Lors de la libération de leur camp en avril 1945, Les enfants de Buchenwald émergent brisés, orphelins, sans personne pour les attendre. Grâce à une mobilisation internationale, ils sont envoyés en juin 1945 dans un « château » près de Saussay-la-Vache, un village de l’Eure. Là, ils tenteront de se reconstruire, portés par l’accompagnement bienveillant de l’Oeuvre de secours aux enfants.
Ceci est une fiction touchante et pleine de résilience, basée sur les témoignages de quatre d’entre eux.
L’histoire complète est à retrouver depuis le 24 avril 2025, aux Éditions Steinkis.(+13)

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Le décor :
11 avril 1945…
Des bombardiers américains survolent le camp de Buchenwald. Dès que les explosions commencent, les soldats allemands prennent la fuite, tandis qu’au sol, la résistance interne du camp aide tant bien que mal les soldats américains à prendre le dessus. À 15h15 précises, le drapeau hitlérien tombe, et un drapeau blanc s’élève, signifiant à tous les prisonniers qu’ils sont libres !
Les soldats américains sont acclamés, les prisonniers sont en liesse et se serrent dans les bras. Au milieu de toute cette cohue, les enfants mettent du temps à comprendre. Mais lorsqu’un soldat leur tend une plaquette de chocolat, c’est comme un geste sacré, un premier éclat d’humanité. Les prisonniers sont si amaigris, si fragilisés, que certains succombent après la libération… simplement pour avoir trop mangé.
Dans le block des enfants, Zeev et Aron, 12 ans, sont interrogés par un des soldats au sujet de leurs parents. Aron mentionne son petit frère Chaïm, 8 ans, tombé malade avant cette libération. Ils le rejoignent pour le soigner. Fischel, un autre de leurs amis, recherche désespérément son père, mais n’a pas autant de chance qu’Aron. Trop faible, il est mort juste avant d’avoir pu goûter à la liberté.
Commence alors un long parcours pour ces quatre enfants : que vont-ils faire maintenant ? Orphelins, mineurs… quel destin les attend après ce camp ?
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Le point sur la BD :
L’Histoire nous montre souvent le début de l’horreur, rarement ce qu’il reste après. L’après-camp. Le silence. Les enfants de Buchenwald, aux Éditions Steinkis, aborde un épisode bien précis : celui de l’instant même où la liberté pointe son nez dans ce camp. La journaliste et historienne Dominique Missika met en scène, grâce aux témoignages bien réels de ces enfants, toutes les incertitudes de cet instant. De l’attente interminable pour retrouver un des siens dans un des blocks, jusqu’à l’incertitude de son avenir.
Comment se reconstruire lorsque la confiance en l’être humain a disparu, malgré la haine profonde et l’envie irrépressible de se venger ? Tous les aspects psychologiques et traumatiques sont abordés et mis en scène grâce aux illustrations réalistes d’Anaïs Depommier. Celle-ci reproduit même des clichés d’époque, qui donnent plus de réalité au récit. Sans parler de la colorisation d’Alessandra Alexakis, qui nous conforte avec ses marrons, ces couleurs chairs, dans une sécurité et une stabilité croissante.
On suit pas à pas leur destin, jusqu’à la résilience et l’espoir d’une vie nouvelle, malgré les traces indélébiles laissées par toutes les horreurs subies. L’épilogue et le carnet documentaire viennent encore nous secouer davantage, avec un saut de 60 ans dans le futur.

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La conclusion :
Un récit poignant et particulièrement bouleversant de cette blessure de l’Histoire, publié chez Steinkis. Les autrices mènent leur œuvre à la mémoire des enfants de Buchenwald, dont on retrouve un cliché particulièrement touchant en fin de lecture. Un autre regard sur l’Holocauste, et l’aprés Shoah, traversé d’espoir, de courage et de résilience.
N.B : À imposer en milieu scolaire, pour la mémoire, et pour l’émotion indispensable du récit de ces enfants devenus grands…

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