Festival de Cannes J4 : La petite dernière, Sirat et Bono

Pour son troisième film en tant que réalisatrice, Hafsia Herzi fait son entrée dans la compétition officielle. Après « Tu mérites un amour », et « Bonne mère » qu’elle avait présentés à Cannes, hors compétition, elle concourt cette année pour la Palme d’Or avec « La petite dernière », adapté du roman autobiographique de Fatima Daas qui avait fait beaucoup parler à sa sortie. Musulmane pratiquante, née dans une famille algérienne, lesbienne, elle se livre sans fard. Hafsia Herzi s’est approprié le roman pour en faire un film charnel, un film d’amour, profondément humain, qui va sûrement libérer la parole en invitant des jeunes gens à affronter le regard des autres et de leur famille. Elle a confié le rôle principal à une comédienne débutante, Nadia Melliti, qui est la première révélation de cette édition. Son nom va sûrement circuler parmi les membres du jury lorsqu’il s’agira de choisir le Prix d’interprétation féminine.

Le réalisateur espagnol Oliver Laxe a aussi fait son entrée dans la compétition. Il a été récompensé pour ses précédents films à la Semaine de la Critique, à la Quinzaine des Réalisateurs et à Un Certain Regard. Il ne lui reste plus qu’à être sacré par le jury de Juliette Binoche. Pour nous,  son quatrième film, « Sirât » mériterait une belle place au palmarès. Dès les premières images du film, Oliver Laxe plonge le spectateur dans le désert marocain, au sens figuré comme au sens propre. Pendant près de deux heures, il suit le parcours de Luis (Sergi Lopez) accompagné de son jeune fils à la recherche de sa fille disparue. Il suppose qu’elle est venue là pour participer à une rave party géante. Il distribue des photos d’elle ça et là et tombe sur un groupe de ravers qui l’embarquent avec eux dans leur périple, en direction d’une autre fête encore plus grande. Après un début tonitruant, rythmé par une bande-son géniale, le film prend des allures de road-movie existentiel. Les personnages, tout comme les spectateurs, sont embarqués dans un voyage inattendu. Le « Sirat » est un pont reliant l’enfer et le paradis. C’est cette mince frontière qui est au cœur du film. La tragédie n’est jamais très loin du bonheur et il suffit de pas grand-chose pour basculer d’un lieu à un autre. Film de fin du monde, choc visuel, road-movie, « Sirât » est tout cela à la fois. Lors de sa présentation au Grand Théâtre Lumière, Oliver Laxe a bousculé les spectateurs et leur a fait vivre une expérience de cinéma comme on en voit seulement à Cannes. Avec ce film spectaculaire et perturbant, il a toutes ses chances de figurer au Palmarès.

A 22h, les festivaliers ont monté les marches sur la musique de U2. La dernière fois que Bono était à Cannes, c’était il y a plus de dix ans. Hier, c’était lui le héros de la soirée. Il est d’abord apparu aux pieds des marches accompagné de Sean Penn et de plusieurs soldats ukrainiens en tenue. Puis il est revenu pour les photographes avec The Edge, son épouse, ses enfants, mais aussi son amie Amal Clooney. S’il était à Cannes vendredi soir, c’était pour présenter « Bono : Stories of surrender », du réalisateur Andrew Dominik. Dans ce film, le réalisateur s’appuie sur des extraits du one-man-show qu’a donné Bono au Beacon Theatre, au cours duquel il a parlé de ses parents, de sa femme et de la création du groupe U2. Des mémoires ponctués des chansons mythiques du groupe. Au Grand Théâtre Lumière, les fans étaient comblés et ont réservé une belle ovation à Bono, visiblement ému d’être là.

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