Les légendes naissent souvent de l’incompréhension. Et depuis des siècles, dans le petit village italien de Malanotte, certains habitants feraient bien de se méfier.
En particulier le jeune Ernesto, qui décide de revenir à ses origines pour recueillir des traces de la tradition populaire. Mais ses questions et ses enregistrements réveillent de vieux secrets enfouis… et font de lui un intrus à chasser.
Un récit sombre où la malédiction plane à chaque coin de ruelle, où la chasse aux sorcières n’est jamais loin. Une histoire fantastique complète publiée aux Éditions AuxConfins /Steinkis depuis le 11 septembre 2025.(+14)

Le décor
Un visage apparaît dans la lumière de la pleine lune, au-dessus d’un village…
Deux silhouettes se glissent dans les ruelles sombres, sans lanterne pour les guider. Personne ne les verra gravir la colline jusqu’à la maison isolée, perdue dans les arbres. Là, après avoir frappé, la porte s’ouvre lentement. L’enfant reste sur le pas de la porte, tandis que le vieil homme entre à l’intérieur. Quelqu’un – ou quelque chose – attend pour laver les fautes, les péchés… peut-être aussi, parfois, pour aider en silence.
Une boucle d’oreille. Une berceuse. Un sourire familier. Une solitude pesante comme un châtiment, nourrie par les insultes qui fusent chaque jour. Mais, qui, la nuit, devient salvatrice.
Vingt ans plus tard…
Sur la route de Malanotte, une voiture avance comme si elle connaissait déjà le chemin. C’est Ernesto, de retour au village. À peine arrivé, il découvre une foule rassemblée dans la ruelle principale. Avant même de comprendre la situation, il est accueilli dans les bras du maire : c’est lui qu’on attendait.
Heureux de revoir son village figé dans le temps, Ernesto rassure rapidement sa bien-aimée – irritée par son départ – et se concentre sur sa mission : recueillir des fragments de culture paysanne grâce à un enregistreur qu’il a « emprunté » à la fac…

Le point sur la BD
Les secrets sont comme l’âme des villages. Et les auteurs de Malanotte, aux Éditions AuxConfins, semblent bien placés pour en tirer les fils.
Marco Taddei nous entraîne dans un récit où se mêlent malédiction, famille et traditions, avec une atmosphère oppressante qui se déploie dès les premières pages. Une ombre plane et, bientôt, elle s’échappe du livre pour nous envelopper. On ressent à la fois la chaleur d’un retour aux origines et l’angoisse persistante d’un danger invisible. Les petits villages italiens prennent vie : anciens qui tuent le temps entre bars et familles, repas conviviaux, histoires transmises entre murmures… mais toujours sous la menace d’une légende qui rôde.
Le graphisme charbonneux de Laura La Came, originaire de Lamporecchio, traduit parfaitement cette torpeur. Ses formes inquiétantes et sa maîtrise de la lumière donnent au récit une tension palpable, tandis que certaines scènes laissent affleurer une sensualité étrange et dérangeante. Un style qui porte sa marque propre.

Conclusion
Lire Malanotte – La malédiction de Pantafa un soir de pleine lune, c’est risquer de sentir vos poils se hérisser… La Pantafa est peut-être passée par là. Plus qu’un récit fantastique, c’est une réflexion sur les croyances, l’obscurantisme et les traditions mortifères qui gangrènent les villages. Un miroir de superstitions assassines et de drames bien réels, que tout le monde connait. Ils nous rappellent à eux comme des aimants ! Mention spéciale pour la couverture à la tranche tissée, une édition aussi belle qu’angoissante pour une lecture qui dérange, fascine et laisse son empreinte longtemps après la dernière page, aux Éditions AuxConfins !
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