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Art Contemporain : Ici, ailleurs

Pour commencer les festivités de Marseille Provence 2013, je ne voulais pas commencer cette année de festivités par un concert au Vieux Port, je voulais aller visiter l’expo d’art contemporain de la Friche Belle de Mai, située au 41 Rue Jobin à Marseille à deux pas de chez moi.

 La friche ici ailleurs marseille provence 2013

Mais le jour venu, mon côté grégaire prit le dessus, je fis comme tout le monde, le samedi 12 janvier 2013, je descendis sur le Vieux Port écouter de la musique ! Honte à moi..Comme j’avais un peu mauvaise conscience en rentrant chez moi tard ce soir-là, ou tôt ce matin là..et après un bref dialogue intérieur, je décidai de braver un temps dégueulasse avec une pluie fine qui te mouille même pas, pour aller, clopin clopant, à la Friche Belle de Mai.J’adoooore ce lieu. On a l’impression que les locaux sont restés à l’ère de la révolution industrielle, les gens ont construit des locaux dans des containers, il y a des graffitis sur les murs et tout tient par des bouts de gros scotch ou par l’opération du saint esprit..Eh bien quelle ne fut ma surprise quand j’arrivai sur les lieux : je ne reconnaissais plus rien. Où était donc passée ma Friche ? Il faut dire que la dernière fois que j’y suis allée, c’était pour le concert de soutien annuel à Radio Galère au mois d’Août, et il me semble que beaucoup de bâtiments étaient en travaux.

 Mais là, on m’avait caché que la Friche s’était offert un ENORME lifting, et de luxe en plus !

Quand je pense qu’il y a encore peu de temps, j’avais peur de toucher les murs avec mes mains parce que je savais qu’il me faudrait les nettoyer au savon à microbilles pour espérer les retrouver en l’état, et qu’il était bien sûr hors de question de mettre des habits neufs, qui seraient impossible à ravoir, même à 90°..J’arrive donc devant le bâtiment principal et je découvre des murs fraîchement crépis, des sols lisses et propres, un immense espace dédié à l’art sur trois étages avec une bibliothèque au RDC, et le clou de l’expo : la fameuse Tour-Panorama dont on a tant parlé, au dernier étage.Oui, parce qu’on ne va pas se voiler la face plus longtemps, l’intérêt de l’expo, ce ne sont pas les œuvres d’art exposée, mais bel et bien le bâtiment en lui-même, et ce panorama majestueux sur ma ville, grand comme un stade de foot, qui donne le vertige et qui m’a fait dire à mon pote avec qui je visitais l’expo : ça va détrôner la vue de Notre Dame de la Garde !

Bon allez, je suis mauvaise langue, les installations étaient chargées de symboles et la visite très agréable, bien que j’ai été un peu frustrée par le peu d’œuvres exposées dans cet espace majestueux.Cependant, les thématiques de l’expo : la mémoire de la ville et de ses habitants, le mouvement par le voyage dans l’espace et le temps, étaient fort bien choisies et fort bien illustrées. Mais n’oublions pas que nous parlons d’art contemporain et que pour faire de l’art contemporain, il faut être un peu fêlé dans sa tête et que pour l’apprécier en tant que spectateur, il faut être encore plus fêlé que l’artiste.

Forte de ce concept, je partis à la recherche de l’œuvre « terrifiante » que doit contenir toute bonne expo d’art contemporain. Et je ne fus pas déçue ! Ainsi et pour clarifier mon propos, laissez-moi vous raconter ma dernière visite d’une expo d’art contemporain, c’était justement à la Friche Belle de Mai, l’été dernier, un artiste sûrement musicien, avait eu l’idée de pendre au plafond des guitares branchées à des amplis, et il avait accroché à ces guitares des mains coupées qui grattaient les cordes de manière aléatoire suivant les courants d’air.Des mains en plastique bien sûr, mais moi qui ai des problèmes de vue grâce au temps qui passe, j’ai eu la frousse de ma vie quand, en plissant fort les yeux, j’ai réalisé que les trucs beiges qui s’accrochaient aux cordes étaient des mains..

Donc, je reviens à l’expo qui nous intéresse, je vous disais que je m’étais mise en quête de l’œuvre terrifiante et j’ai fini par tomber nez à nez sur l’élue : la « mer échevelée » ou « mer chevelue », j’avoue que je n’ai pas bien retenu le nom de l’œuvre. C’est un tapis de cheveux qui ondule sous l’effet d’un ventilateur placé dessous.Elle est terrifiante, cette œuvre, parce que les cheveux bougent, on dirait que des millions de poux ont colonisé toute une école maternelle..

J’étais encore sous le coup de la semi-terreur que me procurait cette œuvre lorsque je fis ce qu’il ne faut jamais faire : je lis les informations explicatives sur le mur.. les cheveux étaient en matière synthétique ! Zut et re-zut, le charme était retombé.. Tout se perd ma bonne dame, même les millions des entreprises et mécènes qui financent des artistes en bois pour exposer des mers de cheveux synthétiques, alors que pour trois fois rien, en faisant le tour des salons de coiffure de Marseille, je t’en aurais ramassé moi une mer de cheveux en matière naturelle, au nom de l’art…

Bref, nous avons tourné, viré, regardé de loin, regardé de plus près, lu les intentions des artistes, nous avons passé du bon temps, en avons perdu et en avons gagné : au 2ème étage nous avons lâchement évité la longue file d’attente pour filer directement au 3ème et dernier étage, droit vers la surprise finale cette tour-panorama qui nous a pris les yeux et le cœur, qui nous a fait dire que ça valait vraiment le coup de passer devant quelles belles œuvres et quelques moches.Ainsi, on a vu une pièce avec 25 fois le même tableau représentant un jeune homme debout.. ou une autre pièce avec la « maison de demain » : une cabane chic pour sdf bien agencée, avec tous les clichés : couverture verte et orange en laine qui gratte, batterie de casseroles défoncées, plusieurs bouquins parce qu’à défaut de manger, on peut lire.. et avec une surprise loufoque ( !?) des camemberts en plastique qui coulent gentiment alignés sur une étagère.

Je cherche encore le sens de l’intention de l’artiste, j’ai pensé à ce top 3 : (attention roulement de tambour)

–          En 3 : la vie est un camembert, ça pue, ça coule..

–          En 2 : garde des réserves même si la date de péremption est passée, ça peut toujours servir..

–          En 1 : rien, j’avais juste envie que les gens se posent des questions devant des camemberts en platique qui coulent dans une cabane pour sdf…

Oui les amis, si vous aussi vous préférez passer votre dimanche après-midi pluvieux à vous poser des questions sur des intentions d’artistes exposant des faux cheveux ou des camemberts en plastique qui coulent plutôt que de regarder la xième diffusion des Chtis à Las Vegas, alors sans hésitation aucune, courrez à la Friche Belle de Mai.Vous verrez une expo réussie dans un cadre magique. Et si d’aventure, en montant au dernier étage devant le magnifique panorama vous penserez « c’est encore mieux qu’à Notre Dame », alors ayez une pensée pour moi qui ai adoré cette visite malgré toutes les méchantes choses que j’ai écrites plus haut..

Toutes les infos sur l’expos disponible en suivant ce lien

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