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Interview de Jean Pierre Améris pour L’homme qui rit

Le Film:

L’adaptation par Jean Pierre Améris, du Roman de Victor Hugo, L’homme qui rit, à fait son apparition dans les salles de cinéma le 26 décembre dernier.

Après avoir été abandonné en pleine tempête de neige, Gwynplaine, un jeune garçon mutilé au visage par une large cicatrice lui dessinant un sourire maléfique, va auprès de son père adoptif Ursus et de sa soeur de coeur Déa, faire de son point faible un atout. Ainsi il sera une bête de foire et parcourras avec sa nouvelle famille les routes pour s’offrir en spectacle. Face à son succès, Gwynplaine va être tenté par la luxure laissant de côté les deux êtres qui lui sont les plus chers.

Agréablement mis en lumière avec un décor nous faisant découvrir un véritable univers magique rappelant l’univers du cirque, on ne pourra reprocher à L’homme qui rit la qualité première du film : la réalisation. S’attelant au texte de Victor Hugo, engendrant une difficulté particulière quand à la déclamation des dialogues, qui se pouvaient être plus aisément joués au théâtre, et qui malgré un casting de talents donne parfois lieu à des scènes maladroitement interprétées. Attendant toujours que l’histoire finisse par décoller, c’est déçue par l’immense potentiel et le soin particulier que présentait l’oeuvre de Jean Pierre Améris mais néanmoins avec le sentiment d’avoir voyagé, que certains spectateurs ressortirons des salles obscures.

L’interview du réalisateur Jean Pierre Améris :

Pourquoi avoir choisi d’adapter l’homme qui rit de Victor Hugo ?

Jean-Pierre Améris : C’est un roman que j’ai lu quand j’étais très jeune, j’avais 15 ans et j’ai toujours rêvé de le porter à l’écran d’autant plus en 2006 car je trouvais que cette histoire avait quelque chose de très moderne qui pouvait avoir une résonance chez le spectateur. Je me suis toujours senti proche des gens un peu délaissé, inadapté à la vie sociale.

C’est un film dans lequel vous avez imprégniez un très bel univers, quelles ont été vos influences ?

J’ai toujours aimé l’esprit Anglosaxon, les histoires qui se passent dans les maisons hantées m’ont toujours attirées. On me dit beaucoup que mon film fait penser à celui de Tim Burton mais ce n’est pas pour rien. Revenir à du Victor Hugo c’est s’apercevoir que cet auteur à beaucoup influencé tous le cinéma américain gothique. Le Joker de Batman par exemple est fortement influencé par l’homme qui rit de Victor Hugo tout comme le personnage de Tim Burton, Edouard aux mains d’argent a qui on retrouve des similitudes avec le personnage de Victor Hugo. Il s’agit à chaque fois d’un jeune homme un peu naïf, une créature inachevée, un objet de désir qui rêve que d’une chose être intégré dans le monde au risque de s’y perdre.

Dans votre film on retrouve quelques clins d’œil..

Oui ! Mon film est nourri de mon amour du cinéma. Quand j’avais 15 ans je ne faisais que regarder des films et lire des livres et je n’aimais quasiment que ces univers fantastiques. On y retrouve des plans de « la belle et la bête » des choses qui viennent de « Freaks » ou encore sans prétention « La strada » de Fellini, tous ces univers de cirque avec cet artisanat de l’art m’a toujours attiré.

D’autres adaptation cinématographique de L’homme qui rit avaient pris parti de finir par un happy end, ce n’est pas votre cas, pourquoi ce choix ?

J’ai voulu être fidèle au roman de ce coté là. Etant un passionné d’opéra et connaissant bien ces morts un peu tragiques, je trouvais que ce n’était pas des morts tristes mais des morts qui vous consolent. J’ai toujours préféré les fins comme celle-ci. C’est comme Roméo et Juliette dans leur mort ce n’est pas quelque chose de triste mais quelque chose qui vous élève avec l’idée de retrouvailles au-delà de la mort qui me tient à cœur.

Avez vous écrit ce film en pensant qu’il pourrait guérir certain adolescents, qui comme vous l’étiez à 15 ans, sont mal dans leur peaux, rejetés, un peu en marge?

Je ne fais que des films dans ce but là. En pensant que quelque part il y a peut être un garçon ou une fille qui est dans l’état dans lequel j’étais adolescent et que éventuellement mon film pourrait les aider. Je pense toujours à mon état de mal être dans lequel j’étais avant de rentrer dans les salles de cinéma et de cette état dans lequel je me trouvais en sortant, comme ragaillardit par le film que je venais de voir.

Comment s’est opéré votre casting ?

J’ai eu la chance d’avoir une troupe fantastique, et hétéroclite comme je les aime. Avec des personnes venuent de tous les horizons. Il y a un immense acteur de théâtre Serge Merlin, qui a consacré toute sa vie à Samuel Beckett et qui joue le rôle du chambellan, Emmanuelle Seigner qui a une tout autre façon de jouer. Pour les deux personnages principaux, j’ai pas du tout hésité je n’ai pas vu d’autres personnes que Marc André Grondin et Christa Theret parce qu’il représentait la beauté, la profondeur de ces rôles. Et enfin Gérard Depardieu auquel j’ai tout de suite pensé car il avait l’humanité de son personnage Ursus.

M.S

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