans PL1HD

C’était le 4 juin que sortait : Louis Ferdinand Céline ; Au front en 1914 : Le début du voyage, publié aux éditions Au diable vauvert et écrit par Louis-Paul Astraud, qui est, par la même occasion, le directeur de la collection à 20 ans. Ce livre est un véritable délice pour qui se passionne de l’auteur. Céline est l’un des, si ce n’est le, plus talentueux écrivain de son siècle. Céline, c’est ce n’est pas que Voyage au bout de la nuit. C’est, et cela demeure, l’invention d’un genre.

Il y a le genre de Céline et celui des autres, se conformant au beau pour le beau, au respect des bonnes mœurs et des règles académiciennes, qu’il tenta d’ailleurs longuement de démontrer dans son essai satirique « entretiens avec le professeur Y ».

Les origines du talent de Céline

Celui qui ne connait l’histoire de Céline sera bien rassasié de détails après sa lecture. On aurait pu croire aux vues de ses écrits, que Louis Ferdinand Céline, alias Destouches ou Des Touches selon son humeur, vécu une enfance mouvementée. En général, il naît de génie littéraire que dans le non singulier, dans l’instable, dans la folie. C’est typiquement l’inverse que vécu l’auteur. Fils de bonne famille, dans une situation financière correcte, bien que pas mirobolante, Céline est un enfant couvé, surprotégé même. On a du mal à comprendre au départ, quels sont les événements qui amèneront Louis à devenir Céline. C’est la toute la dramaturgie de cet écrit. La progression est amenée en suivant la chronologie des épopées de sa vie.

Au front en 1914 : le début du voyage

C’est à partir du moment où Louis Destouches part au front que viendra s’épaissir le bagage littéraire du jeune homme. Avant la guerre, Céline n’avait de marginal que l’héritage d’une grand-mère dont il prit le patronyme ; et ses quelques instants à flâner sur les marches de « l’ambigu »

Céline est volontaire pour partir au front. Les prémisses de son œuvre en sont issues. La guerre, ses horreurs, ses blessures, la mort ; omniprésente, sont autant d’éléments qui participeront à l’œuvre obscure de l’auteur. Personne n’imaginait que cela durerait aussi longtemps. « Heureusement », Céline sera blessé assez tôt et réformé par la même occasion. Toujours, ses parents seront derrière lui, à le choyer. Prendre soin de leurs fils unique demeurait leur but principal si ce n’est l’unique. Céline fut de ses enfants de la guerre qui survécurent malgré eux, comme auréolé d’une protection divine pour que le génie artistique puisse s’exprimer ensuite.

L’Afrique, la découverte réelle de l’homme

Le départ de l’auteur sur le continent africain est le réel début de son existence d’homme. Et bien que l’auteur continue d’être assidûment suivi par ses parents qui lui font parvenir livres, argent et médicaments, Céline se découvre en tant qu’homme. Une nouvelle aspiration émerge, notamment celle qui conditionnera son mariage futur, celle de devenir médecin. Céline se passionne de science et dévore tout ce qui lui passe sous la main grâce aux courriers de son père. Il médicamente « ses nègres » comme il les appelle, faisant d’eux, les cobayes de sa nouvelle passion, dont il a, aux vues des écrits, un certain talent.

L’Afrique est aussi le déclencheur de la furie raciste de l’auteur. Son biographe reste très objectif sur le sujet, mais nous, nous nous demandons si la xénophobie de l’auteur peut alors réduire le génie dont on le croit voué, à la simple notion de talent. Oui, car comment peut-on être habité par cette grâce divine et à la fois prôner les valeurs si primaires du racisme sous n’importe quelles formes ? C’est là la limite de l’auteur, qui ternit son âme par la noirceur des pensées qu’il n’aura su maîtriser.

À travers cet ouvrage, au diable vauvert, qui perpétue l’édition de sa collection à 20 ans, il se révèle un vrai travail de fond, mêlant histoire, littérature, et l’art en général. Ce livre, Au front en 1914 : Le début du voyage, aurait pu être amoindri, pas une syntaxe trop usuelle, théorique ou technique, ou par un travail subjectif. Mais Il n’en est rien. Nous sentons le désir d’informer, de partager une passion, certes, mais avec tous les ingrédients nécessaires à sa compréhension. Nous ressentirons tout de même, au fil de l’ouvrage, que son auteur, Louis Paul Astraud  est quelque peu influencé par l’homme sur lequel il écrit. Son style, son regard… Il y a un quelque chose Célinien, qui demeure bien entendu le plus bel éloge qu’on puisse lui faire.

Pour nous, ce fut un réel plaisir car qui se passionne pour Céline, se passionne pour ce livre.

 A lire sans hésitation !

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