Nos pères, nos frères, nos amis – Dans la tête des hommes violents Éditions Steinkis

Pour faire écho au mouvement #MeToo, Mathieu s’interroge sur les mécanismes de la violence masculine, qu’elle soit verbale, psychologique ou physique.
Son enquête journalistique l’amène à concevoir Nos pères, nos frères, nos amis, un ouvrage au titre aussi lourd que nécessaire. En questionnant sa compagne, sa mère et d’autres femmes de son entourage, il fait un constat terrible : toutes ont déjà subi une parole, un geste, une menace, ou se sont senties en danger face à un homme.

Une enquête puissante sur la masculinité contemporaine, nourrie des témoignages de femmes, d’hommes, d’associations et de psychiatres. 

À retrouver aux Éditions Steinkis, depuis le 11 septembre 2025. (+16)

Nos pères, nos frères, nos amis – Dans la tête des hommes violents © 2025, Éditions Steinkis

Le décor

La rue aux couleurs d’automne, dimanche matin…

Une femme attend devant un garage. Mathieu arrive, un peu en retard. Ils se reconnaissent et s’installent dans un café. Micro à la main, il écoute son histoire.

Elle raconte sa vie de couple devenue cauchemar : la jalousie, les insultes, puis les coups. Un soir, son compagnon la frappe. En fuyant, elle croise leur colocataire, qui retient brièvement l’agresseur avant de retourner s’asseoir devant sa série. Comme si rien n’avait eu lieu.

La jeune femme trouve refuge chez un voisin policier. Elle porte plainte. Elle ne le reverra jamais. Une histoire parmi tant d’autres, que Mathieu recueille, conscient que chaque mot est un coup de tonnerre, chaque témoignage un morceau de confiance perdue.

Nos pères, nos frères, nos amis – Dans la tête des hommes violents © 2025, Éditions Steinkis

Le point sur la BD

“Si les monstres n’existent pas, alors qui sont ces hommes violents ?”

Ce titre fait écho au travail de Mathieu Palain, écrivain et journaliste plusieurs fois récompensé pour ses romans aux titres évocateurs : Sale gosse, Ne t’arrêtes pas de courir, Les hommes manquent de courage.
Dans cette adaptation graphique, Nos pères, nos frères, nos amis,  il entend et tente de comprendre les auteurs de violences conjugales.
Guidé par des associations, des psychiatres et les confidences de sa propre compagne, il explore ce que signifie “être un homme” dans une société où la domination s’apprend dès l’enfance. Mais pas que. On découvre que ce n’est pas le seul nerf de la guerre.

Les témoignages qu’il recueille, d’hommes de tous milieux, laissent entrevoir un désarroi profond, une incompréhension, parfois un déni total. Face à eux, des femmes brisées, lucides, épuisées de devoir se justifier d’avoir eu peur. Il tente de comprendre, sans excuser, pour empêcher cette violence.

Le dessin de Valentin Maréchal, visages triangulaires, traits doux, couleurs tamisées, agit comme un filtre apaisant sur un sujet brûlant.

Ce contraste donne à l’album, publié aux Éditions Steinkis, une justesse rare, entre émotion contenue et lucidité documentaire. On en ressort sonné : dans ce monde inversé, les victimes semblent encore trop souvent accusées, et les coupables se vivent en victimes.

Nos pères, nos frères, nos amis – Dans la tête des hommes violents © 2025, Éditions Steinkis

Conclusion

Un ouvrage brut, nécessaire, bouleversant, qu’il faut lire, digérer, puis relire. Nos pères, nos frères, nos amis, publié aux Éditions Steinkis, explore, sans amalgame, les racines de la violence : éducation, culture, honte, peur, ignorance, transmission, immaturité… Récit coup-de-poing qui nous plonge dans la tête des hommes violents et interroge la masculinité contemporaine sans détour ni complaisance.
Mais dans ce chaos, une lueur : celle d’hommes et de femmes qui choisissent enfin de regarder la violence en face : la leur ou celle qu’ils subissent.

A propos stef emma

Rat de laboratoire, BDphile, bibliothrope !

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