Super Gau – Éditions Steinkis / AuxConfins

« Super Gau » : terme employé pour désigner un accident nucléaire majeur avec fusion du cœur d’un réacteur et fuites radioactives massives.

Nacho, Léa, Quang, Josie… sont des gens comme les autres, vivant en Allemagne, avec leurs hésitations, leurs blessures et leurs espoirs fragiles. Mais pendant que leurs vies suivent leur cours, un événement majeur se produit à des milliers de kilomètres de là. Le 11 mars 2011, au Japon, un séisme suivi d’un tsunami provoque la catastrophe nucléaire de Fukushima. 

Avec ce titre, Béa Davies imagine un récit sensible où l’écho d’une catastrophe mondiale vient résonner dans les vies minuscules de personnages éloignés du drame.

Un roman graphique publié le 26 février 2026 aux Éditions Steinkis / Aux Confins,qui interroge l’impact des événements majeurs sur nos existences modernes.(+14)

Super Gau © 2026, Steinkis / AuxConfins

Le décor

Japon, 11 mars 2011 …

La vie semble suivre son cours dans les rues. Les passants marchent, les voitures circulent, les commerces attirent les badauds. Un ingénieur avance, téléphone à l’oreille, comme dans n’importe quelle journée ordinaire. Puis tout bascule. Le sol tremble violemment. Les débris tombent, les bâtiments vibrent. Les haut-parleurs diffusent une alerte urgente : « Tsunami ! Dirigez-vous immédiatement vers les zones élevées ! »

Au loin, la mer jusque-là calme se transforme en une masse gigantesque qui avance inexorablement vers la ville. Certains fuient, d’autres restent figés, incapables de croire à ce qu’ils voient. L’ingénieur, lui, continue de marcher, essayant toujours de passer son appel. Il finit par s’arrêter devant une cabine téléphonique isolée et compose à nouveau le numéro. C’est alors qu’il lève les yeux. Une vague immense envahir la rue devant lui.

Pendant ce temps, à des milliers de kilomètres de là, en Allemagne, la vie continue. Léa raconte un étrange rêve dans lequel elle vole au-dessus d’une étendue d’eau infinie. Un rêve ou un cauchemar lorsqu’une main ne la retient brusquement…

Le point sur la BD

Béa Davies construit un récit choral où plusieurs vies ordinaires se croisent, dans cette oeuvre publiée aux Éditions Steinkis / AuxConfins. L’autrice s’intéresse moins à la catastrophe elle-même qu’à son écho dans les existences individuelles.

Les personnages qu’elle met en scène ne sont ni des héros, ni des spécialistes du nucléaire. Ce sont simplement des personnes confrontées aux incertitudes de la vie moderne. Léa cherche sa place dans le monde à l’approche de ses 18 ans. Josie tente d’aider les autres sans réussir à résoudre ses propres difficultés. Et Nacho lutte contre le syndrome de la page blanche.

À travers eux, Béa Davies développe un parallèle puissant entre deux types de catastrophes. D’un côté, le Super Gau nucléaire, brutal et spectaculaire, qui détruit un territoire en quelques instants. De l’autre, ces catastrophes intimes, plus lentes et silencieuses, qui se construisent au fil des années dans des vies fragilisées par les difficultés sociales ou personnelles.

Graphiquement, Béa Davies adopte un noir et blanc sobre et atmosphérique. Les décors urbains sont dessinés avec précision tandis que les visages restent simples mais très expressifs. Les planches jouent beaucoup sur le rythme du montage : alternance de plans larges et de gros plans, silences visuels, bruit des onomatopées qui envahissent parfois l’espace. Cette mise en scène donne au récit une dimension lisse qui accentue la sensation d’inquiétude diffuse, et la dimension contemplative et introspective du récit.

Conclusion

Avec Super Gau, publié aux Éditions Steinkis / Aux Confins, Béa Davies propose une œuvre déroutante qui ne laisse pas indifférent. L’autrice mêle l’impact du séisme et du tsunami de 2011 à la vie de personnages ordinaires, comme pour rappeler que les catastrophes du monde résonnent toujours d’une manière ou d’une autre dans nos propres existences.

Cette lecture peut déstabiliser, mais elle pousse aussi à réfléchir à la fragilité de nos trajectoires et aux événements qui peuvent tout bouleverser. Un roman graphique marquant, dont l’approche sensible et introspective laisse une impression durable une fois la dernière page tournée.

A propos stef emma

Rat de laboratoire, BDphile, bibliothrope !

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